• Appel aux malades atteints d’un cancer de la prostate hormono-résistant

    Chers amis,

    Nous souhaitons rentrer en contact avec des patients atteints de cancer de la prostate résistant au traitement hormonal c’est à dire avec un PSA élevé.

    L’équipe médicale.

    Merci de prendre contact au moyen du formulaire ci-dessous:


  • Non, les effets secondaires de l’hormonothérapie dans le cancer du sein ne sont pas à moitié psychosomatiques !

    Publié le mercredi 5 octobre 2016 - par Collectif Formindep 

    22/08/2016 L’université de Marburg publie une étude dans Annals of Oncology, consacrée au lien unissant les effets secondaires anticipés par les patientes et les effets finalement ressentis, dans le cadre d’un traitement par hormonothérapie après cancer du sein. L’étude est largement relatée dans les médias.

    Or il s’agit d’un nouveau cas dans lequel une étude peu conclusive est à la fois survendue par ses auteurs et très mal comprise par les médias qui la reprennent.

    Et cette étude en particulier soulève de nombreuses questions, à la fois scientifiques, médicales, et éthiques, et pourrait nuire aux patientes.

    Une communication trompeuse

    L’ hormonothérapie est un traitement administré après une opération du cancer du sein dans un but de prévention d’une récidive. Cette étude a tenté de prévoir les effets indésirables ressentis par les patientes après 3 mois, puis au bout de 2 ans de traitement, en fonction de 9 paramètres, dont l’anticipation d’effets secondaires par la patiente. Le résultat est décevant : sur une échelle de 0 (pouvoir explicatif nul) à 1, le modèle obtenu récolte une « note » de 0.17 pour sa capacité à prévoir les effets indésirables.[1]

    Le communiqué de presse [6] , rédigé par une consultante en communication, est cependant optimisé pour une reprise par la presse grand public, au point d’être trompeur.

    L’étude démontre une corrélation très limitée entre les attentes et les effets secondaires, mais aucun lien de causalité. Pourtant, le communiqué le laisse entendre en titrant : « S’attendre au pire augmente les effets secondaires ». Confondre corrélation et causalité est une erreur fréquente, ici délibérément exploitée par le communiqué de l’université.

    De plus, il met en avant une donnée chiffrée spectaculaire : +80% d’effets indésirables déclarés par les femmes pessimistes. Le communiqué insiste et parle même d’effets « presque doublés ». Ce n’est pourtant pas le résultat de l’étude. Après prise en compte des autres facteurs, l’étude conclut qu’anticiper des effets indésirables pourrait expliquer seulement 3% de leur variance à 3 mois, et 6% au bout de 2 ans.[2]

    Ce communiqué est une nouvelle illustration de la dérive communicante de la recherche. Pour soutenir leur carrière, mais aussi sous la pression de financeurs qui exigent des retombées industrielles et médiatiques, les chercheurs succombent parfois à la tentation de publier et communiquer de la façon la plus vendeuse et non la plus objective.

    Une étude aux faiblesses rédhibitoires

    Cette étude présente surtout de sérieuses faiblesses méthodologiques. Mais pour le comprendre il faut aller au-delà du communiqué et lire l’étude, d’ailleurs fournie en libre accès aux journalistes. Rares sont ceux qui comme Sharon Begley, journaliste vigie des études de santé, ont ainsi pu soulever ces différents points :

    • Il n’y a aucun groupe contrôle.
    • C’est une petite étude, avec 111 patientes au départ et 88 à la fin des deux années. Rien dans l’article scientifique n’indique le statut des 23 patientes perdues de vue vis-à-vis de leurs attentes initiales, ni des effets indésirables subis. Or cela peut suffire à invalider toute l’étude.
    • Surtout, les anticipations négatives des femmes vis-à-vis des effets secondaires peuvent être fondées sur leur expérience objective et non sur une attitude optimiste ou pessimiste. En effet, une femme qui a connu des symptômes sévères lors de sa ménopause sait que le traitement, d’un mécanisme similaire, risque chez elle de poser des effets indésirables particulièrement pénibles. Dans ce cas, son anticipation ne relève pas de la psychologie mais bien d’une réalité physiologique. Ce facteur majeur de confusion, c’est l’éléphant au milieu de la pièce, que les auteurs feignent de ne pas voir. Les auteurs n’ont pas du tout cherché à l’éliminer, or il pourrait à lui seul expliquer le lien observé entre anticipations et effets secondaires ! Interrogée sur ce point, l’auteure ne nous a plus répondu.

    Au total il s’agit d’une étude trop insuffisante, par son effectif comme par sa méthode, pour en conclure quoi que ce soit.

    Il faut sauver le soldat nocebo

    L’étude et le communiqué ne s’arrêtent pas à ces résultats indiquant un lien faible entre anticipations et effets secondaires. Après avoir fait des anticipations une « cause » d’effets secondaires, les auteurs vont passer directement à la conclusion que le « doublement » des effets secondaires signifierait donc que la moitié d’entre eux serait d’origine purement psychosomatique. C’est ce qu’on appelle l’effet « nocebo ».

    Pour soutenir cette thèse de l’origine psychosomatique des effet secondaires, les auteurs soulignent que beaucoup d’effets déclarés sont « non spécifiques », c’est-à-dire qu’ils les estiment « non attribuables à l’action du médicament », et attribuables par conséquent à l’effet nocebo. Problème : cette classification apparaît arbitraire et infondée. Exemple parmi bien d’autres : la perte de cheveux (alopécie) figure bel et bien comme effet « fréquent » dans le RCP du tamoxifene, ou de l’exemestane, les deux produits cités dans l’étude, et s’explique directement par leur action androgénique. Elle est pourtant classée par les auteurs parmi ces effets « nocebo ».

    Surtout, l’article ne présente aucune analyse statistique de ces effets « non spécifiques » vs « spécifiques », ou de leur lien avec les anticipations des patientes, et s’en tient à du pur déclaratif. Interrogée sur tous ces points, l’auteure principale ne nous a plus répondu.

    Au final, l’affirmation du caractère « nocebo » de ces effets indésirables ne repose ici sur aucune donnée chiffrée.

    L’impression générale est que les auteurs ont cherché à sauver coûte que coûte la thèse de l’effet nocebo malgré des résultats numériques peu probants. Il se trouve qu’ils ont deux types de conflits d’intérêts qui pourraient les pousser à cela.

    Trois des sept auteurs sont liés financièrement aux laboratoires commercialisant les médicaments concernés, qui se félicitent qu’on se propose d’imputer la responsabilité des effets indésirables aux patientes et non à leurs produits.

    Surtout, cette publication n’est que la première étape d’une étude lancée depuis 2013, destinée à modifier les attentes des patientes dans le but d’améliorer leur observance du traitement. Le communiqué fait d’ailleurs office également de teasing pour la suite. Mais intervenir sur l’effet nocebo n’a d’intérêt que si cet effet est substantiel, d’où peut-être la tentation des auteurs de pallier le manque de données probantes par des discussions spéculatives. Il est à noter que les interventions sur les effets placebo et nocebo sont l’unique sujet d’étude de cette unité de recherche, et que de l’ampleur de ces effets dépend l’existence même de ce laboratoire.

    Manipuler la patiente « pour son bien » ? Une pente dangereuse

    Enfin, la conclusion de l’étude soulève bien des questions : « Les attentes, en tant que facteurs iatrogènes, peuvent être modifiées par des interventions psychologiques.  » L’article préconise ainsi d’ « encourager les patients à voir les effets secondaires potentiels non comme des sources de plaintes mais comme le signal que la thérapie commence à produire son effet bénéfique.  »

    Or il n’existe pas de lien entre la survenue d’effets secondaires et l’efficacité d’un produit. Les auteurs proposent avec une candeur désarmante…de mentir aux patientes.

    L’étude risque également de légitimer une attitude trop fréquente de la part des soignants : minimiser voire nier le ressenti des patients. « Mais non, vous n’avez pas mal  » avec éventuellement l’option, parfois explicitée « C’est dans votre tête  ».

