Régime Cétogène : vive le gras ?

Publié dans ROSE octobre 2017

Attaquer les cellules cancéreuses à coups d’avocat et d’huile de coco ? C’est l’objectif du régime cétogène, auquel l’institut Gustave-Roussy vient de consacrer un colloque. Enquête.

 

Le régime cétogène serait-il le dernier régime miracle ?

En tout cas, cette diète très riche en gras et  pauvre en sucre – carburant des cellules cancéreuses – suscite beaucoup d’intérêt. Au point que le Pr Ulrike Kämmerer, du CHU de Würtzburg, en Allemagne, a coécrit avec les Drs Christina Schlatterer et Gerd Knoll Le Régime cétogène contre le cancer (Thierry Souccar Éditions).

Magali Walkowicz, nutritionniste près de Toulouse et auteure de Céto Cuisine, en explique l’idée : comme les cellules cancéreuses consommeraient dix fois plus de glucose qu’un tissu sain, on leur « ferme le robinet ». Mais, en contrepartie, on fournit à l’organisme 80 % de lipides. Pourquoi des lipides ? Parce que, s’il est privé de sucre, le corps se tourne naturellement vers la graisse, que le foie transforme en corps cétoniques, une source d’énergie transportée par le sang.

Un pari qui se veut gagnant-gagnant : les cellules cancéreuses seraient privées de leur alimentation préférée et le patient ne manquerait pas d’énergies. «Comme le jeûne, la diète cétogène diminue la croissance des cellules cancéreuses et potentialise les effets de la chimiothérapie, confirme Magali Walkowicz. Mais elle n’engendre ni fonte musculaire, ni fatigue car il y a une prise alimentaire intégrant un apport de protéines, nécessaires au maintien de la masse maigre. » 

« Associée à une activité physique régulière, c’est même aujourd’hui l’une des meilleures stratégies contre le cancer, ajoute carrément le Pr Ulrike Kämmerer. En Allemagne, de nombreux patients suivent déjà ce type de régime en accompagnement de leurs traitements médicaux. » 

En France, certains hôpitaux, comme le CHU de Hautepierre, à Strasbourg, et l’hôpital Necker-Enfants Malades, à Paris, y ont également recours, mais pour soigner les enfants épileptiques. « Ce pourrait aussi être une approche en cancérologie, reconnaît le Dr Suzette Delaloge, responsable du comité de pathologie mammaire à l’institut Gustave-Roussy. Mais dans quels cas, on ne sait pas encore bien. Pour l’instant, les données dont nous disposons ne suffisent pas pour évaluer l’impact de ce régime sur la maladie et sur la qualité de vie. » 

ENCADREMENT MÉDICAL

Néanmoins, la piste du régime cétogène semble suffisamment sérieuse pour avoir fait l’objet d’un colloque à Gustave-Roussy en septembre.

À l’origine de cette grand-messe de la nutrition, un patient, Jean-Jacques Trochon. Soigné pour un cancer du rein très agressif en 2003, puis victime d’une récidive en 2012 (avec 26 nodules dans les poumons), ce pilote d’Airbus s’estime « rescapé du cancer ». Refusant un traitement de fond pourtant recommandé par son médecin, le Dr Escudier, oncologue à Gustave-Roussy, il a été traité par chirurgie. « Mais après m’être beaucoup documenté, ajoute-t-il, j’ai aussi alterné régime cétogène et jeûne, et pris de la spiruline sous forme liquide, une algue naturellement riche en vitamines et minéraux. »

Aujourd’hui guéri, Jean-Jacques Trochon a souhaité que des chercheurs internationaux, travaillant tous sur la diète cétogène, viennent exposer leurs résultats cliniques. Car, pour l’instant, la communauté médicale, plutôt réservée, met en avant le manque de preuves. Rappelant que « 40 % des patients sont dénutris », le Dr Bruno Raynard, responsable de l’Unité transversale de diététique et de nutrition de Gustave-Roussy, estime ainsi que « ce régime n’est pas dénué de risques. En attendant les résultats des études en cours, il faut vrai- ment qu’il soit très encadré ». Ce que conforme également le Dr Delaloge.

