• Régime Cétogène : vive le gras ?

    Publié dans ROSE octobre 2017

    Attaquer les cellules cancéreuses à coups d’avocat et d’huile de coco ? C’est l’objectif du régime cétogène, auquel l’institut Gustave-Roussy vient de consacrer un colloque. Enquête.

     

    Le régime cétogène serait-il le dernier régime miracle ?

    En tout cas, cette diète très riche en gras et  pauvre en sucre – carburant des cellules cancéreuses – suscite beaucoup d’intérêt. Au point que le Pr Ulrike Kämmerer, du CHU de Würtzburg, en Allemagne, a coécrit avec les Drs Christina Schlatterer et Gerd Knoll Le Régime cétogène contre le cancer (Thierry Souccar Éditions).

    Magali Walkowicz, nutritionniste près de Toulouse et auteure de Céto Cuisine, en explique l’idée : comme les cellules cancéreuses consommeraient dix fois plus de glucose qu’un tissu sain, on leur « ferme le robinet ». Mais, en contrepartie, on fournit à l’organisme 80 % de lipides. Pourquoi des lipides ? Parce que, s’il est privé de sucre, le corps se tourne naturellement vers la graisse, que le foie transforme en corps cétoniques, une source d’énergie transportée par le sang.

    Un pari qui se veut gagnant-gagnant : les cellules cancéreuses seraient privées de leur alimentation préférée et le patient ne manquerait pas d’énergies. «Comme le jeûne, la diète cétogène diminue la croissance des cellules cancéreuses et potentialise les effets de la chimiothérapie, confirme Magali Walkowicz. Mais elle n’engendre ni fonte musculaire, ni fatigue car il y a une prise alimentaire intégrant un apport de protéines, nécessaires au maintien de la masse maigre. » 

    « Associée à une activité physique régulière, c’est même aujourd’hui l’une des meilleures stratégies contre le cancer, ajoute carrément le Pr Ulrike Kämmerer. En Allemagne, de nombreux patients suivent déjà ce type de régime en accompagnement de leurs traitements médicaux. » 

    En France, certains hôpitaux, comme le CHU de Hautepierre, à Strasbourg, et l’hôpital Necker-Enfants Malades, à Paris, y ont également recours, mais pour soigner les enfants épileptiques. « Ce pourrait aussi être une approche en cancérologie, reconnaît le Dr Suzette Delaloge, responsable du comité de pathologie mammaire à l’institut Gustave-Roussy. Mais dans quels cas, on ne sait pas encore bien. Pour l’instant, les données dont nous disposons ne suffisent pas pour évaluer l’impact de ce régime sur la maladie et sur la qualité de vie. » 

    ENCADREMENT MÉDICAL

    Néanmoins, la piste du régime cétogène semble suffisamment sérieuse pour avoir fait l’objet d’un colloque à Gustave-Roussy en septembre.

    À l’origine de cette grand-messe de la nutrition, un patient, Jean-Jacques Trochon. Soigné pour un cancer du rein très agressif en 2003, puis victime d’une récidive en 2012 (avec 26 nodules dans les poumons), ce pilote d’Airbus s’estime « rescapé du cancer ». Refusant un traitement de fond pourtant recommandé par son médecin, le Dr Escudier, oncologue à Gustave-Roussy, il a été traité par chirurgie. « Mais après m’être beaucoup documenté, ajoute-t-il, j’ai aussi alterné régime cétogène et jeûne, et pris de la spiruline sous forme liquide, une algue naturellement riche en vitamines et minéraux. »

    Aujourd’hui guéri, Jean-Jacques Trochon a souhaité que des chercheurs internationaux, travaillant tous sur la diète cétogène, viennent exposer leurs résultats cliniques. Car, pour l’instant, la communauté médicale, plutôt réservée, met en avant le manque de preuves. Rappelant que « 40 % des patients sont dénutris », le Dr Bruno Raynard, responsable de l’Unité transversale de diététique et de nutrition de Gustave-Roussy, estime ainsi que « ce régime n’est pas dénué de risques. En attendant les résultats des études en cours, il faut vrai- ment qu’il soit très encadré ». Ce que conforme également le Dr Delaloge.

    Lorsque ses patients envisagent de le suivre, elle ne les en dissuade pas, mais les met en garde : « Exigeant et assez difficile à tenir sur le long terme, ce régime peut poser quelques problèmes sur le plan social et, surtout, nécessite un encadrement médical. » 

    Pour l’instant, on dénombre une trentaine d’études sur le sujet. Parmi les plus avancées, Kolibri, menée à Bad Kissingen, en Allemagne, chez des femmes ayant eu un cancer du sein, et Ergo, en cours à Francfort chez des patients atteints d’une tumeur cérébrale.

    « Il est urgent de mener des études cliniques de grande ampleur, en double aveugle, pour que ce mode d’alimentation puisse se faire admettre en cancérologie, indique Jean-Jacques Trochon. C’est ce que l’on voudrait initier à Gustave-Roussy. » 

    CHANTILLY, MASCARPONE…

    En France, certains patients n’ont pas attendu d’être inclus dans une étude pour s’y mettre.

    C’est le cas de Patricia, 68 ans, qui alterne jeûne intermittent et diète cétogène. Opérée en 2015, aujourd’hui sous hormonothérapie, elle est suivie par Magali Walkowicz.

    « Au début, c’est assez déroutant, reconnaît-elle. Pour que le corps entre en cétose, il a fallu que je change radicalement mes habitudes alimentaires : mettre de l’huile de coco dans mon café, manger beaucoup de viandes grasses, très peu de glucides… Mais on s’habitue ! Je me régale maintenant avec une salade de tomates et de haricots verts, des sardines et du saumon. J’ajoute des herbes, du curcuma… En faisant attention à ce que je mange, je deviens proactive. Je le fais pour moi, en plus des traitements, pour lutter contre la maladie et contre la douleur. Car depuis que je suis ce régime, ma tendinite me fait beaucoup moins souffrir. »

    Seul bémol : « Mon mari ne s’est pas du tout céto-adapté ! » Et son équipe médicale reste vigilante. « À un moment, j’avais perdu trop de poids et mon médecin est intervenu pour que j’en reprenne, ce qui a été possible en cadrant bien le régime cétogène dans ma consultation diététique. » 

    Même démarche pour Michèle, 70 ans, suivie à la clinique Labrouste, à Paris. « J’ai eu un double cancer du sein en 2003, raconte-t-elle. Et une récidive il y a cinq ans, avec de nombreuses métastases. En cherchant ce que je pouvais faire, je suis tombée sur le livre du Dr Schwartz, Cancer. Un traitement simple et non toxique (Thierry Souccar Éditions). J’ai commencé le régime cétogène et mes marqueurs sont passés de 411 à 35 après quatre mois de chimio. Mon cancérologue était stupéfait. Je ne me suis jamais sentie mal, bien au contraire. J’ai arrêté ma chimio il y a quatre mois et je fais six heures de jardinage par jour. Alors que j’avais un léger surpoids, ce régime m’a permis de perdre 11 kg. Mes triglycérides et mon cholestérol ont baissé, alors que je mange beaucoup de chantilly et de mascarpone ! ».

    Marie, 41 ans, en rémission d’un cancer du sein hormonodépendant et elle-même médecin, suit un régime cétogène depuis quatorze mois et n’envisage pas d’arrêter. « D’autant que mon mari suit le mouvement, pour que je sois moins tentée ! En hiver, il est facile d’organiser une raclette avec des amis : pour moi, les champignons remplacent juste les pommes de terre ! Plutôt bec sucré, j’adorais croquer dans une poire, un abricot ou une nectarine. Alors, parfois, je me l’autorise. L’objectif est de tenir sur le long terme et je sais que, s’il y a trop de frustration, je tiendrai moins longtemps. ».

    Déterminée à ne pas nourrir le crabe, et convaincue du lien entre index de masse corporelle et risque de cancer du sein, Marie souhaite rester dans la maîtrise de sa maladie.

    « Si le fait de renoncer à quelques gourmandises peut m’aider à voir grandir mes enfants, je n’ai aucune hésitation. ».

    Mais pour ceux qui trouveraient quand même le régime 100 % cétogène difficile à mettre en œuvre, il existe une alternative, le régime low-carb high- fat (faible en glucides et riche en gras), plus bénéfique que l’alimentation dite saine, qui limite la plupart des graisses et fait la part belle aux glucides. C’est le credo de Catherine Malpas, naturopathe, auteure de Faites la paix avec votre assiette (Éditions de La Martinière).