    Mais également leur mentir par omission, en choisissant par paternalisme de les « rassurer » plutôt que de les informer. Le commentaire de cette médecin lectrice du Figaro.fr montre bien que l’étude est perçue comme en opposition avec le devoir d’information :

    commentaire-medecin-hormonotherapie-figaro-fr

    L’information donnée aux femmes sur les effets secondaires de l’hormonothérapie, lourds et particulièrement fréquents (71% souffrent de douleurs articulaires dans cette étude par exemple, mais également 53% de prise de poids, 46% de bouffées de chaleur, entre autres) était déjà notoirement insuffisante. Au point que des patientes se sont réunies en association (AFICS ) pour tenter d’apporter l’information objective qu’elles n’ont pas reçue des soignants. Cette étude et le tapage médiatique qui l’entourent risquent de nuire davantage au droit à l’information de ces patientes.

    Elle risque également d’amener les patientes elles-mêmes à s’autocensurer et négliger de signaler des effets secondaires, en particulier si on les leur a décrits comme purs produits de l’effet nocebo. Or certains effets secondaires de l’hormonothérapie peuvent être graves (troubles thrombo-emboliques, cancers de l’endomètre). Considérer comme le suggère cette étude qu’une douleur dans la poitrine, une difficulté à respirer et des palpitations (trois effets ici classés « non spécifiques » pourtant signalés sur la notice) relèvent de l’effet nocebo, c’est risquer de passer à côté d’un effet secondaire connu et potentiellement mortel : l’embolie pulmonaire[3].

    Enfin, une information précise et objective est d’autant plus cruciale lorsque le rapport bénéfices/risques d’un traitement est tangent. Dans ce cas, se traiter ou non est une décision particulièrement subjective, puisque ce choix doit dépendre principalement des préférences du patient. C’est précisément le cas pour l’hormonothérapie. Le tamoxifene a prouvé qu’il pouvait sauver la vie de 4% des femmes (1 femme sur 25) au bout de 5 ans de traitement, et encore de 2.5% (1 femme sur 40) les 5 années de traitement suivantes.[4] En revanche, au bout de 10 ans, une étude récente de l’anti-aromatase letrozole ne démontre aucun bénéfice en termes de mortalité, en dépit d’une couverture médiatique récente, là encore aussi massive que trompeuse[5].

    Il appartient à chaque patiente de choisir pour elle-même, en fonction de ses risques et préférences personnels, entre ce bénéfice potentiel et le risque d’une qualité de vie altérée. Mais pour que ces femmes puissent exercer ce droit, il faut qu’on les informe et non qu’on les « rassure », encore moins qu’on les manipule. Nombreuses sont les patientes qui s’expriment sur les forums pour regretter de n’avoir pas eu ce choix.

    [1] Le coefficient de détermination R2 du modèle est ici de 0.40 à 3 mois et 0.17 à 2 ans.

    [2] « Patients’ baseline expectations predicted significant incremental variance components at 3 months (ΔR² = 0.03, P = 0.023) and 24 months (ΔR² = 0.06, P = 0.018).”

    [3] Le sur-risque d’embolie pulmonaire sous tamoxifene est de l’ordre de 1 embolie/1000 femmes par an.

    [4] Etude ATLAS

    [5]Comparer l’étude MA.17R avec sa couverture par les médias, par exemple sur Top Santé.

    [6] pm-annonc-expecting-the-worst

  • Le jeûne une nouvelle thérapie

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    Le bienfaits du jeûne thérapeutique.

  • Le cancer peut changer la perception du temps

    Publié le 26 Octobre 2016 sur Mercola.com mercola– Available in drapeau-royaume-uni

    Dr. Mercola

    Paul Kalanithi, décédé à l’âge de 37 ans en mars 2015, a écrit une série de récits poignants décrivant « l’étrange relativité » de vivre en ayant un cancer en phase terminale, et la façon dont cela ébranle votre perception de vous-même et du temps. voici ce qu’il a écrit :1

    « La conjugaison des verbes est devenue confuse. Laquelle était correcte ? ‘Je suis neurochirurgien’, ‘J’étais neurochirurgien’, ‘J’avais été et serai de nouveau neurochirurgien’ ? Graham Greene pensait que la vie était vécue dans les 20 premières années et que le reste n’était qu’un reflet.

    À quel temps vivais-je ? Est-ce que, à la manière d’un personnage épuisé de Greene, j’avais dépassé le temps présent et étais entré dans le plus que parfait ? Le futur semblait vide, et discordant dans la bouche des autres. J’étais récemment à ma 15ème réunion d’anciens élèves de l’université ; cela semblait impoli de répondre aux vieux amis qui me disaient en partant ‘on se revoit à la 25ème’ ! par ‘Probablement pas !’ »

    En plus de nombreuses questions, notamment sur le temps qu’il lui restait à vivre (à laquelle personne ne pouvait répondre avec certitude), Kalanithi a évoqué sa petite fille. Sachant qu’il ne la verrait probablement pas grandir, il voulait qu’elle sache quel bonheur elle lui apportait dans ses derniers instants, « un bonheur que je n’avais jamais connu jusqu’alors, un bonheur qui n’en appelle pas toujours plus, mais qui repose et laisse comblé. »2

    ‘Les journées sont longues, les années courtes’

    L’histoire de Paul Kalanithi a ému de nombreuses personnes. C’est le genre d’exemple qui vous arrête en pleine course, vous fait réfléchir profondément et peut changer votre façon de vivre. Comme il le disait, « les journées sont longues mais les années sont courtes. »

    Vous qui lisez ces lignes souffrez peut-être d’une maladie chronique. L’un de vos proches est peut-être malade, ou vous êtes peut-être en bonne santé mais très conscient que la santé est un cadeau qu’il ne faut pas tenir pour acquis.

    Dans le cas de Paul Kalanithi, les médecins ont découvert une mutation génétique spécifique liée à son cancer. Dans de nombreux autres cas, la cause est inconnue. Ce que nous savons, c’est que chaque membrane cellulaire du corps possède des récepteurs qui reçoivent divers signaux environnementaux, et ce mécanisme contrôle la « lecture » des gènes à l’intérieur des cellules.

    Vos cellules peuvent choisir de lire ou non l’empreinte génétique, en fonction des signaux reçus de l’environnement. Avoir un « programme de cancer » dans votre ADN ne signifie donc pas automatiquement que vous êtes destiné à avoir un cancer. Loin s’en faut. Cette information génétique peut ne jamais être exprimée.

    Le cancer est la seconde cause de décès aux États-Unis

    Malheureusement, malgré les dernières technologies et les « avancées » en médecine, le cancer continue de tuer des gens bien avant leur heure. Et le paradigme médical actuel reste ignorant quand aux causes sous-jacentes des cancers ainsi que sur la façon de les traiter efficacement.

    En 2015, on estime que 1,6 millions de nouveaux cas de cancers seront diagnostiqués aux États-Unis et que près de 600.000 décès seront liés au cancer.3 De plus, le risque de développer ou de mourir d’un cancer est incroyablement élevé.Pour les hommes américains, le risque à vie de développer un cancer est légèrement inférieur à 1 sur 2; pour les femmes, il est un peu plus de 1 sur 3.4

    Il existe de nombreuses causes de cancer, depuis certaines bactéries présentes dans votre bouche jusqu’à des virus, des substances chimiques environnementales, des radiations, etc.