Lorsque ses patients envisagent de le suivre, elle ne les en dissuade pas, mais les met en garde : « Exigeant et assez difficile à tenir sur le long terme, ce régime peut poser quelques problèmes sur le plan social et, surtout, nécessite un encadrement médical. » 

Pour l’instant, on dénombre une trentaine d’études sur le sujet. Parmi les plus avancées, Kolibri, menée à Bad Kissingen, en Allemagne, chez des femmes ayant eu un cancer du sein, et Ergo, en cours à Francfort chez des patients atteints d’une tumeur cérébrale.

« Il est urgent de mener des études cliniques de grande ampleur, en double aveugle, pour que ce mode d’alimentation puisse se faire admettre en cancérologie, indique Jean-Jacques Trochon. C’est ce que l’on voudrait initier à Gustave-Roussy. » 

CHANTILLY, MASCARPONE…

En France, certains patients n’ont pas attendu d’être inclus dans une étude pour s’y mettre.

C’est le cas de Patricia, 68 ans, qui alterne jeûne intermittent et diète cétogène. Opérée en 2015, aujourd’hui sous hormonothérapie, elle est suivie par Magali Walkowicz.

« Au début, c’est assez déroutant, reconnaît-elle. Pour que le corps entre en cétose, il a fallu que je change radicalement mes habitudes alimentaires : mettre de l’huile de coco dans mon café, manger beaucoup de viandes grasses, très peu de glucides… Mais on s’habitue ! Je me régale maintenant avec une salade de tomates et de haricots verts, des sardines et du saumon. J’ajoute des herbes, du curcuma… En faisant attention à ce que je mange, je deviens proactive. Je le fais pour moi, en plus des traitements, pour lutter contre la maladie et contre la douleur. Car depuis que je suis ce régime, ma tendinite me fait beaucoup moins souffrir. »

Seul bémol : « Mon mari ne s’est pas du tout céto-adapté ! » Et son équipe médicale reste vigilante. « À un moment, j’avais perdu trop de poids et mon médecin est intervenu pour que j’en reprenne, ce qui a été possible en cadrant bien le régime cétogène dans ma consultation diététique. » 

Même démarche pour Michèle, 70 ans, suivie à la clinique Labrouste, à Paris. « J’ai eu un double cancer du sein en 2003, raconte-t-elle. Et une récidive il y a cinq ans, avec de nombreuses métastases. En cherchant ce que je pouvais faire, je suis tombée sur le livre du Dr Schwartz, Cancer. Un traitement simple et non toxique (Thierry Souccar Éditions). J’ai commencé le régime cétogène et mes marqueurs sont passés de 411 à 35 après quatre mois de chimio. Mon cancérologue était stupéfait. Je ne me suis jamais sentie mal, bien au contraire. J’ai arrêté ma chimio il y a quatre mois et je fais six heures de jardinage par jour. Alors que j’avais un léger surpoids, ce régime m’a permis de perdre 11 kg. Mes triglycérides et mon cholestérol ont baissé, alors que je mange beaucoup de chantilly et de mascarpone ! ».

Marie, 41 ans, en rémission d’un cancer du sein hormonodépendant et elle-même médecin, suit un régime cétogène depuis quatorze mois et n’envisage pas d’arrêter. « D’autant que mon mari suit le mouvement, pour que je sois moins tentée ! En hiver, il est facile d’organiser une raclette avec des amis : pour moi, les champignons remplacent juste les pommes de terre ! Plutôt bec sucré, j’adorais croquer dans une poire, un abricot ou une nectarine. Alors, parfois, je me l’autorise. L’objectif est de tenir sur le long terme et je sais que, s’il y a trop de frustration, je tiendrai moins longtemps. ».

Déterminée à ne pas nourrir le crabe, et convaincue du lien entre index de masse corporelle et risque de cancer du sein, Marie souhaite rester dans la maîtrise de sa maladie.

« Si le fait de renoncer à quelques gourmandises peut m’aider à voir grandir mes enfants, je n’ai aucune hésitation. ».

Mais pour ceux qui trouveraient quand même le régime 100 % cétogène difficile à mettre en œuvre, il existe une alternative, le régime low-carb high- fat (faible en glucides et riche en gras), plus bénéfique que l’alimentation dite saine, qui limite la plupart des graisses et fait la part belle aux glucides. C’est le credo de Catherine Malpas, naturopathe, auteure de Faites la paix avec votre assiette (Éditions de La Martinière).