    Pour le Dr Laurent Schwartz, qui poursuit les travaux du Prix Nobel de médecine Otto Warburg, « le cancer est une maladie métabolique, liée à un dysfonctionnement de la digestion cellulaire, et à la fermentation du sucre ». Actuellement, il existe plus de 30 000 publications sur le thème « métabolisme et cancer ». Autant dire qu’il n’est pas le seul à plancher sur le sujet. 

    Par Céline Dufranc 

    LA JOURNÉE TYPE DE MARIE

    PETIT DÉJEUNER : 

    1 petit avocat, 1 tisane avec 1c.à café d’huile de noix de coco, 1 yaourt grec avec des graines de sésame, quelques amandes 

    DÉJEUNER : 

    Entrée (champignons à la crème par exemple) et plat chaud (viande blanche avec sauce au roquefort, par exemple, et légumes verts) 

    COLLATION :
    1 carré de chocolat à 90 % et quelques amandes ou 1c. à café de pâte d’arachide 

    DINER : 

    Légumes agrémentés de lipides (par exemple soupe de courgettes au curry et à la crème de coco), et de la vitamine c 

    A LIRE :

    Céto Cuisine de Magali WalkoWicz, Thierry Souccar Éditions

    Vous envisagez de vous y mettre ? Après en avoir discuté avec votre oncologue, plongez-vous dans cet ouvrage.
    Au menu ? Velouté d’avocat au lait de coco, escalope panée aux noix de pécan, gratin de courgettes au mascarpone, pancakes à l’huile d’olive, tarte fraises chantilly…
    Soit 150 recettes sans pain ni pâtes pour passer rapidement en état de cétose.

    « Mais, recommande Magali Walkowicz, ne vous lancez pas toute seule car le régime cétogène doit respecter les besoins de l’organisme, qui diffèrent d’une personne à l’autre et peuvent être modifiés par certaines pathologies comme le cancer. »  

    Mis à jour le 11 oct. 2017

  • Les polyphénols du thé vert et du vin rouge contre les maladies métaboliques

    Publié par Blog Nutrition Santé le 3 juillet 2018

    Les composés présents dans le thé vert et le vin rouge, connus sous le nom de polyphénols, peuvent bloquer la formation de métabolites toxiques.

    Cette découverte pourrait ouvrir la voie à des thérapies pour traiter les troubles métaboliques congénitaux.

    Une étude de l’Université de Tel Aviv (Israël), publiée le 3 mai 2018 dans la revue Communications Chemistry, suggère qu’il existe un espoir de traiter certaines maladies métaboliques congénitales innées.

    Un espoir trouvé dans le thé vert et dans le vin rouge, qui font déjà l’objet de nombreuses études pour leurs bienfaits sur la santé et le bien-être.

    Le pouvoir des polyphénols

    Les polyphénols du thé vert et du vin rouge peuvent aider à combattre les troubles métaboliques congénitaux.


    La plupart des personnes ayant des troubles métaboliques héréditaires naissent avec un gène défectueux qui entraîne une déficience enzymatique critique.

    En l’absence de remède, de nombreux patients atteints de troubles métaboliques congénitaux doivent suivre une alimentation stricte et exigeante durant toute leur vie.

    Cette recherche montre que certains composés trouvés naturellement dans le thé vert et le vin rouge peuvent bloquer la formation de métabolites toxiques.

    Menée par le professeur Ehud Gazit de la faculté des sciences de la vie de TAU (Tel Aviv University), la recherche a examiné deux composés : le gallate d’épigallocatéchine, connu sous le nom de EGCG, trouvé naturellement dans le thé vert, qui a attiré l’attention au sein de la communauté médicale pour ses avantages potentiels pour la santé ; et l’acide tannique, présent dans le vin rouge, qui est connu pour empêcher la formation de structures amyloïdes toxiques qui provoquent des troubles neurodégénératifs tels que la maladie d’Alzheimer et la maladie de Parkinson.

    La capacité de la nature à produire des médicaments puissants


    Dans le cas des maladies métaboliques congénitales, le corps ne produit pas d’enzymes métaboliques vitales. En conséquence, les métabolites — des substances qui sont, entre autres, les éléments constitutifs de l’ADN et des protéines — s’accumulent dans le corps, une accumulation incontrôlée qui est toxique et peut causer de graves troubles du développement et des troubles mentaux.

    « Cette nouvelle étude démontre une fois de plus la capacité de la nature à produire le meilleur candidat de médicaments pour traiter certaines des pires maladies humaines » précisent les auteurs.

    Collectivement, ce groupe de troubles constitue une partie importante des maladies génétiques en pédiatrie. La maladie phénylcétonurie (PCU, maladie génétique rare et grave), qui produit l’agrégation du métabolite phénylalanine, est une maladie métabolique innée commune.

    Les nourrissons atteints de PCU doivent suivre un régime strict sans phénylalanine (acide aminé essentiel à l’organisme) pour le reste de leur vie. S’ils ne le font pas, ils peuvent être confrontés à de graves problèmes de développement débilitants.

    « Mais c’est une tâche incroyablement difficile, puisque la phénylalanine se trouve dans la plupart des produits alimentaires que nous consommons« , précise l’étude. « L’évitement de certaines substances est le seul moyen de prévenir les effets débilitants à long terme des maladies métaboliques congénitales. Nous espérons que notre nouvelle approche facilitera le développement de nouveaux médicaments pour traiter ces troubles. »

    La recherche est basée sur deux études antérieures menées au laboratoire TAU. Dans la première étude, la phénylalanine s’est révélée capable de s’auto-assembler et de former des structures amyloïdes comme celles observées dans les maladies d’Alzheimer, de Parkinson et d’autres maladies neurodégénératives. Dans la seconde étude, d’autres métabolites qui s’accumulent dans d’autres maladies métaboliques congénitales ont également été soumis à des processus d’auto-assemblage et forment des agrégats amyloïdes toxiques.

    Les deux études ont conduit à une refonte de la compréhension de la communauté de recherche sur les maladies métaboliques. « Dans notre nouvelle étude, nous avons examiné si les molécules identifiées dans des études antérieures sur la maladie d’Alzheimer et d’autres maladies amyloïdes, qui inhibent la formation d’agrégats amyloïdes, pourraient également aider à contrer le processus de formation de métabolites amyloïdes dans les maladies métaboliques » indiquent les auteurs.

    EGCG et acide tannique : des alliés révolutionnaires


    La nouvelle recherche s’est concentrée sur l’EGCG et l’acide tannique en utilisant des tubes à essai et des systèmes de culture cellulaire. Les deux substances ont été testées sur trois métabolites (l’adénine, la tyrosine cumulée et la phénylalanine) liés à trois maladies métaboliques innées.

    Les résultats étaient prometteurs. L’acide tannique et l’EGCG sont tous deux efficaces pour bloquer la formation de structures amyloïdes toxiques. Les chercheurs ont également utilisé des simulations informatiques pour vérifier le mécanisme qui entraîne les composés.

    « Nous entrons dans une nouvelle ère de compréhension du rôle et de l’importance des métabolites dans diverses maladies, y compris les maladies métaboliques, les maladies neurodégénératives et même le cancer », concluent les auteurs. « Les outils que nous avons développés sont révolutionnaires et ont un énorme potentiel pour aider un large éventail de patients à l’avenir. »

    © Blog Nutrition Santé – Jimmy Braun – Juillet 2018

    Sources externes

  • Quatre cancers sur dix jugés « évitables » par des organismes de santé

    Publié par franceinfo:

    Santé publique France et le Centre international de recherche sur le cancer estiment que le tabac, l’alcool, une mauvaise alimentation et l’obésité sont les facteurs principaux de cancers dans l’Hexagone, et qu’ils pourraient donc être évités.

    Tabac, alcool, mauvaise alimentation et obésité : ce sont les quatre facteurs principaux en France de 40% des cancers. Ils seraient donc « évitables », estiment Santé publique France et le Centre international de recherche sur le cancer (Circ), qui dépend de l’Organisation mondiale de la santé. Chacun de ces risques tue beaucoup plus qu’il ne devrait, soulignent ces deux organismes dans des études publiées lundi 25 juin.