    En 2010, les chercheurs ont étudié des centaines de momies égyptiennes ainsi que des témoignages littéraires de la Grèce antique et des études médicales sur l’homme et l’animal remontant jusqu’à l’âge des dinosaures.5

    Ils n’ont trouvé que des preuves de cancer extrêmement rares dans l’histoire et que ce serait donc une maladie de l’homme moderne: 6


    « Dans les sociétés industrialisées, le cancer est la deuxième cause de décès après les maladies cardiovasculaires. Mais dans les temps anciens, il était extrêmement rare. Il n’y a rien dans l’environnement naturel qui puisse causer le cancer. Il doit donc être une maladie créée par l’homme, liée à la pollution et aux changements de notre régime alimentaire et de notre mode de vie. »

    Ce qu’il est important de retenir est que de nombreux cas de cancer peuvent être évités, ce qui signifie que vous êtes habilités à prendre le contrôle de votre santé. Même les états de la Société américaine du cancer: 7


    « Une proportion importante de cancers pourraient être évités. Tous cancers causés par l’usage du tabac et la consommation excessive d’alcool pourraient être évités complètement …

    En outre, le World Cancer Research Fund a estimé que jusqu’à un tiers des cas de cancer qui se produisent dans les pays économiquement développés comme les États-Unis sont liés à la surcharge pondérale ou l’obésité, l’inactivité physique, et / ou une mauvaise nutrition, et pourrait donc aussi être évités « .

     

    On pense que le nombre de cancers va augmenter de presque 60% dans les 20 prochaines années

    Le Rapport Mondial sur le Cancer de 2014, publié par l’Organisation Mondiale de la Santé (OMS), prévoyait que le nombre de cancers allait augmenter de 57% dans les vingt prochaines années.8

    Le rapport qualifie cette prévision de « désastre humain imminent », soulignant que les pays du monde entier devraient recentrer leurs efforts sur la prévention et non uniquement sur le traitement de la maladie. Christopher Wild, directeur de l’Agence Internationale pour la Recherche sur le Cancer a déclaré sur CNN: 9

    « Nous ne pouvons pas prendre une voie sans issue en ce qui concerne le problème du cancer. Il est désespérément nécessaire d’aller plus avant dans la prévention et la détection précoce afin de compléter l’amélioration des traitements et de répondre à l’augmentation alarmante du fardeau du cancer au niveau mondial.« 

    En dehors du nombre de décès, il faut considérer le coût financier du traitement du cancer. D’après le rapport, le coût mondial du traitement du cancer était estimé, en 2010, à 1’160 milliards de dollars. Mais le rapport soulignait également qu’environ la moitié de tous les cancers pouvaient et auraient pu être évités si « les connaissances médicales avaient été utilisées ». Cela inclut l’encouragement de stratégies préventives telles que :

    • Une alimentation saine
    • La pratique d’une activité physique
    • L’arrêt du tabac
    • La réduction de la consommation d’alcool

    Le sucre nourrit-il le cancer ?

    Le vieil adage selon lequel le sucre nourrit le cancer est assez empreint de vérité. Selon une étude ancienne, les femmes âgées qui boivent beaucoup de soda ou d’autres boissons sucrées peuvent courir un risque nettement accru de cancer de l’endomètre 10– un cancer dépendant des œstrogènes qui affecte la muqueuse de l’utérus chez la femme.

    De précédentes recherches ont également montré que le fructose peut favoriser le développement du cancer de nombreuses façons, notamment :

    • En altérant le métabolisme cellulaire
    • En augmentant les dérivés réactifs de l’oxygène (radicaux libres)
    • En endommageant l’ADN
    • En provoquant une inflammation

    En 2010, les chercheurs ont également publié des découvertes indiquant que les cellules cancéreuses utilisent couramment le fructose pour augmenter leur prolifération.11 Les cellules cancéreuses ne réagissent pas au glucose de la même façon. Les cellules cancéreuses utilisées pour cette étude étaient celles d’un cancer du pancréas, qui est généralement considéré comme le cancer le plus mortel et le plus foudroyant.

    Les chercheurs ont découvert que les cellules cancéreuses se développent effectivement grâce au sucre (glucose). Toutefois, les cellules utilisaient le fructose pour la division cellulaire, et accélérer la croissance et la propagation du cancer. Cette différence a clairement des conséquences majeures, et doit être prise en compte par toute personne suivant un traitement contre le cancer ou cherchant à prévenir le cancer, en particulier en évitant de consommer des aliments et boissons transformés contenant du fructose.

    L’activité physique est un autre acteur clé

    Des éléments de plus en plus nombreux prouvent que le sport peut être un élément de succès clé dans la prévention et le traitement du cancer. Les études ont montré également qu’il peut aider à empêcher les récidives, c’est donc véritablement un triple-gagnant. Et pourtant, sans surprise, peu d’oncologues suggèrent à leurs patients de pratiquer une activité physique en dehors de leurs activités quotidiennes, et de nombreux patients atteints de cancer sont réticents à pratiquer une activité physique, ou même à en parler avec leur oncologue.

    Les recherches présentées au Congrès International du Cancer du Foie en 2013, montrent par exemple, que les souris qui ont fait une heure d’exercice par jour sur un tapis roulant motorisé, cinq jours par semaine et pendant 32 semaines, ont connu moins d’incidents de cancer du foie que les souris sédentaires.12 Un rapport publié par l’organisation britannique Macmillan Cancer Support a également fait valoir que l’exercice devrait vraiment faire partie des soins standards du cancer. Il a recommandé que l’on dise à tous les patients qui reçoivent un traitement pour le cancer, de se livrer à un exercice d’intensité modérée pendant deux heures et demie chaque semaine, précisant que les conseils de se reposer et ne pas se dépenser après le traitement est une notion désuète.13

    La recherche a même montré que les patients atteints de cancer du sein ou du côlon qui ont une activité physique régulière ont moitié moins de récidives que les autres. Le Centre Macmillan Support souligne également que l’activité physique peut vous aider à atténuer certains des effets secondaires courants des traitements conventionnels contre le cancer ; elle peut notamment :14

    Réduire la fatigue et améliorer votre niveau d’énergie Aider à gérer le stress, l’anxiété, la baisse de moral ou la dépression Améliorer la santé des os
    Améliorer la santé du cœur (certains traitements de chimiothérapie et de radiothérapie peuvent entrainer des problèmes cardiaques plus tard dans la vie) Développer la force musculaire, soulager la douleur et améliorer l’amplitude de mouvement Aider à maintenir un poids sain
    Améliorer la qualité du sommeil Améliorer l’appétit  

    Mes 12 meilleures stratégies de prévention du cancer

    1. Préparation des aliments : mangez au moins un tiers de vos aliments crus. Évitez les fritures et les grillades ; privilégiez plutôt la cuisson à l’eau, à la vapeur ou le pochage. Pensez à ajouter des aliments anti-cancer à votre alimentation, aliments complets, herbes aromatiques, épices et suppléments, comme des brocolis, des myrtilles et du resvératrol.
    2. Glucide et sucre : réduisez ou éliminez de votre alimentation les aliments transformés, sucre/fructose et les aliments à base de céréales. Cela s’applique aussi aux céréales entières bio non transformées car elles ont tendance à se décomposer rapidement et à faire grimper votre taux d’insuline.

      Les preuves indiquent clairement que si vous voulez éviter le cancer, ou si vous souffrez d’un cancer, vous DEVEZ absolument éviter toutes formes de sucre, en particulier le fructose, qui nourrit les cellules cancéreuses et favorise leur développement. Votre apport total de fructose, comprenant les fruits, ne doit pas dépasser 25 grammes par jour environ.

    3. Protéines et graisses : envisagez de réduire votre consommation de protéines à un gramme par kilo de poids corporel maigre. La plupart des adultes n’ont pas besoin de plus de 100 grammes de protéines par jour, voir même très probablement la moitié. Remplacez l’excès de protéines par des graisses de haute qualité, comme des œufs bio de poules élevées en plein air, des viandes de pâturages de qualité, du beurre cru, des avocats et de l’huile de coco.
    4. OGM : évitez les aliments génétiquement modifiés car ils sont généralement traités avec des herbicides comme le Roundup (glyphosate), et susceptibles d’être cancérigènes. Une équipe de chercheurs français qui a étudié le Roundup de façon poussée a conclu qu’il est toxique pour les cellules humaines, et probablement cancérigènes. Choisissez des aliments frais, bio, et de préférence locaux.
    5. Acides gras oméga-3 d’origine animale : normalisez votre ratio d’acides gras oméga-3 / oméga 6 en consommant de l’huile de krill de haute qualité et en réduisant vos apports d’huiles végétales transformées.
    6. Probiotiques naturels : optimiser votre flore intestinale réduira l’inflammation et renforcera votre réponse immunitaire. Les chercheurs ont découvert un mécanisme dépendant des microbes par lequel certains cancers développent une réponse inflammatoire qui nourrit leur développement et leur propagation. Ils suggèrent qu’inhiber les cytokines inflammatoires peut ralentir la progression du cancer et améliorer la réaction à la chimiothérapie.