Pour le Dr Laurent Schwartz, qui poursuit les travaux du Prix Nobel de médecine Otto Warburg, « le cancer est une maladie métabolique, liée à un dysfonctionnement de la digestion cellulaire, et à la fermentation du sucre ». Actuellement, il existe plus de 30 000 publications sur le thème « métabolisme et cancer ». Autant dire qu’il n’est pas le seul à plancher sur le sujet. 

Par Céline Dufranc 

LA JOURNÉE TYPE DE MARIE

PETIT DÉJEUNER : 

1 petit avocat, 1 tisane avec 1c.à café d’huile de noix de coco, 1 yaourt grec avec des graines de sésame, quelques amandes 

DÉJEUNER : 

Entrée (champignons à la crème par exemple) et plat chaud (viande blanche avec sauce au roquefort, par exemple, et légumes verts) 

COLLATION :
1 carré de chocolat à 90 % et quelques amandes ou 1c. à café de pâte d’arachide 

DINER : 

Légumes agrémentés de lipides (par exemple soupe de courgettes au curry et à la crème de coco), et de la vitamine c 

A LIRE :

Céto Cuisine de Magali WalkoWicz, Thierry Souccar Éditions

Vous envisagez de vous y mettre ? Après en avoir discuté avec votre oncologue, plongez-vous dans cet ouvrage.
Au menu ? Velouté d’avocat au lait de coco, escalope panée aux noix de pécan, gratin de courgettes au mascarpone, pancakes à l’huile d’olive, tarte fraises chantilly…
Soit 150 recettes sans pain ni pâtes pour passer rapidement en état de cétose.

« Mais, recommande Magali Walkowicz, ne vous lancez pas toute seule car le régime cétogène doit respecter les besoins de l’organisme, qui diffèrent d’une personne à l’autre et peuvent être modifiés par certaines pathologies comme le cancer. »  