    Ainsi, sur les 346 000 cas de cancer diagnostiqués en 2015 chez les 30 ans et plus, « 142 000 (41%) auraient pu être évités si l’ensemble de la population n’avait pas été exposée aux facteurs de risque étudiés, ou si son exposition avait été limitée », écrit le Circ. « Pour agir efficacement, il faut mettre l’accent sur la prévention, et c’est à cela que les résultats de cette étude doivent servir, pour élaborer des campagnes ciblées de prévention et de sensibilisation du grand public », explique à 20 Minutes Isabelle Soerjomataram, membre du Circ et coauteure de cette étude, qui liste, au total, 13 facteurs de risque.

    Une prévention de l’alcoolisme insuffisante

    En 2015, plus de 54 000 cas de cancer chez les hommes et plus de 14 000 chez les femmes étaient attribuables au tabagisme (soit respectivement 28,5% et 9,3% de tous les nouveaux cas de cancer). Ces cancers (poumon, bouche, larynx, œsophage…) touchent surtout les classes populaires, avec un risque « de 1,5 à 2 fois plus élevé chez les 20% les plus défavorisés, par rapport aux 20% les plus favorisés », souligne le Circ. Si les hommes fument de moins en moins depuis les années 1950, Santé publique France rappelle « l’entrée en masse des femmes dans le tabagisme » parmi la génération du « baby-boom » (née entre 1945 et 1965). En nombre de cancers, cet attrait de la cigarette chez les femmes « aura des conséquences néfastes qui vont augmenter » jusqu’aux alentours de 2045.

    Les auteurs de cette étude estiment par ailleurs que la France peut beaucoup mieux faire dans la prévention de l’alcoolisme, responsable de 8% des nouveaux cas de cancer (28 000 cas en 2015). Santé publique France juge que « les actions de prévention ne sont à ce jour pas aussi développées que celles qui visent la réduction du tabagisme ». Elle souligne la prépondérance du vin dans la consommation d’alcool du pays (59% du volume), loin devant les alcools forts (21%) et la bière (19%).

    Le surpoids responsable de 18 600 cas en 2015

    L’alimentation déséquilibrée et le surpoids (incluant l’obésité) sont chacun responsables de 5,4% des nouveaux cas de cancer (respectivement 18 800 et 18 600 en 2015). Côté « malbouffe », le Circ pointe le risque d’une « faible consommation de fruits, de légumes, de fibres alimentaires et de produits laitiers, ainsi qu’une consommation élevée de viandes rouges et de viandes transformées ». Ce phénomène touche davantage les hommes. Côté surpoids et obésité, c’est l’inverse : les femmes sont plus concernées, ce facteur de risque étant important dans les cancers du sein et de l’endomètre.

    Les autres facteurs de risque « évitables » sont moins fréquents. On y trouve les « agents infectieux » (4% des nouveaux cas) tels que le papillomavirus humain ou la bactérie Helicobacter pylori (responsable de cancers gastriques), et les « expositions professionnelles » (3,6%), à l’amiante ou aux pesticides par exemple. Viennent ensuite d’autres facteurs : rayonnement UV (3% des nouveaux cas de cancer), radon dans l’air intérieur, pollution atmosphérique, substances chimiques dans l’environnement, etc.

  • Comprendre une intolérance au gluten

     

    Et si c’était plus simple qu’on ne le pense.

  • Pourquoi tout ce battage médiatique au sujet du régime cétogène pour le cancer?

    Par Dr. Charles Majors pour The TRUTH About CANCER

    Vous êtes pressé? Cliquez ici pour lire le résumé de l’article…

    Avantages d’un régime cétogène pour le cancer

    Des médias sociaux à YouTube, de la perte de poids à l’inversion du cancer… il semble que tout le monde parle du régime cétogène (également connu sous le nom populaire de Low Carb High Fat ou LCHF).

    Mais qu’est-ce qu’un régime cétogène? Quels sont les avantages d’un régime cétogène? Qu’est-ce qu’un régime alimentaire cétogène peut faire pour les patients cancéreux… ou est-ce que c’est tout simplement de la publicité?

    Un régime alimentaire cétogène pour le cancer (ou pour des raisons de perte de poids ou de santé) implique le maintien d’un état de cétose à jeun. Les cétones (que le corps produit une fois dans la cétose) ne sont pas seulement un carburant pour les cellules, mais aussi des molécules de signalisation. Ils font signe au corps de faire des choses étonnantes.
    Avantages d’un régime cétogène pour le cancer

    Voici quelques-uns des bienfaits pour la santé d’un régime alimentaire cétogène contre le cancer:

    1. Il aide l’organisme à commencer à exprimer de nouveaux gènes restaurateurs et guérisseurs.
    2. Il peut réduire l’inflammation (la cause sous-jacente de presque toutes les maladies)
    3. Il stimule le système immunitaire
    4. Il peut arrêter ou ralentir les maladies dégénératives.
    Taux croissants de cancer et d’autres maladies

    Vous vous demandez peut-être pourquoi il semble y avoir tant de maladies, de cancers et de maladies de nos jours comparativement au passé?

    Le corps humain a toujours traversé des périodes de jeûne, ce qui a créé un état de cétose. Cet état de cétose a contribué à guérir, régénérer et réparer les cellules, à ralentir les maladies dégénératives et à augmenter la longévité.

    Aujourd’hui, cependant, la plupart des gens ont renoncé à manger beaucoup de gras sains, des protéines modérées et un minimum d’hydrates de carbone. Au lieu de cela, ils consomment des régimes composés principalement d’hydrates de carbone (sucre), beaucoup de protéines (qui peuvent se transformer en sucre), et mangent peu ou pas de graisses saines!

    Nous sommes devenus des brûleurs de SUCRES et non des brûleurs de GRAISSES et nous utilisons toujours le métabolisme des glucides comme source d’énergie. Cette question diététique est l’une des principales raisons pour lesquelles vous voyez tant de maladies dégénératives, le cancer, les maladies cardiaques, le diabète, les accidents vasculaires cérébraux, Alzheimer, etc. Ce qui est effrayant, c’est que les statistiques s’aggravent et qu’aucun ralentissement n’est en vue!

    Qu’est-ce qu’un régime cétogène?

    Le régime cétogène implique l’élimination de la plupart des glucides du régime, en particulier le sucre ou tout ce qui se transforme en sucre. Ces hydrates de carbone sont remplacés par BEAUCOUP de graisses saines et des quantités modérées de protéines saines et de haute qualité.

    Les principaux aliments du régime cétogène (répartition des macronutriments)

    Le ratio que je recommande est d’environ 75 % de gras sains, 23 % de protéines et 2 % de glucides. (trop de protéines peuvent aussi se transformer en sucre dans le corps.)

    Les cellules saines ont la capacité de s’adapter de l’utilisation du glucose comme carburant à l’utilisation de corps cétoniques parce que leurs mitochondries ne sont pas endommagées. Les cellules cancéreuses ont endommagé les mitochondries. Par conséquent, les cellules cancéreuses ne sont pas en mesure d’utiliser les cétones comme combustible et ne peuvent utiliser le sucre que comme source de combustible, ou ce qui se transforme en sucre.

    Que sont les corps cétoniques?

    Les corps cétoniques sont trois produits biochimiques hydrosolubles différents qui sont produits comme éléments de substitution lorsque les acides gras sont décomposés par le foie pour être utilisés comme source d’énergie.

    En fait, les cellules cancéreuses détestent les cétones!

    Comme vous le savez peut-être, les cellules cancéreuses se nourrissent principalement de glucose (sucre) comme source d’énergie. Sans elle, ils deviennent plus faibles et plus sensibles. Tous les glucides se transforment en glucose (sucre) dans votre corps en quelques secondes. Les cellules cancéreuses ne peuvent pas utiliser les cétones pour leur source d’énergie et ont donc du mal à survivre si elles ne sont pas alimentées par une source constante de glucose.

    Comment démarrer un régime cétogène

    Pour commencer le régime cétogène, vous devrez acheter un glucomètre et un testeur de cétones. Avec juste une petite piqûre d’aiguille du doigt, vous connaîtrez votre taux de cétone sanguine.

    1. Commencez par faire un jeûne à l’eau seulement pendant trois jours. (Cela vous aidera à entrer plus rapidement dans la cétose)
    2. Une fois que vous commencez le régime, pensez au jeûne intermittent. (Cela vous maintiendra en cétose plus longtemps). Puis, une fois dans la cétose de façon cohérente, vous pouvez arrêter le jeûne intermittent si vous le souhaitez.
    3. Surveillez votre glycémie – essayez de maintenir un niveau de 70 mg/dl (3,9 mmol/L)
    4. Surveillez les cétones sanguines – essayez d’atteindre 3,6
    5. Faites de l’exercice à haute intensité tous les jours, surtout après le plus gros repas de la journée.