      Ajouter quotidiennement des aliments fermentés naturellement, notamment des légumes fermentés à votre alimentation, est un moyen simple de prévenir le cancer ou d’accélérer la guérison. Vous pouvez toujours ajouter également un supplément de probiotiques de haute qualité, mais les aliments naturellement fermentés sont meilleurs.

    7. Le sport : le sport fait baisser le taux d’insuline, ce qui crée un environnement glycémique faible, défavorable au développement et à la propagation des cellules cancéreuses. Au cours d’une étude qui a duré trois mois, portant sur des personnes ayant survécu au cancer et qui venaient juste de terminer leur chimiothérapie, il a été découvert que le sport renforçait les cellules immunitaires combattant la maladie.

      Les chercheurs et les organisations dans le domaine du cancer recommandent de plus en plus de faire d’une activité physique régulière une priorité afin de réduire vos risques de cancer et d’aider à améliorer les issues des cancers. La recherche a également découvert des éléments suggérant que le sport peut contribuer à déclencher l’apoptose (la mort programmée des cellules) des cellules cancéreuses.

      Idéalement, votre programme d’exercices doit comprendre des exercices d’équilibre, de renforcement, de souplesse ainsi qu’un entrainement par intervalle à haute intensité (HIIT). Pour vous aider à démarrer, consultez mon Programme de Peak Fitness.

    8. La vitamine D : il existe des preuves scientifiques indiquant que vous pouvez diminuer votre risque de cancer de plus de la moitié simplement en optimisant votre taux de vitamine D, en vous exposant au soleil de façon appropriée. Votre taux sanguin devrait être maintenu à un niveau stable entre 50 et 70 ng/ml, mais si vous suivez un traitement contre le cancer, il doit être plus proche de 80 à 90 ng/ml pour un bienfait optimal.

      Si vous prenez de la vitamine D par voie orale et souffrez d’un cancer, il serait très prudent de contrôler votre taux sanguin de vitamine D régulièrement, et de prendre un supplément de vitamine K2 car une carence en K2 provoque les symptômes d’une intoxication à la vitamine D.

    9. Le sommeil : il est important de dormir suffisamment, d’un sommeil réparateur. Un mauvais sommeil peut interférer avec votre production de mélatonine, qui est associée à l’augmentation du risque de résistance à l’insuline et au gain de poids, les deux contribuant à la virulence du cancer.
    10. Exposition aux toxines : réduisez votre exposition aux toxines environnementales telles que pesticides, herbicides, produits d’entretien chimiques, plastiques, désodorisants synthétiques et produits cosmétiques toxiques.
    11. Exposition aux radiations : limitez votre exposition et protégez-vous des radiations émises par les téléphones portables, antennes, stations de base et bornes wi-fi, et minimisez votre exposition aux rayonnements émis par les scanners médicaux, notamment les radios dentaires, scanners (CT) et les mammographies.
    12. Gestion du stress : le stress, toutes causes confondues, contribue de façon majeure à la maladie. Il est probable que le stress et les problèmes émotionnels non résolus soient plus importants que les problèmes physiques, il est donc important de vous assurer qu’ils soient gérés. Mon outil favori pour résoudre les problèmes émotionnels est la Technique de Libération Émotionnelle (EFT).

    Êtes-vous atteint d’un cancer ?

    L’une des stratégies les plus importantes que je connaisse pour traiter le cancer est d’affamer ses cellules en les privant de leur source d’alimentation. Contrairement à vos cellules corporelles, qui peuvent brûler indifféremment les glucides ou les graisses comme carburant, les cellules cancéreuses ont perdu cette flexibilité métabolique. Il a été décerné un prix Nobel au Dr. Otto Warburg qui a fait cette découverte il y a plus de 75 ans, et pourtant presque aucun cancérologue n’utilise cette information.

     

    Source et Référence
  • Cancer : de nouveaux traitements qui ciblent le métabolisme, pas les cellules

    Publié par guerir.org le 10 juillet 2015, 15:15

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    Cancer : de nouveaux traitements plus efficaces avec peu d’effets secondaires. Ce qu’écrivait David Servan-Schreiber est confirmé par le cancérologue L. Schwartz et par d’autres médecins : « Affamer les cellules cancéreuses en les privant de glucose » = Plutôt que chercher à tuer les cellules cancéreuses avec d’inévitables effets sur les cellules normales, « cibler le métabolisme de la cellule cancéreuse, tout en préservant les cellules saines » ….. 

    1. DAVID SERVAN-SCHREIBER ET L’HYPOTHÈSE WARBURG  

    Dès 2007 dans Anticancer, David Servan-Schreiber nous alertait sur le rôle du sucre et de l’angiogénèse dans le développement et dans le métabolisme du cancer (0). David rappelait cette affirmation du Dr. Otto Warburg en 1924 : « la première cause de cancer est le remplacement de la respiration à base d’oxygène dans les cellules normales de l’organisme, par la fermentation du sucre. »(22)

    Entre 2007 et 2010, David nous expliquait comment « le cancer se nourrit de sucre »(4)(5), que « les aliments à index glycémique élevés entrainent la libération d’hormones comme l’insuline* et le facteur de croissance IGF. A leur tour, ces hormones stimulent les facteurs d’inflammation et la croissance des cellules cancéreuses ». 

    * L’insuline est produite dans le pancréas pour aider à maîtriser le taux de glucose dans le sang (la glycémie). Ainsi, l’insuline régule l’homéostasie glucidique et contribue au métabolisme des lipides et protéines. Cependant elle agit également comme facteur de croissance des cellules en inhibant l’apoptose. Or l’apoptose permet d’éliminer les cellules qui présentent des dommages de l’ADN et de maintenir un bon équilibre. L’insuline bloquant l’apoptose, les cellules cancéreuses se développent. C’est ainsi que le sucre nourrit votre cancer…(4) 

    Donc préventivement, David recommandait de changer nos habitudes alimentaires pour une action anti-inflammatoire et anti-angiogénèse (anti-promoteurs du cancer).

    Notamment, David préconisait un régime à index glycémique bas afin de freiner la croissance des cellules cancéreuses, renforcer les traitements classiques et en limiter les effets secondaires. 

    Depuis, de nombreuses études ont confirmé le lien entre la quantité d’aliments à index glycémique élevé et le risque de développer un cancer. Leur conclusion est que le sucre nourrit les cellules cancéreuses, et que la privation de sucre dans les cellules tumorales entraîne leur mort.   

    Or plusieurs années après David, le Pr Laurent Schwartz, chercheur cancérologue, reprend cette hypothèse Warburg et va plus loin (voir chap. 1. Approche métabolique des cancers).

    2. APPROCHE MÉTABOLIQUE DES CANCERS 

    Aujourd’hui, selon Laurent Schwartz, 

    le CANCER serait, comme le diabète, Alzheimer ou Parkinson, une maladie du fonctionnement métabolique (cf: syndrome métabolique)(28).

    – Ces maladies recèlent un dysfonctionnement simple : un problème de DIGESTION DU SUCRE (1). Autrement dit, les cellules cancéreuses ont une manière bien spécifique de métaboliser les nutriments pour leur croissance (3). Le métabolisme des tumeurs cancéreuses est donc largement dépendant de leur consommation de glucose. 

    – Donc plutôt que chercher à tuer les cellules cancéreuses avec d’inévitables effets sur les cellules normales (conséquences parfois désastreuses sur la santé globale), il est possible de cibler le métabolisme de la cellule cancéreuse tout en préservant les cellules saines.  