Mis à jour le 11 oct. 2017

Il reste 12 commentaires Aller aux commentaires

  1. Marie /
    Bonjour,
    Mon mari suit le régime cétogène consciencieusement. La plupart du temps il est entre 1 et 2,5 de cétone alors qu’il fait le régime depuis presque 3 mois. Il semble maintenant qu’il se rapproche un peu plus de 3,5.
    Depuis deux mois il a eu deux fois des pics de cétone à 5,5 accompagné d »une forte baisse des glucides (4,2) et d’une grosse fatigue le matin au lever.
    Tout rentre dans l’ordre après le petit déjeuner (sans glucide bien sûr).
    Est-ce normal ? J’ai peur que ce soit dangereux.
    Est-ce que vous pouvez nous conseiller ?
    Je vous remercie.
    Marie
    1. Nathalie /
      Bonjour
      De mon côté ma ceto adaptation à durée près d un an avant de de se stabiliser. Les cetones à 5.5 montrent qu’il y en a bcp trop et qu’elles ne sont pas utilisées par les cellules. Du coup si la glycémie est en chute libre et que les cellules ne marchent pas aux cetones, c’est de l hypoglycémie classique dans un corps qui catabolise, d où la grosse fatigue…
      Je ne suis pas spécialiste,juste pratiquante. Peut être serait il bien de consommer des lipides à chaînes courtes ( huile MCT par exemple) pour forcer la consommation des cetones ? Les macros sont bonnes ? Au moins 200g de lipide/ jour ?
      Tout est question d un équilibre fin propre à chacun.
      Bon courage
  2. TOMASI Bruno /
    Bonjour
    Je suis suivi par le Dr Schwartz par l’intermédiaire de mon médecin traitant, pour un myélôme actuellement sans symptôme.
    Je suis en pleine forme et la médecine conventionnelle ne me propose rien à faire. Je suis donc l’approche métabolique et j’applique depuis 5 mois un régime cétogène. J’aimerais entrer en communication avec Jean-Jacques Trochon ou un référend de Gustave-Roussy dans le cadre de mon régime cétogène, étant disposé à entrer dans un protocole expérimental pour faire avancer le shmilblic…
    Cordialement
  3. Nathalie /
    Bonjour,
    Très bon article. Enfin La France commence à y regarder de près. J’ai 51 ans et je suis le régime cetogène depuis plus de 2 ans, avec un cancer du sein metastasé depuis 6 ans (ovaires, rachis, foie et poumon). Ma dernière chimio date de plus dun an et mes métastases sont stabilisées. J ‘ai la super pêche et c’est une alimentation que j’adore. J’ai démarré ce régime après différentes lectures dont celles dont vous parlez. Mais sans encouragement aucun de mes médecins, juste un sourire quand j’évoque ce régime…. à tel point que je ne leur en parle plus du tout.
    Mais oui, chaque année est une belle victoire et ce mode de vie cetogène y est pour beaucoup car il réduit, voir elimine, l inflammation de mes cellules.
    Voilà mon témoignage.
    Nathalie
  4. spa /
    Le régime « Budwig », n’a rien à voir avec le régime cétogène, par contre la base de celui ci : Huile de Lin + fromage blanc faible en matière grasse, me semble très digne d’intérêt (relance de la respiration cellulaire, avec modification du potentiel électrique des membranes cellulaires…), en plus c’est pas mauvais…
  5. Corine /
    Bravo à l’Institut Gustave Roussy d’avoir consacré un colloque là dessus.
    Il faut parler du jeûne
    Il faut parler de l’alimentation cétogène
    J’experimente le jeûne et l’alimentation cétogène. Depuis 6mois un peu plus même et je peux dire avec certitude que c’est très bénéfique pour moi pour les raisons suivantes : très très peu d’effets secondaires aux Chimios pourtant lourdes.
    Je suis très en forme ,j’ai une vie normale avec le Bonheur de Vivre.
    Je précise qu’à la base pour moi il s’agit d’un Cancer du colon stade 4 metastases multiples au foie et poumons non resectables.
    La chimio et cette alimentation et quelques compléments alimentaires plus le traitement metabolique du Dr Schwartz m’aident à obtenir des résultats excellents vus au scanner très très forte régression des Métastases .
    La tumeur ayant complètement disparu dans les premiers 6mois de chimio ( je ne mangeais pas cétogène) mais j’avais éliminé les sucres raffinés et je prenais de la bromélaïne et lapacho plus médecine chinoise.Cependant j’avais de gros efforts secondaires aux chimios.
    La chimio a été arrêté 4 mois puis rechute changement de traitement et là je me suis mise à l’alimentation cétogène et traitement metabolique.Et je vais très bien ,au dernier scanner il reste des cellules cancéreuses mais j’ai bon espoir de les éliminer complètement .
    Mon foie va bien,les bilans sanguins sont bons.
    C est vrai il faut être très très vigilant pour le jeûne suivre son poids ,faire du sport et décider d’être heureux malgré tout.
    L’alimentation cétogène c est pareil il est nécessaire de varier les graisses .Je prends plaisir à manger des graisses et des légumes ,il y a de très bonnes recettes !!!
    Vraiment les gâteaux sucrés ne me disent rien.
    Là aussi surveiller son poids et éventuellement se faire suivre par un médecin nutritionniste.
    C est une chance de Vivre et d’aller bien malgré le cancer qui pourtant à l’annonce m’a anéanti.
    Anéanti pendant quelques jours.
    Et puis je me suis relevée plus forte que jamais !!!
    Volonté santé retrouvée pour tous et Bonheur de Vivre
    1. Nathalie /
      Bonjour
      Super témoignage. Je suis d’accord avec vous, grâce au régime cetogène je supportais beaucoup plus facilement mes chimios.
      Bon courage et bonne continuation,
      Nathalie
      1. Corine /
        Merci Nathalie pour vos encouragements.Je suis heureuse ,je n’ai pas de douleur alors le jeune et l’alimentation cétogène c est du « gâteau »!!;!!!!
        Il y a des médecins nutritionnistes pour ceux qui doutent.
        Il faut avant tout croire en soi en ses capacités de guérison
        1. Marie /
          Bravo à toutes les deux !
          Le cancer est un mal qui détruit ou qui rend plus fort.
          Et merci au Dr Schwartz pour ses recherches qui nous aident tellement !
  6. Laura Palli Rossi /
    Bonjour , je suis biologiste nutritionniste avec Master en Keto Diet . Oui , super mais ….
    A’ niveau métabolique, les gras ne sont pas tous pareils, comme les protéines les féculants et les calories….. Les viandes rouges ont beaucoup carbo , comme lait et dérivés . Il y a protéines pro inflammatoires, pro cancer , qui augmentent insuline IGF-1, comme gras que abîment le mTOR etc. En plus , on connaît aussi que trop calories sont néfastes et surtout mauvaises calories. Se remplir de huile de coco- oui vrais, chaîne court, mais entre les plus riches de saturés, donc parfait pour l’inflammation de bas grade, crème, lard et viande , sa ira pour un période, mais sur le longtemps on verra bien les dégâts, à niveau oncologique aussi , pas que pour les AVC. Notre corps a des lois biochimiques et physique. La nutrition c’est une science , les régimes ne peuvent pas – en principe – être une mode ….. Pour le respect des patients que souffrent et que pour sortir du cancer sont disponible à tout, s’il vous plaît, ne balancez pas choses mal faites! Le Keto Diet OUI, mais avec le bon apport et les protéines correctes, les bons gras , et hypotoxique et anti inflammatoire . Merci . Dott Laura Palli
  7. Hervé /
    C’est fin octobre 2016 qu’un cancer déjà avancé de la base de la langue m’est diagnostiqué. En plus de la masse hypo pharyngée latéralisée à gauche, on trouve une adénomégalie volumineuse sous l’oreille gauche.