    Compléments additionnels pour votre régime cétogène

    Vous pouvez envisager d’ajouter les compléments cétoniques suivants sur une base quotidienne:

    Huile MCT (triglycéride à chaîne moyenne) – l’utilisation de l’huile MCT vous permet d’augmenter le nombre de glucides que vous pouvez manger tout en restant dans la cétose. Il est recommandé de prendre une cuillère à soupe avant vos séances d’entraînement, une cuillère à soupe dans une boisson du matin et une cuillère à soupe à chaque repas.
    Berberine – aide au métabolisme du glucose
    ALA – aide à faciliter la cétose, améliore la sensibilité à l’insuline
    Fenugrec – améliore la sensibilité à l’insuline; aide à contrôler la glycémie

    Recherche sur le cancer et les cétones

    Si vous voulez lire quelques études sur les bienfaits d’un régime cétogène, en voici trois que vous pouvez consulter:

    1. Le régime cétogène à apport calorique limité, une alternative thérapeutique efficace contre le cancer du cerveau (en anglais)
    2. L’inhibition de la croissance des cellules malignes par les corps cétoniques (en anglais)
    3. La restriction des glucides a-t-elle un rôle à jouer dans le traitement et la prévention du cancer? (en anglais)

    Remarque importante: Les patients atteints de cancer ne peuvent pas tous bénéficier d’un régime cétogène. Assurez-vous de travailler avec un médecin qualifié qui connaît bien les régimes cétogènes pour voir si vous pourriez bénéficier d’un régime alimentaire cétogène contre le cancer ou si vous devez modifier votre mode d’entrée dans la cétose. Par exemple, si vous avez reçu un diagnostic de cancer du côlon, le fait de consommer trop de viande peut être TRÈS nocif pour vous. Ou si vous avez un cancer de la vésicule biliaire ou si vous avez subi une ablation de la vésicule biliaire, la consommation de quantités élevées de gras sains peut créer plus de problèmes. Travaillez toujours avec un professionnel de la santé qualifié qui peut surveiller vos résultats.

     

    Résumé de l’article

    • Vous entendez peut-être parler de régimes cétogènes, également connus sous le nom de régimes riches en graisses et pauvres en glucides (LCHF), et vous vous demandez si ce type de régime présente des avantages pour les patients atteints de cancer.
    • L’état de cétose aide à guérir, régénérer et réparer les cellules, à ralentir les maladies dégénératives et à augmenter la longévité.
    • La plupart des gens sont devenus des brûleurs de SUCRE et non des brûleurs de GRAISSE parce qu’ils utilisent toujours le métabolisme des hydrates de carbone pour l’énergie. Avec le régime cétogène, le corps s’adapte à l’utilisation du glucose comme carburant à l’utilisation des corps cétoniques. Les cellules cancéreuses détestent les corps cétoniques.
    • Le régime cétogène implique l’élimination de la plupart des glucides du régime, en particulier le sucre ou tout ce qui se transforme en sucre. Les glucides sont remplacés par BEAUCOUP de graisses saines et des quantités modérées de protéines saines et de haute qualité.
    • Bien que le régime cétogène soit bénéfique pour de nombreux patients cancéreux, il n’est PAS un bon choix pour tous les types de cancer. Il est donc important de travailler avec un médecin qui comprend le régime cétogène et votre état de santé particulier.

    Source :  https://thetruthaboutcancer.com/ketogenic-diet-for-cancer/

  • Cancer et Sucre – Stratégie pour affamer le cancer

     
    Selon des chercheurs de l’Université de Californie, San Francisco, le sucre pose un risque pour la santé – en contribuant à environ 35 millions de décès dans le monde chaque année. La toxicité du sucre est si forte, que le sucre doit être considéré comme une substance potentiellement toxique comme l’alcool et le tabac. Les chercheurs concluent que son lien avec l’apparition du diabète justifie une réglementation répressive, comme une taxe sur tous les aliments et les boissons qui contiennent du sucre ajouté. Ils recommandent aussi l’interdiction des ventes à l’intérieur ou à proximité des écoles, ainsi qu’une mise en place de limite d’âge sur la vente de tels produits.

    Les effets néfastes du sucre ne s’arrêtent pas au diabète, syndrome métabolique, à l’hyper-ou hypoglycémie, au reflux gastrique et aux maladies cardiaques. Le sucre et le cancer forment une étreinte mortelle, et pourtant les oncologues ne parviennent pas souvent à faire le nécessaire pour empêcher les patients de nourrir leurs cancers par une alimentation sucrée.

    Pendant ce temps, beaucoup de gens parmi la médecine conventionnelle propagent la croyance que le lien entre certains types de nourriture et l’augmentation de risque de cancer est « faible » ou seulement « d’une importance théorique. » Ils croient que les recherches « reliant le cancer aux aliments ne révèlent aucun schéma médical valable. On retrouve ces attitudes superficielles dans la presse médicale – le tout sans aucune sorte de recul médical.

    Un nombre croissant de scientifiques médicaux et de nombreux praticiens alternatifs savent que la manière la plus logique, efficace, sûre, nécessaire et peu coûteuse de traiter le cancer est de couper l’approvisionnement en nourriture des tumeurs et cellules cancéreuses, en retirant le glucose pour les affamer. La stratégie thérapeutique de privation sélective des tumeurs par modification du régime alimentaire (régime cétogène) est l’une des principales formes de thérapie nécessaire pour que les patients remportent leur guerre contre la maladie.

    Commentaire : Informations additionnelles sur les bénéfices du régime cétogène

    Des chercheurs de l’Institut du Cancer de Huntsman en Utah ont été parmi les premiers à découvrir que le sucre « nourrit » les tumeurs. Selon l’étude publiée dans la revue Proceedings de la National Academy of Sciences : « Il est connu depuis 1923 que les cellules tumorales utilisent beaucoup plus de glucose que les cellules normales. Nos recherches contribuent à montrer comment le processus a lieu, et comment il pourrait être arrêté pour contrôler la croissance tumorale », explique Don Ayer, Ph.D., professeur au Département des Sciences Oncologiques à l’Université de l’Utah.

    Dr Thomas Graeber, un professeur de pharmacologie moléculaire et médicale, a étudié comment le métabolisme du glucose affecte les signaux biochimiques présents dans les cellules cancéreuses. Dans une étude publiée le 26 Juin 2012 dans la revue Molecular Systems Biology, Graeber et ses collègues démontrent que la privation de glucose – qui consiste à priver les cellules cancéreuses de glucose – active une boucle d’amplification métabolique et de signalisation conduisant à la mort des cellules cancéreuses en raison d’une accumulation toxique des radicaux libres (ROS, substances réactives contenant de l’oxygène). [1]

    Les sucres raffinés sont fortement liés au cancer, en tant que cause, mais aussi parce qu’ils nourrissent les cellules cancéreuses une fois la personne malade. – C’est ce qu’il y a de plus important à prendre en considération quand on cherche à améliorer les résultats des traitements contre le cancer. Les différents sucres si répandus dans le régime américain standard mènent directement au cancer par l’inflammation provoquée dans le corps, mais à certains endroits plus qu’à d’autres en fonction de l’individu et de sa constitution. Regardez cette vidéo et écoutez à quel point c’est simple. Une fois que les cellules cancéreuses sont établies dans le corps, elles dépendent de la disponibilité constante du glucose dans le sang pour leur énergie; elles ne peuvent pas métaboliser des quantités importantes d’acides gras ou de corps cétoniques, [2]. Donc, elles ont besoin de sucre.

    Réprimer / Retarder / Ralentir / Tuer le Cancer

    Les hydrates de carbone sont l’un des trois macronutriments – les deux autres étant les matières grasses et les protéines. Il y a des glucides simples et glucides complexes. Les glucides simples incluent les sucres naturellement présents dans les aliments comme les fruits et jus de fruits, les sodas, certains légumes, le pain blanc, riz blanc, les pâtes alimentaires, le lait et les produits laitiers, la plupart des snacks, bonbons, etc. Mais n’oublions pas les sucres simples ajoutés aux aliments pendant la transformation et l’élaboration, dont nous n’avons peut-être pas conscience. On suspecte fortement que les sucres simples puissent provoquer un cancer, suite à la réponse insulinique et aux inflammations associées à la glycation.