    En d’autres termes, les cellules cancéreuses ont un métabolisme énergétique différent de celles saines, notamment concernant le glucose. Cette particularité est mise à profit dans l’approche dite “métabolique” du traitement du cancer (24).

    Il s’agit ainsi de rétablir un bon fonctionnement métabolique avec une combinaison de molécules appropriées. De nouvelles voies de traitement sont donc à explorer, par exemple des traitements expérimentaux à base de médicaments prescrits pour d’autres indications – notamment des antidiabétiques. 

    Le cancer est une maladie du vieillissement. Or notre vieillissement métabolique dépend essentiellement de notre environnement et de notre mode de vie. 

    Le cancer est un dérèglement du métabolisme cellulaire, « probablement une simple maladie de la digestion cellulaire. En corrigeant ces anomalies nous espérons guérir les malades »(20). Comme ces anomalies métaboliques sont le fait des seules cellules cancéreuses, le traitement métabolique n’a que peu d’effets secondaires

    3. AFFAMER LES CELLULES CANCÉREUSES EN LES PRIVANT DE GLUCOSE 

    Ce qu’écrivait David il y a 8 ans, L. Schwartz le confirme aujourd’hui : « s’intéresser au métabolisme lorsqu’une personne capte trop de sucres que le corps n’arrive pas à brûler… faute d’oxygène » ; « ne parvenant pas à absorber les aliments, en particulier le glucose, les cellules cancéreuses fermentent et se divisent sans cesse », créant une inflammation chronique.

    En bref, un excès de nourriture* crée une inflammation chronique. Et « l’incapacité à brûler complètement déclenche un cancer ». Car « la vie synthétise ou brûle ». Or « le cancer est un état hybride qui synthétise et qui brûle, il est la résultante d’un conflit entre deux signaux simultanés incohérents. C’est donc ce désordre, cette inflammation chronique, qui doit être la cible des traitements »(8).

    * Excès de nourriture = surtout l’excès de sucres (qui créent de l’inflammation et favorisent l’angiogénèse) y compris féculents, et de mauvaises graisses (celles qui augmentent l’inflammation).

    « La cellule cancéreuse est inondée de glucose qu’elle ne peut digérer et donc elle grossit. Et pour que le cancer arrête de grossir il faut que ces cellules cessent de consommer trop de sucre et qu’elles puissent le brûler. Il faut aussi les empêcher de fabriquer les membranes cellulaires. A ce jour nous agissons donc à trois niveaux »(13) :

    – Diminuer l’apport en glucose ;

    – Permettre à la cellule tumorale de brûler ce glucose ;

    – Empêcher la synthèse des membranes cellulaires et donc la croissance tumorale, l’angiogénèse tumorale**(0).

    Comme la digestion du sucre est bloquée dans la cellule (trop de glucose qu’elle ne peut brûler), « celle-ci grossit pour se diviser ; comme elle grossit, la tumeur est sous pression et les métastases s’échappent à distance »(20). Or si l’on bloque le métabolisme glycémique et donc l’apport d’énergie, ces cellules meurent.

    Des études le confirment encore : « La privation de sucre augmente la concentration en radicaux libres dans les cellules tumorales, entrainant leur mort »(6). En même temps, une interruption de courte durée du métabolisme énergétique n’a pas d’incidence sur les cellules normales (1) : lorsque les cellules saines ne peuvent plus utiliser le glucose comme combustible, elles s’orientent vers les acides gras. 

    En fait, il s’agit de priver les cellules cancéreuses et uniquement celles-là, des éléments nécessaires à leur croissance et leur multiplication : couper l’approvisionnement en nourriture des tumeurs et cellules cancéreuses, en retirant le glucose pour les affamer (21)

    ** DSS dans Anticancer : « Folkman et O’Reilly ont établi de façon définitive le rôle de l’angiogenèse dans le métabolisme du cancer et transformé de fond en comble notre conception du traitement anticancéreux » : 

    L’angiogenèse, c’est la production de nouveaux vaisseaux sanguins. Elle est indispensable à tout tissu en cours de développement (processus physiologique normal)  mais y compris au tissu tumoral (processus pathologique de croissance des tumeurs malignes et développement des métastases).

    En effet, « pour survivre les tumeurs ont besoin d’être profondément infiltrées de capillaires » et d’un flux sanguin accru. Donc « pour grandir, les tumeurs cancéreuses détournent à leur profit cette capacité du corps à créer de nouveaux vaisseaux sanguins ». Or « en attaquant leurs vaisseaux sanguins au lieu de s’attaquer aux cellules elles-mêmes, on doit pouvoir assécher une tumeur existante et la faire régresser ». 

    4. DE NOUVEAUX TRAITEMENTS PLUS EFFICACES, ET PEU D’EFFETS SECONDAIRES  

    En bref,  L. Schwartz cherche à remplacer les traitements classiques visant à détruire les cellules cancéreuses (avec le risque de détruire aussi les cellules saines) par des traitements visant à affamer les cellules tumorales en les privant de glucose sans affecter les cellules saines (nouvelle « voie métabolique »). Parmi ces traitements :

    ––  traitements expérimentaux à base de médicaments prescrits pour d’autres indications, notamment un antidiabétique très courant, la metformine(9). Les études épidémiologiques indiquent que les patients diabétiques sous metformine traités pour cancer avaient un meilleur pronostic que des non diabétiques. Problème : ces médicaments anciens n’intéressent pas les labos pharmaceutiques… qui attendent des profits !  

    –– Régime Cétogène : très pauvre en sucres mais riche en graisses (quand les cellules ne peuvent plus utiliser le glucose comme combustible, elles s’orientent vers les acides gras) (en savoir plus : 14).

    –– Coenzyme Q10 (Ubiquinone) (15)(19) : La fatigue et le manque d’énergie vitale, c’est tout d’abord une perte d’énergie cellulaire. Cet état indique que le métabolisme fonctionne mal, notamment le système énergétique, c’est-à-dire le processus de conversion des aliments en énergie. Afin de ralentir le processus du vieillissement, la première des choses est d’adopter une stratégie d’amélioration mitochondriale.

    Car la diminution de la production d’ATP mitochondrial est au coeur de toute maladie mais aussi du vieillissement. Or la coenzyme Q10 est le cofacteur mitochondrial majeur (29).

    Proche parente de la vitamine K par sa structure chimique, la CoQ10 est aussi un antioxydant. Cette coenzyme active la production d’énergie sur le plan cellulaire, jouant un rôle fondamental dans la synthèse d’ATP(réserve d’énergie de la cellule) par les mitochondries. Tous les processus physiologiques qui exigent une dépense énergétique ont besoin de CoQ10. Elle est d’ailleurs présente dans tout l’organisme, notamment dans le coeur, dans les tissus de tous les organes qui jouent un rôle dans le système immunitaire. Il a d’ailleurs été démontré que la CoQ10 stimulait le système immunitaire et pouvait inhiber la prolifération ou la croissance de cellules cancéreuses (en savoir plus : 15, 27)

    –– Acide gras alpha-lipoïque (16)(19) : autre composante du métabolisme énergétique de la mitochondrie et du recyclage de la Coenzyme Q10 oxydée. Ce coenzyme complexe aide également à régénérer et recycler d’autres antioxydants, notamment la vitamine E et C et le glutathion (17). Agit sur le métabolisme du glucose. Est utilisé en Allemagne pour le traitement des neuropathies diabétiques (24).

    –– Une combinaison particulière, comprenant de l’acide lipoïque et de l’hydroxicitrate (traitement Metabloc), a montré une efficacité analogue à la chimiothérapie anticancéreuse, mais présentant bien moins d’effets secondaires (18).

    –– Hydroxycitrate (HCA) : Complément alimentaire utilisé pour perdre du poids = enzyme extra-mitochondriale intervenant dans le métabolisme des lipides. Indispensable à la jonction du métabolisme cellulaire des glucides et des lipides. Empêche la synthèse des membranes cellulaires et donc la croissance tumorale, l’angiogénèse tumorale(13). Dans l’approche du cancer, cette molécule est utilisée en association avec l’acide alpha-lipoïque. 