    Les rendez-vous pour affiner le diagnostic s’enchaînent assez bien et une 1ère chimiothérapie de 5 jours consécutifs est programmée pour le 19 décembre 2016.

    Ne pouvant rester inactifs en attendant, mon épouse qui suit la page « guerir.org » tombe sur un article concernant le régime cétogène. L’article renvoie au livre « le régime cétogène contre cancer » aux éditions Thierry Souccar.

    Sans attendre, le livre est commandé et je suis séduit d’emblée par la logique qui a animé les médecins qui l’ont co-écrit.

    Je me lance immédiatement dans la mise en œuvre du régime cétogène et j’élabore rapidement un petit logiciel sur Excel me permettant d’équilibrer le rapport PLG (protides, lipides, glucides) par 24 heures.

    Au bout de quelques jours je suis en cétose ; cela fonctionne !

    Arrive bientôt le 19 décembre, et je fais déjà le constat que la masse sous l’oreille a diminué.

    Le protocole établi a été le suivant (CHU Caen/Centre Baclesse à Caen) :

    3 chimiothérapies de 5 jours consécutifs
    35 séances de radiothérapie
    Après ma 1ère chimiothérapie, alors que j’étais vraiment mal en point, je suis allé à un rendez-vous chez une thérapeute pratiquant l’E.F.T (Emotionnal Freedom Technics) ; et au retour je me suis mis à écrire…..Cela a donné un livre « A Gorge nouée » (éditions lulu.com) sorti d’un jet : 3 semaines d’écriture……

    Le parcours a été semé d’embûches, notamment deux hémorragies de la tumeur, dont la seconde qui m’a valu une embolisation de la langue (obstruction des artères arrivant à la langue), intervention très pénible.

    En février 2017, j’ai dû commencer à me nourrir par sonde du fait de la mucite récurrente et des incidences liées à la localisation de la tumeur, à savoir au fond de la bouche, sur le trajet de la nourriture. Deux hospitalisations ont été nécessaires du fait d’aplasies fiévreuses.

    Arrivé à près de 30 séances de radiothérapie, j’ai eu le cou si brûlé qu’une hospitalisation a été de nouveau nécessaire avec interruption des séances durant 15 jours.

    Néanmoins, je n’éprouvais pas de douleurs liées aux brûlures car j’avais sollicité l’aide d’une personne pratiquant des soins à distance (« coupeur de feu »)

    J’ai fait le régime cétogène sans faillir jusqu’à la pose de la sonde gastrique et même pendant les hospitalisations car mon épouse m’apportait les aliments nécessaires au quotidien dans une glacière.

    C’est seulement durant le temps où j’ai eu la sonde que j’ai dû l’interrompre, à mon grand regret.