    Ainsi, en réduisant la quantité de sucres simples dans l’alimentation, l’émergence du cancer peut être supprimée ou retardée, la prolifération des cellules tumorales déjà existantes peut être ralentie, arrêtée et inversée, en privant les cellules cancéreuses de la nourriture dont ils ont besoin pour leur survie.

    Les Docteurs Rainer Klement et Ulrike Kammerer ont effectué un examen complet de la littérature sur les glucides et leurs effets directs et indirects sur les cellules cancéreuses, qui a été publié en octobre 2011 dans la revue Nutrition and Metabolism, concluant que les cancers sont si sensibles à l’approvisionnement en sucre que le supprimer fait disparaître le cancer [3]. Un flux et un métabolisme accru de glucose favorise plusieurs caractéristiques du cancer telles que la prolifération excessive, la signalisation anti-apoptotique, la progression du cycle cellulaire et l’angiogenèse. »

    En outre, la consommation de sucre blanc (ou quoi que ce soit de blanc/raffiné) provoque des carences en magnésium parce que le magnésium a été retiré lors du raffinage, ce qui fait du sucre le suspect numéro un du cancer, parce que les carences en magnésium sont non seulement pro-inflammatoires, mais aussi pro-cancers.

    D’autres façons de provoquer un cancer avec du sucre

    Le sirop de maïs riche en fructose (HFCS) provoque le cancer d’une manière unique, car il est en général contaminé par le mercure lors de sa fabrication. Le sirop de maïs riche en fructose provoque des carences en sélénium car le mercure se lie au sélénium et en fait chuter les niveaux. Le sélénium est essentiel à la production de glutathion et la carence de sélénium dans les sols conduit mathématiquement à des taux plus élevés de cancer. Le sélénium et le mercure sont également d’éternels amants ayant une forte affinité à se lier.

    Nous avons déjà évoqué brièvement que trop de sucre engendre des pics d’insuline, ce qui mène à l’épuisement de l’insuline. Des taux élevés d’insuline et de facteur de croissance analogue à l’insuline (IGF-1) sont nécessaires au contrôle de la glycémie résultant de l’ingestion chronique de repas riches en glucides (comme le régime alimentaire américain typique, qui est plein de féculents et de sucres). L’augmentation des niveaux d’insuline favorise l’inflammation et le cancer et peut directement favoriser la prolifération des cellules tumorales par la voie de signalisation de l’insuline/IGF-1.

    Le Dr Christine Horner a beaucoup à dire aux femmes sur le cancer du sein et l’insuline :

    Quand il s’agit de cancer du sein, l’insuline n’est pas une alliée. Une des principales raisons est que les deux cellules, celles du sein et les cellules cancéreuses portent des récepteurs insuliniques. Lorsque l’insuline se fixe à son récepteur, elle a le même effet que l’œstrogène qui s’attache à son récepteur : provoquer la division cellulaire. Plus il y a d’insuline, plus vite vos cellules mammaires se diviseront, plus vite elles se divisent, plus votre risque de cancer du sein est élevé et plus rapidement les cellules cancéreuses déjà existantes croîtront.

    Des taux élevés d’insuline peuvent être préjudiciables pour une autre raison. Ils augmentent la quantité d’œstrogène disponible pouvant se fixer aux récepteurs de l’œstrogène dans le tissu mammaire. L’insuline régule la quantité d’œstrogène disponible dans le sang qui peut se fixer aux récepteurs d’œstrogènes dans les tissus mammaires. Quand l’œstrogène circule dans le sang, il se déplace soit seul, à la recherche d’un récepteur d’œstrogène, soit avec un partenaire, un liant protéique, qui l’empêche de se lier à un récepteur d’œstrogène. L’insuline régule le nombre de liants protéiques dans le sang. Donc, plus vos niveaux d’insuline sont élevés, moins il y a de liants protéiques, et il y aura donc plus d’œstrogène libre qui sera disponible pour se fixer aux récepteurs des œstrogènes.

    En d’autres termes, quand votre taux d’insuline est en hausse, les niveaux d’œstrogènes libres sont en hausse, et les deux accélèrent la division cellulaire. C’est pourquoi les niveaux élevés d’insuline augmentent autant le risque de cancer du sein. En d’autres termes, manger du sucre augmente le risque de cancer du sein. Il porte un coup majeur à votre système immunitaire avec la force d’un boxeur.

    Le Dr Horner évoque une étude menée par la Harvard Medical School (2004) qui a constaté que les femmes qui, à l’adolescence, mangeaient des aliments glycémiques élevés conduisant à l’augmentation des niveaux de glucose dans le sang, avaient une incidence plus élevée de cancer du sein plus tard dans la vie. « Alors, encourager votre fille adolescente à réduire le sucre lui permettra de réduire son risque de cancer du sein pour le reste de sa vie », a-t-elle dit.

    Sucre, inflammation, angiogenèse et cancer

    Les sucres, avec l’inflammation et les milieux acides qu’ils produisent, sont les constituants importants de l’environnement local des tumeurs. Pour la plupart des types de cancer, les conditions inflammatoires sont présentes avant l’apparition de la malignité. L’inflammation qui couve dans des micro-environnements tumoraux a de nombreux effets favorisant les tumeurs. L’inflammation aide à la prolifération et la survie des cellules malignes, elle favorise l’angiogenèse et la métastase, pervertit les réponses immunitaires adaptatives, et altère les réponses aux hormones et aux agents chimiothérapeutiques ». [4]

    Toute la question de l’inflammation, de l’angiogenèse, du sucre et du cancer est cruciale pour comprendre les liens entre le cancer et les aliments que nous mangeons. Quand nous commençons à cibler l’inflammation et les conditions acides causées par la consommation excessive de sucres simples, y compris le fructose et le sirop de maïs à haute teneur en fructose, nous commençons à voir clairement que la nourriture et le cancer ont des liens profonds.

    En juillet 2012, un lobby américain contre le cancer a exhorté le chef des services de santé de l’US Army, de mener une large étude de l’impact des boissons sucrées sur la santé des consommateurs, en disant que ces boissons jouent un rôle majeur dans la crise d’obésité de la nation et exigent un plan d’action dans le pays. Dans une lettre au secrétaire américain à la santé Kathleen Sebelius, la Société Américaine du Cancer avait appelé à un examen complet sur les dangers du tabac en 1964.

    Les remous sont dus au lien grandissant entre l’apport élevé en sucre, l’épuisement des minéraux, la déshydratation, le diabète, les maladies cardiaques et le cancer. Le sucre provoque le cancer parce que les consommateurs prenant beaucoup de glucides ont tendance à être déshydratés, ce qui est pro-inflammatoire et donc pro-cancer. [5]

    Les cellules cancéreuses du pancréas utilisent le fructose pour que les tumeurs se développent plus rapidement. [6] Une équipe de l’Université de Californie à Los Angeles a découvert que les cellules tumorales alimentées à la fois en glucose et en fructose utilisent les deux sucres de deux manières différentes. Leurs résultats, publiés dans la revue Cancer Research, permettent d’expliquer pourquoi d’autres études ont lié l’apport de fructose au cancer du pancréas, l’un des cancers le plus mortels. Les chercheurs ont conclu que toute personne désireuse de réduire son risque de cancer devrait commencer par réduire la quantité de sucre consommée.

    C’est la première fois qu’un lien a été démontré entre le fructose et la prolifération du cancer. « Dans cette étude, nous montrons que les cancers peuvent utiliser le fructose tout aussi facilement que le glucose pour alimenter leur croissance », a déclaré le Dr Anthony Heaney du Jonsson Cancer Center de l’UCLA , auteur principal de l’étude.

    « L’alimentation moderne contient beaucoup de sucre raffiné, y compris le fructose et c’est un danger caché impliqué dans de nombreuses maladies modernes, telles que l’obésité, le diabète et la stéatose hépatique. » Bien que cette étude a été menée sur le cancer du pancréas, ces résultats pourraient concerner d’autres types de cancer, a dit Heaney. « Ces résultats montrent que les cellules cancéreuses peuvent facilement métaboliser le fructose pour augmenter la prolifération. »

    On sait depuis des décennies que les cellules cancéreuses se développent sur du glucose. De plus, les aliments qui provoquent une forte augmentation de la glycémie (autrement dit les aliments dont l’indice glycémique est élevé) stimulent la sécrétion d’insuline et du facteur de croissance de l’insuline (IGF-1), deux hormones qui favorisent également la croissance du cancer.

