Les polyphénols du thé vert et du vin rouge contre les maladies métaboliques

Publié par Blog Nutrition Santé le 3 juillet 2018

Les composés présents dans le thé vert et le vin rouge, connus sous le nom de polyphénols, peuvent bloquer la formation de métabolites toxiques.

Cette découverte pourrait ouvrir la voie à des thérapies pour traiter les troubles métaboliques congénitaux.

Une étude de l’Université de Tel Aviv (Israël), publiée le 3 mai 2018 dans la revue Communications Chemistry, suggère qu’il existe un espoir de traiter certaines maladies métaboliques congénitales innées.

Un espoir trouvé dans le thé vert et dans le vin rouge, qui font déjà l’objet de nombreuses études pour leurs bienfaits sur la santé et le bien-être.

Le pouvoir des polyphénols

Les polyphénols du thé vert et du vin rouge peuvent aider à combattre les troubles métaboliques congénitaux.


La plupart des personnes ayant des troubles métaboliques héréditaires naissent avec un gène défectueux qui entraîne une déficience enzymatique critique.

En l’absence de remède, de nombreux patients atteints de troubles métaboliques congénitaux doivent suivre une alimentation stricte et exigeante durant toute leur vie.

Cette recherche montre que certains composés trouvés naturellement dans le thé vert et le vin rouge peuvent bloquer la formation de métabolites toxiques.

Menée par le professeur Ehud Gazit de la faculté des sciences de la vie de TAU (Tel Aviv University), la recherche a examiné deux composés : le gallate d’épigallocatéchine, connu sous le nom de EGCG, trouvé naturellement dans le thé vert, qui a attiré l’attention au sein de la communauté médicale pour ses avantages potentiels pour la santé ; et l’acide tannique, présent dans le vin rouge, qui est connu pour empêcher la formation de structures amyloïdes toxiques qui provoquent des troubles neurodégénératifs tels que la maladie d’Alzheimer et la maladie de Parkinson.

La capacité de la nature à produire des médicaments puissants


Dans le cas des maladies métaboliques congénitales, le corps ne produit pas d’enzymes métaboliques vitales. En conséquence, les métabolites — des substances qui sont, entre autres, les éléments constitutifs de l’ADN et des protéines — s’accumulent dans le corps, une accumulation incontrôlée qui est toxique et peut causer de graves troubles du développement et des troubles mentaux.

« Cette nouvelle étude démontre une fois de plus la capacité de la nature à produire le meilleur candidat de médicaments pour traiter certaines des pires maladies humaines » précisent les auteurs.

Collectivement, ce groupe de troubles constitue une partie importante des maladies génétiques en pédiatrie. La maladie phénylcétonurie (PCU, maladie génétique rare et grave), qui produit l’agrégation du métabolite phénylalanine, est une maladie métabolique innée commune.

Les nourrissons atteints de PCU doivent suivre un régime strict sans phénylalanine (acide aminé essentiel à l’organisme) pour le reste de leur vie. S’ils ne le font pas, ils peuvent être confrontés à de graves problèmes de développement débilitants.

« Mais c’est une tâche incroyablement difficile, puisque la phénylalanine se trouve dans la plupart des produits alimentaires que nous consommons« , précise l’étude. « L’évitement de certaines substances est le seul moyen de prévenir les effets débilitants à long terme des maladies métaboliques congénitales. Nous espérons que notre nouvelle approche facilitera le développement de nouveaux médicaments pour traiter ces troubles. »

La recherche est basée sur deux études antérieures menées au laboratoire TAU. Dans la première étude, la phénylalanine s’est révélée capable de s’auto-assembler et de former des structures amyloïdes comme celles observées dans les maladies d’Alzheimer, de Parkinson et d’autres maladies neurodégénératives. Dans la seconde étude, d’autres métabolites qui s’accumulent dans d’autres maladies métaboliques congénitales ont également été soumis à des processus d’auto-assemblage et forment des agrégats amyloïdes toxiques.

Les deux études ont conduit à une refonte de la compréhension de la communauté de recherche sur les maladies métaboliques. « Dans notre nouvelle étude, nous avons examiné si les molécules identifiées dans des études antérieures sur la maladie d’Alzheimer et d’autres maladies amyloïdes, qui inhibent la formation d’agrégats amyloïdes, pourraient également aider à contrer le processus de formation de métabolites amyloïdes dans les maladies métaboliques » indiquent les auteurs.

EGCG et acide tannique : des alliés révolutionnaires


La nouvelle recherche s’est concentrée sur l’EGCG et l’acide tannique en utilisant des tubes à essai et des systèmes de culture cellulaire. Les deux substances ont été testées sur trois métabolites (l’adénine, la tyrosine cumulée et la phénylalanine) liés à trois maladies métaboliques innées.

Les résultats étaient prometteurs. L’acide tannique et l’EGCG sont tous deux efficaces pour bloquer la formation de structures amyloïdes toxiques. Les chercheurs ont également utilisé des simulations informatiques pour vérifier le mécanisme qui entraîne les composés.

« Nous entrons dans une nouvelle ère de compréhension du rôle et de l’importance des métabolites dans diverses maladies, y compris les maladies métaboliques, les maladies neurodégénératives et même le cancer », concluent les auteurs. « Les outils que nous avons développés sont révolutionnaires et ont un énorme potentiel pour aider un large éventail de patients à l’avenir. »

© Blog Nutrition Santé – Jimmy Braun – Juillet 2018

Sources externes

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