    –– Acétyl-L-carnitine (ALC) : Des changements des mitochondries surviennent avec l’âge, notamment l’altération de la membrane mitochondriale, avec une réduction des niveaux de cardiolipine, de coenzyme Q10 et de la concentration en carnitine. Or l’ALC restaure le potentiel des membranes des mitochondries, et le niveau de cardiolipine. L’ALC facilite le transport des acides gras dans les mitochondries et augmente la respiration cellulaire globale. L’ALC est donc indispensable à la régénération cellulaire dans le cerveau, le cœur, le foie et le système nerveux périphérique(19). En facilitant le transport des acides gras dans les mitochondries (centrales énergétiques des cellules), l’ALC optimise la transformation des acides gras en énergie. En d’autres termes, elle permet aux graisses alimentaires d’être plus facilement converties en énergie et en muscle (21). Mais c’est particulièrement en conjonction avec l’acide alpha-lipoïque et la coenzyme Q10 que ses effets sont les plus étonnants. 

    –– Vitamine D : Joue un rôle primordial dans le maintien de l’homéostasie phospho-calcique (…) Sa carence a donc des conséquences biologiques et cliniques pouvant aboutir à des troubles du métabolisme phospho-calcique. Mais surtout, la vitamine D est aujourd’hui considérée comme étant « un régulateur physiologique de la prolifération-différenciation de nombreux types cellulaires », et comme « un modulateur des défenses immunitaires de l’organisme (…) ». Depuis quelques années, les chercheurs soulignent le rôle essentiel de la vitamine D sur le système immunitaire : les personnes en déficit de vitamine D augmentent leurs risques de cancers, de maladies auto-immunes ou de maladies neurodégénératives…(26).

    Plus récemment, « des chercheurs ont montré le lien entre niveaux de vitamine D et fonction mitochondriale (les mitochondries transforment le glucose et l’oxygène pour produire de l’énergie pour faire fonctionner la cellule sous forme d’une molécule riche en énergie appelée ATP) ». Or « ces mitochondries permettent aux muscles de travailler efficacement et augmenter leurs niveaux d’énergie »(30) … 

    –– Oméga-3 : « Il a été démontré qu’une alimentation riche en acides gras oméga-3 augmente directement la concentration de cardiolipine des membranes mitochondriales »(21). Privilégier les acides gras polyinsaturés de type oméga-3 EPA, DHA ou ALA (saumon, sardine, maquereau, graines de lin, noix, etc.) ou monoinsaturés de type oméga-9 (huile d’olive, olives, avocat, huile de canola, etc.). 

    –– Curcuma : En oncologie intégrative, du curcuma pour relancer l’action des mitochondries (23)

    –– Chronobiologie et métabolisme : la chronothérapie qui tient compte des Rythmes Biologiques améliore le traitement du cancer (en savoir plus : 25)

    –– Exemple d’action à 3 niveaux (13) :

    – Naltrexone (Revia) à faible dose pour diminuer l’apport en glucose.

    – Acide Lipoïque qui permet à la cellule tumorale de brûler ce glucose.

    – Hydroxicitrate pour empêcher la synthèse des membranes cellulaires.

    — Bernard78.Bernard Arsac pour guerir.org

        (dernière mise à jour le 24/09/2015)

    (0) – http://www.guerir.org/dossiers/description-de-la-maladie/la-formation-d-un-cancer.htm (Formation d’un cancer – Propriétés des cellules cancéreuses et de la tumeur).

    (1) http://future.arte.tv/fr/cancer-innovation (Cancer: la piste oubliée).

    (3) http://www.rtflash.fr/nouvelle-approche-qui-cible-metabolisme-cellules-cancereuses/article (Nouvelle approche ciblant le métabolisme des cellules cancéreuses).  

    (4) http://www.guerir.org/dossiers/diminuer-les-sucres/index.htm (Cancer: diminuer les sucres).

    (5) http://www.guerir.org/david-servan-schreiber/billets-de-blog/confirmation-2009-ne-donnez-pas-de-sucre-au-cancer-du-sein.htm  (Ne donnez pas de sucre au cancer ).

    (6) http://www.sciencedaily.com/releases/2012/06/120626131854.htm (Glucose deprivation activates feedback loop that kills cancer cells).

    (7) http://www.larecherche.fr/savoirs/entretien/laurent-schwartz-il-faut-simplifier-notre-vision-du-cancer-01-11-2008-78149 (simplifier notre vision du cancer).

    (8) http://www.lepoint.fr/editos-du-point/anne-jeanblanc/traitement-du-cancer-pourrait-on-faire-beaucoup-mieux-30-01-2013-1621991_57.php#xtor=CS2-238 (Traitement du cancer : pourrait-on faire beaucoup mieux ?).

    (9) – http://www.docteurjd.com/2012/12/04/cancer-faire-du-neuf-avec-du-vieux-les-promesses-de-la-metformine/ (Cancer : faire du neuf avec du vieux, les promesses de la Metformine)

    http://gestionsante.free.fr/journal_de_bord_0412.htm (La metformine : des effets potentiels remarquables en prévention du vieillissement et des pathologies associées, notamment le cancer, en plus de ses effets déjà connus pour le diabète de type 2) 

    http://www.fondation-arc.org/A-la-Une/metformine-un-anti-diabetique-qui-protege-contre-les-cancers.html  (Metformine : un anti-diabétique contre les cancers ?)

    http://www.medscape.fr/voirarticle/3382049 (La metformine, traitement adjuvant du cancer ?)

    http://www.em-consulte.com/en/article/808269 (Metformine et cancer : de nouvelles perspectives pour un ancien médicament) 

    (10) http://guerir-du-cancer.fr/index.php/2016/07/17/temoignage-dhenri-verdier/  (Cas de cancer de la prostate : Lactoferrine, puis Metformine et Voltaren, avec succès).

    (13) https://cancerologieveterinaire.wordpress.com/2013/10/23/garcinia-cambogia-et-hydroxycitrate-applications-therapeutiques-en-cancerologie/ (Garcinia cambogia et hydroxycitrate : applications thérapeutiques en cancérologie).

    (14) https://www.facebook.com/notes/guerirorg/le-r%C3%A9gime-c%C3%A9tog%C3%A8ne-aide-%C3%A0-combattre-le-cancer/979331578796480 (Le régime cétogène aide à combattre le cancer). 

    (15) https://www.facebook.com/notes/guerirorg/coenzime-q10-un-anticancer-dans-vos-cellules-/967129533350018 (Coenzyme Q10, un Anticancer dans vos cellules !).

    (16) http://odlg.org/3977/Acide-Alpha-Lipoique-Bienfaits-Proprietes-Effets-Secondaires  et

    http://www.biolineaires.com/articles/complements-alimentaires/521-l_acide-alpha-lipoique.html#.VZCURfl_uyU (Acide Alpha Lipoïque : Bienfaits, Propriétés, Effets secondaires ?).

    (17) http://www.masantenaturelle.com/chroniques/chroniques2/acide-alpha-lipoique.php (Acide alpha-lipoïque, autre composante du métabolisme énergétique de la mitochondrie et du recyclage de la CoenzymeQ10 oxydée).

    (18) http://www.la-maison-du-cancer.com/magazine/la-salle-de-soins/traitement/il-nous-faut-explorer-de-nouvelles-voies-de-traitement (Cancer: Explorer de nouvelles voies de traitement).

    (19) http://www.sofibio.com/media/catalog/magazine/pdfs/Magazine_24_oct.nov.dec_2013.pdf (Renforcer naturellement les défenses antioxydantes de l’organisme).

    (20) http://www.20minutes.fr/vousinterviewez/1092215-20130201-cancer-interviewe-cancerologue-laurent-schwartz  (Interview du cancérologue Laurent Schwartz).