    Des chercheurs ont montré en utilisant des rats qu’une proportion faible de glucides dans un régime riche en protéines réduisait la glycémie, l’insuline et la glycolyse, ralentissait la croissance tumorale, réduisait les tumeurs, et apportait un bénéfice aux thérapies existantes, sans perte de poids ou d’insuffisance rénale. [7] Un tel régime par conséquent, est potentiellement un prophylactique et un traitement novateur contre le cancer.

    Le Dr Otto Warburg dans son document de 1924, « Sur le métabolisme des tumeurs », déclarait: »Résumé en quelques mots, la principale cause du cancer est le remplacement de la respiration de l’oxygène dans les cellules normales du corps par une fermentation du sucre« . Si vous avez déjà fait du vin, vous savez que la fermentation nécessite du sucre. Le métabolisme du cancer est environ huit fois plus important que le métabolisme des cellules normales. Les médecins savent depuis longtemps que le métabolisme du cancer est très différent de celui des cellules normales. Les cellules normales ont besoin d’oxygène. Les cellules cancéreuses ne tiennent pas compte de l’oxygène lorsque le glucose est disponible.

    L’hypothèse de Warburg était bien sûr que la cause de la croissance du cancer était la conversion du glucose en énergie par les cellules cancéreuses sans utiliser d’oxygène. Les cellules saines produisent de l’énergie en convertissant le pyruvate et l’oxygène. Le pyruvate est oxydé dans les mitochondries d’une cellule saine, et Warburg théorisa que puisque les cellules cancéreuses n’oxydent pas le pyruvate, le cancer doit être considéré comme un dysfonctionnement mitochondrial.

    La plupart sinon toutes les cellules cancéreuses ont un besoin élevé de glucose, en comparaison de cellules bénignes du même tissu, et procèdent à la glycolyse même en présence d’oxygène (l’effet Warburg). De plus, de nombreuses cellules cancéreuses montrent des récepteurs de l’insuline (IRs) et montrent une hyperactivation de la voie IGF 1R-IR (récepteur IGF-1/récepteur de l’insuline). Il existe des preuves qu’un taux élevé chronique de glucose dans le sang et des niveaux d’insuline et d’IGF-1, facilite la genèse des tumeurs et aggrave l’état de santé chez les patients atteints du cancer.

    En traitant des patients diabétiques, A. Braunstein avait observé en 1921 que la sécrétion de glucose dans l’urine avait disparu chez les patients ayant développé un cancer. Un an plus tard, R. Bierich décrivit l’accumulation remarquable d’ions lactate dans le micromilieu des tissus tumoraux et démontra que les ions lactates étaient essentiels à la prolifération des cellules de mélanome dans les tissus environnants. Un an après, Warburg commença ses expériences qui lui rapportèrent finalement un prix Nobel.

    Le sucre nourrit le cancer

    Le sucre transforme le corps en un terreau fertile propice aux virus, bactéries, champignons et au cancer en dévastant le système immunitaire. Sachant que le cancer a besoin de sucre, est-il sensé de le nourrir de sucre ? Est-il sensé d’avoir une alimentation riche en glucides ?

    Sur les quatre millions de patients cancéreux traités aujourd’hui en Amérique, à peine quelques-uns se voient offrir une thérapie nutritionnelle scientifique allant au-delà que de juste « manger de bons aliments ». Les oncologues n’ont aucune honte à ce sujet, insistant sur le fait que l’alimentation n’a rien à voir avec le cancer.

    Les patients cancéreux ne devraient pas alimenter leur cancer comme s’ils donnaient de la barbe à papa à leurs petits-enfants. Tant que la cellule cancéreuse peut obtenir un approvisionnement régulier en sucre – ou glucose – elle vivra et croîtra plus que ce qu’elle devrait. Maintenant, imaginez que les oncologues se réveillent et conseillent à leurs patients d’affamer leur cancer plutôt que de le bombarder de chimiothérapie et de rayons X tout en l’alimentant avec du sucre !

    Sources

    [1] Nicholas A Graham, Martik Tahmasian, Bitika Kohli, Evangelia Komisopoulou, Maggie Zhu, Igor Vivanco, Michael A Teitell, Hong Wu, Antoni Ribas, Roger S Lo, Ingo K Mellinghoff, Paul S Mischel, Thomas G Graeber. Glucose deprivation activates a metabolic and signaling amplification loop leading to cell death. Molecular Systems Biology, 2012; 8 DOI: 10.1038/msb.2012.20

    [2] Les corps cétoniques ou tout simplement les cétones, sont l’un des trois composés produits lorsque le foie métabolise les acides gras. Les trois types de corps cétoniques – l’acide acétoacétique, l’acide bêta-hydroxybutyrique, et l’acétone – sont libérés dans la circulation sanguine après le métabolisme. L’acide acétoacétique et bêta-hydroxybutyrate sont utilisés comme carburant par le cerveau et par les muscles, mais le corps ne peut pas décomposer l’acétone et par conséquent, il l’excrète dans l’urine. Un taux d’acétone ou de corps cétoniques dans le sang ou l’urine peut être le signe d’une maladie métabolique grave, et les médecins mesurent souvent le taux de corps cétoniques pour diagnostiquer ces maladies.

    Chez les individus sains, l’organisme utilise principalement le métabolisme des glucides pour alimenter ses cellules. S’il n’y a pas assez de glucides de disponibles, comme en cas de famine, le corps commence par métaboliser les graisses en corps cétoniques pour fournir le carburant nécessaire. Des niveaux élevés de corps cétoniques dans les urines, un trouble appelé cétonurie, indiquent que le corps utilise essentiellement la graisse pour son énergie.

    Le diabète de type I produit des niveaux dangereusement élevés de corps cétoniques. Les personnes souffrant de diabète sucré sont incapables de métaboliser efficacement le glucose, en raison de la production d’insuline insuffisante ou de résistance à l’insuline. Leur corps va commencer le métabolisme des graisses et des protéines pour compenser le manque de glucose disponible pour l’énergie. Sans traitement, les niveaux extrêmement élevés de corps cétoniques dans le sang et l’urine peuvent abaisser le pH du sang et causer une maladie appelée acidocétose. Elle survient le plus souvent chez les personnes souffrant de diabète sucré incontrôlé et est aggravée lorsque des niveaux élevés de glucose dans le sang, dus à un manque d’insuline disponible, acidifient le sang. L’acidocétose peut entraîner le coma cétoacide ou la mort.

    [3] Is there a role for carbohydrate restriction in the treatment and prevention of cancer? Rainer J Klement and Ulrike Kämmerer; Nutr Metab (Lond). 2011; 8: 75; Published online 2011 October 26. doi: 10.1186/1743-7075-8-75
    http://www.ncbi.nlm.nih.gov/pmc/articles/PMC3267662/?tool=pubmed

    [4] Cancer-related inflammation; Mantovani A, Allavena P, Sica A, Balkwill F.; Nature. 2008 Jul 24;454(7203):436-44

    [5] Dehydration and Cancer Lecture

    [6] Pancreatic Cancers Use Fructose, Common in a Western Diet, to Fuel

    [7] A Low Carbohydrate, High Protein Diet Slows Tumor Growth and Prevents Cancer Initiation; Victor W. Ho et al;Cancer Res July 1, 2011 71; 4484;

    A propos de l’auteur :

    Le Dr Mark Sircus, Ac., OMD, DM (P) (acupuncteur, médecin en médecine orientale et pastorale) est un écrivain prolifique, auteur de livres médicaux et de santé étonnants. Ses livres sont fortement référencés, et pendant de nombreuses années le Dr Sircus a fait des recherches sur la condition humaine et sur les causes de la maladie; il a examiné de nombreux systèmes médicaux divergents pour donner forme à ce qu’il appelle la médecine naturelle allopathique.


    Traduit par
    OC et jsf

     
    Source
    Voir également (en anglais)
  • Régime cétogène : quels bienfaits pour la santé ?

    Le 3 février 2017.

    Les régimes riches en gras et pauvres en sucre sont-ils bons pour la santé ? La communauté scientifique n’est pas unanime sur la question. Explications.