    Mais dès que j’ai pu me réalimenter, vers la mi-avril 2017, j’ai repris le régime cétogène, car j’étais tout à fait convaincu de la synergie formidable qu’il opérait avec la chimiothérapie et la radiothérapie.

    En dehors des effets secondaires des traitements qui ont pu m’atteindre à certains moments (aplasies, mucite, brûlures au second degré) je peux témoigner du fait que je suis resté debout et que j’ai gardé une assez bonne énergie tout au long du parcours.

    J’ai également accompagné la mise en œuvre du régime cétogène par la mise en route de la marche à pied. Etant en surpoids depuis des années et souffrant des genoux dès que je marchais un peu, je limitais au maximum toutes sorties à pied.

    Mais mon épouse m’a fortement incité à sortir et à recommencer à marcher. Et c’est alors que je me suis rendu compte très rapidement, que je pouvais augmenter les distances. Après seulement 15 jours de régime cétogène, mes douleurs aux genoux avaient disparu….

    J’ai continué à marcher autant que j’ai pu le faire, entre les hospitalisations, et quand je m’en sentais capable. C’était un effet tout à fait inattendu du régime cétogène.

    J’ai informé le personnel médical de ma démarche. J’ai pu constater que personne ne connaissait le régime cétogène et son apport dans le cancer. J’ai eu au mieux une écoute bienveillante, au pire une parfaite indifférence du corps médical. Mais personne ne m’a empêché de le faire…Certains personnels soignants (infirmières, aides-soignantes) s’y sont intéressés néanmoins et j’ai toujours eu l’entière possibilité de compléter les menus proposés à l’hôpital par des aliments cétogènes. Mon épouse est tombée des nues face à l’encouragement d’un médecin à boire du coca-cola pour juguler la mucite : « reprenez le contrôle de votre bouche, il faut boire du coca » !

    Mon médecin traitant a pris sa retraite pile au moment où le cancer m’a été diagnostiqué ; et je me suis retrouvé dans un certain no man’s land de ce point de vue-là. Néanmoins, j’ai sollicité l’accompagnement du médecin traitant de mon fils handicapé, pratiquant une médecine holistique, et qui m’a également aidé par des traitements de drainage pour faciliter l’élimination des produits de chimio, m’a prescrit la vitamine D, et a suivi mes analyses biologiques en lien avec le régime cétogène.

    Au cours de ces mois de traitements, j’ai demandé si une évaluation de l’état de la tumeur pouvait être réalisée à mi-chemin du protocole établi (chimiothérapie et radiothérapie) ; le corps médical n’a pas accédé à ma demande. Et pourtant, j’avais la conviction que l’alliance du régime cétogène et des traitements conventionnels boostait la régression du cancer. J’étais convaincu qu’on aurait pu alléger un peu les chimiothérapies et diminuer le nombre de séances de radiothérapie. Mais non, rien à faire, protocole et certitudes obligent.

    Fin avril 2017, consultation chez l’ORL qui me suit au CHU : elle saisit son endoscope, le temps est suspendu…..elle descend par la fosse nasale… elle observe très attentivement…. Puis elle dit : « c’est parfait, il n’y a plus rien, absolument plus rien ».

    Le scanner va ensuite confirmer ce qu’elle a vu ; je suis en rémission complète.

    Immense soulagement…. Aujourd’hui, soit en mars 2018, je vais très bien et je continue le régime cétogène. J’ai retrouvé un poids idéal et je n’ai plus aucune variation de poids. Je suis suivi tous les deux mois et pour le moment, la rémission complète est confirmée.

    J’ai témoigné de tout ce parcours dans un livre « Vivant, je suis vivant » (éditions lulu.com) et mon fils aîné vient de mettre la dernière touche à un site internet dédié à la mise en œuvre du régime cétogène, selon les principes évoqués dans le livre « le régime cétogène contre le cancer ». En effet, le logiciel Excel que j’avais élaboré ne permettait pas à tous les utilisateurs d’y accéder selon leur version d’Excel.

    Le site est gratuit, accessible sur ordinateur, tablette, smartphone et je souhaite qu’il rendre service à tous les malades qui veulent se lancer dans l’aventure du régime cétogène contre le cancer, associé aux traitements conventionnels.

    Pour y accéder suivre le lien suivant : http://cetogene.info

  8. Venus /

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