    (22) http://fr.sott.net/article/14252-Cancer-et-Sucre-Strategie-pour-affamer-le-cancer  (Cancer et Sucre – Stratégie pour affamer le cancer…). 

    (23) http://oncologieintegrative.blog.fr/2010/02/12/le-curcuma-pour-relancer-l-action-des-mitochondries-7993610/ (Curcuma…).

    (25) https://www.facebook.com/notes/guerirorg/cancer-la-chronoth%C3%A9rapie-qui-tient-compte-des-rythmes-biologiques-am%C3%A9liore-le-tr/635257229870585 (Cancer : la Chronothérapie qui tient compte des Rythmes Biologiques améliore le traitement).

    (26) https://www.facebook.com/notes/guerirorg/cancer-de-la-prostate-la-vitamine-d-peut-arr%C3%AAter-la-progression-des-tumeurs/923465277716444 (Cancer de la prostate : la vitamine D peut arrêter la progression des tumeurs) ou

    https://www.facebook.com/notes/772600809469559/  (Ultraviolets, vitamine D et cancers : risques et bénéfices).

    (27) http://www.zoelho.com/ZoelhoFR/Publish/index.htm#t=Basiselementen%2FLichaamshulpstoffen%2FCoenzymen.htm (Les coenzymes) ->

    http://www.cancer.be/complementsalimentaires/20478 (Co-enzyme Q10). 

    (28) https://fr.wikipedia.org/wiki/Syndrome_m%C3%A9tabolique (Syndrome métabolique) et

    http://www.passeportsante.net/fr/Maux/Problemes/Fiche.aspx?doc=syndrome_metabolique_pm  (Le syndrome métabolique).

    (29) http://www.nutranews.org/sujet.pl?id=926 (Le métabolisme fonctionne mal : Améliorer le fonctionnement des mitochondries). 

    (30) http://www.santelog.com/news/rhumatologie/efficacite-musculaire-la-vitamine-d-stimule-les-muscles-de-l-interieur-des-cellules_10190_lirelasuite.htm#lirelasuite (La vitamine D apporte de l’énergie en stimulant les muscles de l’intérieur des cellules).

    (31) https://www.facebook.com/notes/guerirorg/le-m%C3%A9tabolisme-talon-dachille-des-cellules-canc%C3%A9reuses/536390739757235 (Le métabolisme, talon d’Achille des cellules cancéreuses).  

  • Le régime cétogène

    Publié par ZOELHO (c) 2006 – 2016, Paul Van Herzele PharmD

    Les nouveaux-nés exclusivement nourris au sein entrent dans un état de cétose dans les 12 heures qui suivent la naissance, et les cétones obtenues assurent 25% de leurs besoins énergétiques.

    L’organisme de nos ancêtres utilisait le glucose pour sa production énergétique lorsque la nourriture disponible était principalement d’origine végétale, ou il brûlait des cétones en périodes de disette ou en cas de nourriture majoritairement animale. Ils étaient donc principalement en cétose, parfois durant des mois.

    Notre corps et notre cerveau se sont donc développés… avec des cétones. Mais notre style de vie actuel est complètement différent. Aujourd’hui, seuls les Esquimaux sont restés un peuple cétogène!

    Cétose? Régime cétogène?

    Quelques explications.

    Sommaire :

    La production énergétique naturelle
    Les avantages
    L’état de cétose nutritionnelle
    Le régime cétogène
    Les précautions
    Côté pratique

    Contenu :

    La production énergétique naturelle       Top

    Les muscles et les organes peuvent puiser leur énergie dans des sucres, ou directement dans les acides gras provenant soit des réserves de graisse corporelle, soit d’aliments riches en graisses.

    En effet, les sucres doivent d’abord être dégradés en pyruvate (glycolyse) dans le cytoplasme, avant d’être transformés en Acétyl-CoA par voie enzymatique en aérobie dans les mitochondries (décarboxylation oxydative), ou d’une façon peu efficace dans le cytoplasme via la glycolyse en anaérobie.

    Les acides gras sont le fournisseur d’énergie idéal pour toutes les cellules de notre corps (9 kcal/g de graisse vs 4 kcal/g de sucres), hormis celles du cerveau. C’est pourquoi les mitochondries des cellules nerveuses du cerveau ne sont pas conçues pour cette forme inefficace et nocive (en ce qui les concerne) de combustion des graisses, et les enzymes-clés nécessaires à la dégradation des acides gras (bêta-oxydation) ne s’y trouvent qu’en très faibles quantités. En revanche, la combustion des cétones dans les mitochondries s’avère extrêmement efficace – plus encore que celle du glucose –, très rapide et très propre car elle produit peu de ROS et de CO2 (—> poumons).

    Toutefois, via le cycle de Krebs, les acides gras brûlent avec une efficacité relativement faible et de façon assez « sale » : ils ont besoin de beaucoup d’oxygène, produisent de grandes quantités de radicaux libres et d’espèces réactives liées à l’oxygène (ROS) nocifs pour les cellules (et ses mitochondries), et leur production d’énergie est relativement lente. Ces trois facteurs les rendent inaptes à fournir suffisamment vite l’énergie dont notre cerveau, organe extrêmement actif et sensible, a besoin.

    Des acides gras à chaîne courte et moyenne (medium-chain fatty acid (MCFA) of MCT (Medium Chain Triglycerides ou TCM) d’origine alimentaire peuvent être traités complètement et tels quels par les mitochondries, tandis que les acides gras à chaîne longue nécessitent un porteur, la L-carnitine. Ensuite, ces acides gras peuvent être directement dégradés en Acétyl-CoA (bêta-oxydation).

    En cas d’excès de sucres alimentaires, la mise à disposition pour la combustion des acides gras provenant de nos réserves adipeuses est par contre nettement plus difficile. L’ingestion de sucres inhibe en effet la capacité de l’organisme d’accéder et de brûler des graisses.

    Avec l’Acétyl-CoA, la production d’ATP (notre batterie chimique) démarre. Dans les mitochondries, l’Acétyl-CoA est d’abord oxydé, libérant des électrons qui via le cycle de Krebs > la chaîne de transport d’électrons (chaîne respiratoire)> phosphorylisation oxydative > produisent des molécules ATP. Cet ATP est ensuite libéré par les mitochondries dans le cytoplasme cellulaire, prêt à être employé comme source d’énergie dans de nombreuses réactions biochimiques.

    Glucose, graisses (TAG)  + O2  (poumons) —>  AcCoA  —>  ATP  +  CO2 (—> poumons)  +  H2O

    En outre, lorsque la glycémie diminue (en cas de jeûne p. ex.), un déséquilibre s’installe entre la combustion d’acides gras et de sucres. En réaction, l’acide oxaloacétique (oxaloacétate) provenant du cycle de Krebs sera préférentiellement utilisé pour produire du glucose supplémentaire via la gluconéogenèse. Cette réaction freinera inévitablement le cycle de Krebs, et ensuite aussi la gluconéogenèse…

    Mais lorsque la production d’Acétyl-CoA à partir d’acides gras d’origine alimentaire dépasse la capacité de conversion du cycle de Krebs, les mitochondries hépatiques sont incitées à produire à partir d’Acétyl-CoA des corps cétoniques (acétoacétate (AcAc), acétone et bêta-hydroxybutyrate (BHB)) qui passent dans le sang : c’est l’état de cétose nutritionnelle (le même phénomène se produit en cas de jeûne prolongé). Les corps cétoniques peuvent être utilisés comme carburants dans les tissus phériphériques et les organes, et traversent aisément la barrière encéphalique (à l’exception de l’acétone : n’ayant aucune signification métabolique, l’acétone volatile sera éliminée au niveau pulmonaire et donnera cette haleine fruitée bien connue chez les diabétiques (en manque de sucres) et en cas de jeûne prolongé…; voir plus loin la différence importante entre « La cétose alimentaire » et « La céto-acidose » (diabétique)).