    Le régime cétogène recommandé contre le cancer

    Différentes études ont montré que le régime cétogène, qui propose de consommer des aliments limités en sucre mais riches en graisse, était excellent pour la santé. Il pourrait en effet avoir un impact très positif dans l’accompagnement de certains cancers. Concrètement, en étant soumis à ce régime, le foie produit des molécules, appelées cétones, qui sont de formidables sources d’énergie pour l’organisme.

    Ces cétones permettraient aux cellules saines d’avoir plus d’énergie pour combattre les cellules cancéreuses. « Les cellules saines tirent leur énergie en brûlant le sucre grâce à l’oxygène présent dans le sang », précise à 20 Minutes le Dr Laurent Schwartz, auteur de Cancer : Un traitement simple et non toxique (éd. Thierry Souccar). Alors que les cellules cancéreuses « tirent leur énergie de la fermentation des sucres ». Sans sucre, elles se retrouvent affaiblies.

     

    Effet thérapeutique dans l’accompagnement de maladies neurologiques

    Par ailleurs, un régime cétogène permet de lutter contre les crises d’épilepsies graves, notamment chez les enfants. Il aurait aussi un effet thérapeutique dans l’accompagnement de maladies neurologiques comme la maladie d’Alzheimer, la maladie de Parkinson, mais aussi pour réparer les lésions cérébrales à la suite d’accidents vasculaires cérébraux (AVC). Il permettrait également de perdre du poids, alors pourquoi se priver ?

    Certains médecins mettent cependant en garde contre ce régime qui peut entraîner des carences notamment en fibres et en vitamines. Des effets secondaires comme des nausées, une fatigue ou des maux de tête peuvent aussi apparaître. Si vous deviez en souffrir, n’hésitez pas à consulter votre médecin pour qu’il aménage, avec vous, un régime plus adapté à votre métabolisme. 

    À lire aussi : Perdre du poids – Tableau comparatif des régimes

    Source
    PASSEPORTSANTÉ.NET

  • Le cancer se nourrit de sucre. Le saviez-vous?

     
    Nutritionniste

    Ses convictions : Pour changer ses habitudes alimentaires, il faut reprendre contact avec soi; écouter ses signaux de faim et satiété, changer nos pensées d’auto-sabotage, se faire plaisir et découvrir le goût de manger et de bouger sainement.

    Tout d’abord, tenons-le pour acquis, « nous avons tous un cancer qui dort en nous ». C’est par cet énoncé qu’a commencé la conférence du médecin David Servan-Schreiber, en lien avec son livre Anticancer et présentée à l’Université Laval, le 23 janvier dernier. Puis, le Dr Servan-Schreiber a poursuivi avec une autre révélation-choc : « Le cancer se nourrit de sucre ».

    C’est assez bien connu, notre consommation de sucre augmente constamment depuis la fin de la Deuxième Guerre mondiale. Elle est passée de 30 kg par personne par année, en 1940, à 70 kg à la fin du XIXe siècle. Nous connaissons aujourd’hui les impacts négatifs du sucre, notamment sur la prise de poids, la carie dentaire et les maladies cardiovasculaires. Mais que le sucre joue un rôle aussi important sur l’apparition du cancer, je trouve ça étonnant!

    C’est le biologiste allemand Otto Heinrich Warburg qui a découvert que le métabolisme des cellules cancéreuses était dépendant du sucre. D’ailleurs, le scanner PET (ou TEP en français), pour détecter le cancer dans l’organisme, mesure les régions qui consomment le plus de glucose. Si, dans une région, on note une consommation excessive de glucose, il est fort probable qu’il s’agit d’un cancer.

    Non seulement le sucre nourrirait les cellules cancéreuses, mais il causerait aussi la croissance de cette maladie. En effet, afin que le sucre soit absorbé par les cellules, le corps sécrète de l’insuline. Et cette sécrétion d’insuline s’accompagne de la libération d’une molécule appelée Insulin-like growth factor-1 (IGF) qui, à son tour, participerait à la croissance des cellules cancéreuses ainsi qu’à leur invasion sur les tissus voisins.

    De plus, l’IGF augmenterait l’inflammation, un autre facteur qui contribuerait à stimuler la croissance des cellules cancéreuses.

    C’est donc dire qu’en plus du sucre, tout aliment ou repas qui stimule beaucoup la production d’insuline aurait le potentiel de créer un milieu idéal pour la croissance de cellules cancéreuses. Nous voilà donc encore devant le fait que notre alimentation hyper moderne est procancer. Les aliments comme les farines blanches, le sirop de maïs élevé en fructose, le pain blanc, le riz instantané, les céréales sucrées, les pâtes trop cuites, etc. ont un impact majeur sur la production d’insuline parce qu’ils ont un index glycémique élevé et qu’ils sont encore très présents dans le régime alimentaire des Occidentaux.

    Bien évidemment, le Dr Servan-Schreiber a aussi abordé plusieurs autres aspects de l’alimentation qui contribuent au cancer, comme le manque de fruits et de légumes et l’excès d’oméga-6 par rapport aux oméga-3.

    Cela étant dit, le défi, maintenant, c’est de fuir les aliments raffinés et transformés en réduisant le nombre de nos visites au restaurant, en évitant les plats déjà préparés et en prenant le temps de cuisiner.

    Jusqu’où êtes-vous prêt à aller dans vos habitudes alimentaires pour vous prémunir contre le cancer? Combien de temps aimeriez-vous consacrer à cette lutte?

    Références
    Servan-Schreiber, David. Anticancer. Prévenir et lutter grâce à nos défenses naturelles. Robert Laffont. Paris. 2007.

    Source
  • Télématin santé – Limitez le sucre contre le cancer !

    Télématin avec la participation du Dr Schwartz
    Diffusé le mardi 26.09.17 à 6h36
    Chroniqueuse : Christelle Ballestrero

    Et si le sucre permettait de lutter contre le cancer ?

    D’après des données présentées lors du congrès annuel de l’American Society of Clinical Oncology (ASCO), chez des patients atteints du cancer du côlon de stade III (envahissement ganglionnaire), manger au moins deux portions de noix (60 g) par semaine diviserait par deux le risque de récidive et doublerait pratiquement la survie globale !
    Cette étude permet ainsi de montrer le lien entre l’alimentation et le cancer. D’ailleurs, de plus en plus de scientifiques pointent du doigt les effets du sucre sur la cancérogénèse. 
    Certains cancérologues recommandent même de limiter l’apport en sucre pendant les traitements mais aussi après, afin de limiter les risques de récidives.

    Pour en savoir plus :

    « Cancer, un traitement simple et non toxique » du Docteur Laurent Schwartz aux éditions Thierry Souccar

  • Le régime cétogène est supérieur aux drogues anti-psychotiques.

    Published by Jean-Pierre LABLANCHY – CHRONIMED
     

    J’ai eu la chance de participer à la conférence révolutionnaire de la Société internationale de recherche en psychiatrie nutritionnelle (ISNPR) qui s’est tenue à Bethesda, au Maryland.
    La réunion a été inspirante et excitante pour ceux d’entre nous qui croient que les approches nutritionnelles sont la voie à suivre dans le traitement des troubles de santé mentale.
    Alors que la plupart des présentations de cette conférence étaient axées sur les acides gras oméga-3 , la recherche sur le microbiome, les micronutriments et le régime méditerranéen , il y a eu quelques petites séances explorant les avantages potentiels des régimes cétogènes.
    Les régimes cétogènes sont des régimes spéciaux à faible teneur en glucides qui ont été utilisés pour traiter l’épilepsie pendant près de 100 ans et sont très prometteurs dans le monde.prise en charge d’une grande variété d’autres troubles cérébraux .

    Psychose , humeur et régime

    L’un des exposés auxquels j’ai assisté était le Dr Chris Palmer, un psychiatre de l’hôpital McLean de Harvard, à Belmont, au Massachusetts.
    Dans une petite salle remplie de curieux médecins, scientifiques et nutritionnistes du monde entier, le Dr Palmer a décrit les expériences de deux adultes dans sa pratique avec un trouble schizo-affectif qui avait essayé un régime cétogène. Alors que la schizophrénie se caractérise principalement par des symptômes psychotiques, les personnes souffrant de troubles schizo-affectifs doivent non seulement faire face à une psychose, mais aussi à des périodes de symptômes d’humeur graves qui se chevauchent. Les signes de psychose comprennent la paranoïa , les hallucinations auditives, les hallucinations visuelles, les pensées / images intrusives et / ou la pensée désorganisée. Les épisodes d’humeur peuvent inclure la dépression, euphorie, irritabilité, rage , pensées suicidaires et / ou sautes d’humeur.
    En tant que psychiatre praticien depuis plus de 15 ans, je peux vous dire que le trouble schizo-affectif est un diagnostic particulièrement difficile pour les personnes à vivre et pour les psychiatres à traiter.
    Même les médicaments antipsychotiques et stabilisants de l’humeur les plus puissants disponibles n’apportent souvent pas un soulagement suffisant, et ces médicaments présentent un risque important d’effets secondaires.

    Ci-dessous, j’ai résumé les cas présentés par le Dr Palmer. Plus de détails de chaque histoire, avec le commentaire du Dr Palmer sont publiés dans la revue Schizophrenia Research «  .

    Cas numéro un: Une femme trouve un soulagement naturel

    La première histoire concerne une femme de 31 ans qui a reçu un diagnostic de trouble schizo-affectif il y a huit ans.
    Les essais de DOUZE médicaments différents, y compris la clozapine, un puissant antipsychotique considéré par de nombreux psychiatres comme le médicament de dernier recours en raison de son risque d’effets secondaires graves, ont été insatisfaisants.
    Elle a également subi 23 cycles de thérapie électroconvulsive (ECT ou ce qu’on appelait autrefois « les traitements de choc électrique »), mais reste troublé par des symptômes graves.
    Elle a décidé d’essayer un régime cétogène avec l’espoir de perdre du poids.
    Après quatre semaines de régime, ses délires s’étaient résolus et elle avait perdu dix livres.
    À quatre mois, elle avait perdu 30 livres et son score sur un questionnaire clinique appelé PANSS (Échelle des symptômes positifs et négatifs), qui classait les symptômes sur une échelle de 30 (meilleure) à 210 (pire), était descendu de 107 à 70.

    Cas numéro deux: Un homme vient à la vie

    La deuxième histoire est celle d’un homme célibataire de 33 ans diagnostiqué avec un trouble schizo-affectif il y a quatorze ans.
    Au cours des années, il avait essayé SEIZE différents médicaments psychiatriques avec un succès limité, y compris Clozapine.
    Pesant 146 kilos, il a décidé de se lancer dans un régime cétogène pour la perte de poids.
    En trois semaines, il a rapporté une réduction «dramatique» des hallucinations auditives et des délires, ainsi qu’une meilleure humeur, énergie et concentration .
    Au cours d’une année, il a perdu un total de 47 kilos.
    Lorsqu’il était en cétose, ses scores PANSS se sont améliorés de façon significative, tombant de 98 à seulement 49. Sa fonction quotidienne et sa qualité de vie se sont également améliorées de façon spectaculaire; Il a quitté la maison de son père, a commencé à fréquenter et a commencé à suivre des cours à l’université.
    Fait intéressant, dans les deux cas, chaque fois que l’un de ces individus a abandonné le régime cétogène, ses symptômes se sont aggravés et, lorsqu’ils sont revenus au régime, leurs symptômes se sont améliorés, suggérant que c’était l’alimentation et non un autre facteur responsable .

     

    Nourriture contre médicament

    Ces résultats sont vraiment remarquables: amélioration de dizaines de points sur le PANSS, perte de poids importante et meilleure qualité de vie. Il n’y a tout simplement aucun médicament psychiatrique disponible avec le pouvoir d’accomplir ces résultats. J’ai certainement vu des médicaments antipsychotiques aider les personnes atteintes de symptômes bipolaires et psychotiques, et parfois aider de façon spectaculaire.
    Cependant, tous les médicaments antipsychotiques, malheureusement, présentent un risque important d’effets secondaires qui peuvent aggraver la qualité de vie, dont le moindre n’est pas le GAIN de poids.
    Tous les médicaments antipsychotiques (Abilify, Zyprexa, Risperdal, Seroquel, Clozapine, etc.) peuvent contribuer à des niveaux élevés d’insuline et à la résistance à l’insuline – un changement hormonal dans le métabolisme qui rend plus difficile le métabolisme des glucides.
    Au fil du temps, la résistance à l’insuline peut entraîner une prise de poids, le diabète de type 2, les maladies cardiaques et même la maladie d’Alzheimer.
    À l’opposé, les régimes cétogènes ont de nombreux effets secondaires positifs ; ils diminuent les niveaux d’insuline et améliorent la sensibilité à l’insuline, inversant les signes de résistance à l’insuline et les conditions associées .

    Qu’est-ce que le régime cétogène?

    Un régime cétogène est un régime à très faible teneur en glucides (maximum 20 grammes d’hydrates de carbone par jour) qui est généralement beaucoup plus élevé en gras que les autres régimes.
    Ce régime est conçu pour abaisser et stabiliser les niveaux d’insuline, ce qui permet au corps de brûler plus facilement les graisses et de dépendre moins de glucose (sucre dans le sang) pour l’énergie.
    La graisse est décomposée en cétones, que la plupart des cellules du cerveau peuvent utiliser pour l’énergie au lieu du glucose.
    Les cétones brûlent plus proprement et efficacement que le glucose, ce qui entraîne moins d’inflammation et d’oxydation dans tout le cerveau et le corps.

    Il existe de nombreuses théories sur les raisons pour lesquelles les régimes cétogènes semblent être si guérissant et stabilisant pour les cellules du cerveau, dont certains peuvent être lus dans cet article sur letrouble bipolaire et les régimes cétogènes.
    J’ai étudié, écrit et suivi personnellement un régime cétogène pendant la majeure partie des cinq dernières années, et je le recommande à mes patients comme une alternative et / ou une option supplémentaire à la médication.
    Lors de la conférence de l’ISNPR, j’ai présenté une affiche résumant des approches nutritionnelles passionnantes pour la prévention et le traitement de la maladie d’Alzheimer , y compris les régimes cétogènes.
    Régimes cétogènes et autres troubles psychiatriques

     

    Régimes Cétogènes pour Troubles Psychiatriques

    Plus tôt cet été, j’ai écrit un article pour Psychology Today intitulé Ketogenic Diets for Psychiatric Disorders résumant des études et des rapports de cas sur la façon dont les régimes faibles en glucides et cétogènes affectent les personnes souffrant de troubles psychiatriques, y compris le trouble bipolaire , l’ autisme et la schizophrénie.
    Cette revue inclut le témoignage remarquable d’une femme qui avait souffert de symptômes psychotiques pendant 63 ans avant de finalement bénéficier d’un régime alimentaire pauvre en glucides.
    Bien que nous ayons seulement une poignée d’exemples publiés à ce jour, l’information qu’ils contiennent est pleine de promesses pour les personnes qui ont souffert de troubles psychiatriques altérant la vie et de médicaments compromettant la santé.

     

    Espoir au-delà de la médication

    La plupart des gens ne réalisent pas que des options autres que la médication existent. Il est essentiel que nous sensibilisions tous ceux qui pourraient en bénéficier à ces stratégies alimentaires potentiellement puissantes.
    Si vous connaissez quelqu’un qui fait face à une maladie mentale, s’il vous plaît partager ces histoires inspirantes avec eux.

    Si vous êtes vous-même aux prises avec des symptômes d’humeur ou de troubles de la pensée, je vous encourage à en apprendre davantage sur les régimes cétogènes et d’autres approches nutritionnelles.
    Oui, les médicaments peuvent jouer un rôle très important dans vos soins, mais je crois que la façon la plus puissante de changer la chimie de votre cerveau est la nourriture – parce que c’est de là que viennent les produits chimiques du cerveau!
    Nourrir votre cerveau correctement a le potentiel d’arriver à la racine réelle du problème, ce qui peut vous permettre de réduire la quantité de médicaments dont vous avez besoin pour vous sentir bien et fonctionner de votre mieux.
    Dans certains cas, un régime cétogène peut même remplacer complètement les médicaments.
    La psychiatrie nutritionnelle peut vous permettre de mieux contrôler vos symptômes, votre santé globale et le cours de votre avenir.

    * Note: les régimes à faible teneur en glucides provoquent des changements importants dans la chimie corporelle très rapidement.
    Si vous prenez des médicaments ou avez des problèmes de santé, ne commencez pas ce régime sans d’abord consulter votre fournisseur de soins de santé, car les doses de médicaments devront peut-être être suivies de près pendant votre transition vers une nouvelle façon de manger.
    Vous pouvez lire ce court article sur la sécurité des régimes cétogènes pour plus d’informations (en anglais).

     

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    Published by Jean-Pierre LABLANCHY – CHRONIMED