    Les cétones forment le carburant idéal pour nos cellules, y compris nos cellules cardiaques et cérébrales. En effet, la combustion de cétones dans les mitochondries est 25% plus efficace que la combustion de sucres. Sur le plan biochimique, la combustion dans les mitochondries d’1 molécule de sucres apporte 36 molécules d’ATP, tandis qu’1 molécule de graisses apporte 48 molécules d’ATP! Qui plus est, la combustion de cétones libère à nouveau de l’Acétyl-CoA, réutilisable dans le cycle de Krebs assurant une production mitochondriale accrue de NADH. Ce dernier est indispensable comme agent réducteur dans plus de 450 réactions biochimiques.

    Plus une cellule a besoin d’énergie pour ces fonctions, plus le nombre de mitochondries est élevé. Des études chez l’animal en cétose ont clairement montré une élévation du nombre de mitochondries et donc d’ATP dans les cellules cérébrales.

    Les mitrochondries possèdent leur propre génome (ADNmt) qui est plus fragile que l’ADN contenu dans le noyau cellulaire (ADNn). En outre, les mitochondries régulent le cycle cellulaire ((apoptose, mitose) et se chargent de l’élimination de cellules qui fonctionnent mal, des bactéries, des virus… (autophagie).  Des exotoxines telles que pesticides,  métaux lourds, radicaux libres et particules d’oxygène activées (ROS), ainsi qu’une infection virale de type herpès (CMV, Epstein-Barr…) peuvent provoquer une surexcitation et une inflammation pouvant détériorer l’ADNmt. Une dysfonction mitochondriale se trouve à la base du développement d’une maladie neurodégénérative telle que la maladie de Parkinson, mais également de la dépression et la perte de bien-être.

    Les avantages       Top

    Avoir assez d’énergie nous rend heureux et préserve notre santé. Un manque d’énergie par contre entraîne des troubles tels que retard mental, démence, troubles de la mémoire… Le jeûne intermittent et le régime cétogène peuvent aider à corriger la dysfonction mitochondriale grâce à l’effet anti-inflammatoire d’un état permanent de cétose. Et puisque l’inflammation chronique fait le lit de la plupart des maladies de civilisation…

    • Contrairement au sucres, les acides gras peuvent pénétrer dans les cellules sans être dépendants de l’insuline. Qui plus est, après pénétration, les sucres doivent d’abord être convertis dans le cytosol avant d’être brûlés dans les mitochondries. Les acides gras par contre peuvent être brûlés directement dans les mitochondries, présentant un meilleur rendement par molécule (l’acide BHB est un composé plus énergétique que le pyruvate).
    • Et lorsque l’on met suffisamment de matières grasses à disposition d’un organisme, comme c’est le cas dans le cadre d’un régime pauvre en glucides et riche en matières grasses ou d’un régime cétogène, les muscles retrouvent de l’énergie – y compris en cas d’insulinorésistance avérée. Tous les sportifs d’endurance connaissent ce phénomène : c’est le mode « brûlage de graisses » qui permet de courir un marathon sans être obligé d’absorber en permanence des aliments très riches en sucre. Après une période d’adaptation durant 2 à 4 semaines, l’endurance physique ne semble pas influencée par l’état de cétose nutritionnelle . Qui plus est, l’état de cétose permet l’inhibition de la dégradation protéique : en effet, les cétones, structurellement semblables à des acides aminés branchés (BCAA), seront brûlés préférentiellement (entraînant des taux sanguins plus élevés de ces acides aminés tels que la leucine, importants pour la création de masse musculaire).

    Un régime cétogène ne déclenche pas un état hypoglycémique. En effet, les graisses jouent un rôle important dans la suppression des hypersensibilités alimentaires et dans la survenue de troubles de la glycémie. L’absence de déclencheurs (histamine, fructose…) limitera l’envie de sucrerie. Toutefois, avec un régime pauvre en graisses, l’organisme risque, après une perte de poids,  de réagir plus fortement sur des déclencheurs alimentaires et de subir plus fréquemment des états hypoglycémiques, et donc des envies de sucreries, lorsque des glucides sont réintroduits dans l’alimentation (effet jojo).

    Les cétones n’entraînent pas de glycosylation, ni de radicaux libres ou de ROS, et donc pas d’inflammation, mais peuvent être brûlées directement. Contrairement au glucose, les cétones n’excitent pas le cerveau puisqu’elles stimulent la production de GABA (un inhibiteur cérébral, un type de Valium° naturel). C’est la raison pourquoi les cétones calment les douleurs, présentent un effet anti-inflammatoire général (beaucoup de maladies naissent dans un environnement pro-inflammatoire) et aident même en cas d’affections neurologiques telles que l’épilepsie (la surexcitation étant la cause). Toutefois, ces propriétés bénéfiques de cétones ne s’appliquent que lorsque la glycémie est basse…

    Un régime cétogène est soutenu par le jeûne intermittent et par l’entraînement d’endurance. Les deux stimulent la production de corps cétoniques et maintiennent ainsi l’état de cétose.

    • Des cellules saines et cancéreuses présentent sur leur membrane extérieure des protéines GLUT-1 qui agissent comme transporteurs de glucose : ils assurent le transport de glucose à travers de cette membrane. En cas de déficit en glucose, les cellules saines possèdent la capacité d’augmenter le nombre de GLUT-1 à leur surface, afin d’optimiser l’absorption de glucose. Par contre, dans de telles situations, les cellules cancéreuses perdent des GLUT-1! Donc même avec un régime 100% sans sucres, lorsque uniquement la gluconéogenèse est capable de produire un peu de glucose, les cellules cancéreuses ne peuvent pas vraiment profiter de cette opportunité!
    • Un régime cétogène peut avoir un impact thérapeutique dans le traitement de  : spasmes infantiles, épilepsie, autisme, tumeurs cérébrales, Alzheimer, SLA (Sclérose latérale amyotrophique), dépression, ACV, Traumatisme crânien, Parkinson, migraine, troubles du sommeil, schizophrénie ( chez la souris), angoisses, TDAH, irritabilité, syndrome d’ovaires polykystiques, syndrome de l’intestin irritable (IBS), reflux gastro-œsophagien, obésité, maladie cardiovasculaire, acné, diabète de type 2, trémulations, , insuffisance respiratoire, presque toutes les affections neurologiques, mais également le cancer et toutes les circonstances dont les tissus ont besoin d’aide après avoir été exposés à un manque d’oxygène .

    Des jeûnes prolongés sont connus pour réduire l’inflammation. Selon des études, les corps cétoniques (BHB) sont capables d’inhiber l’activation de l’inflammasome, un complexe protéique responsable de la réponse immunitaire impliquée dans de nombreuses maladies auto-immunitaires. Les corps cétoniques n’inhibent pas l’activation de la caspase-1 qui intervient en réponse à l’apparition de pathogènes. Autrement, la protection immunitaire reste active .

     

    ketogeen_impact

    Les cellules cancéreuses se nourrissent principalement de sucres sans oxygène (Effet de Warburg :  une glycolyse anaérobie suivie d’une fermentation lactique dans le cytosol, au lieu d’une glycolyse partielle suivie d’une oxydation du pyruvate dans les mitochondries). Dans l’oncologie, on exploit cette propriété en administrant des sucres radioactifs. Cette technique permet de détecter des métastases cancéreuses (PET-scan). Le régime cétogène est une méthode thérapeutique complémentaire basée sur cette propriété.

    Les malades du cancer ont besoin de quantités particulièrement importantes de matières grasses pour préserver leur masse musculaire et conserver suffisamment de force physique. En effet, le cancer modifie le métabolisme de telle façon que les muscles réagissent moins bien au signal de l’insuline. À l’instar des diabétiques, les malades du cancer deviennent ainsi insulinorésistants, ce qui a pour conséquence d’amoindrir de plus en plus la capacité de leurs muscles à exploiter le sucre comme source d’énergie. Lorsque leurs cellules manquent de sucre et ne disposent pas, en compensation, de suffisamment d’acides gras, les personnes s’affaiblissent et s’épuisent vite. Cette situation, les malades du cancer sont malheureusement nombreux à la connaître.

    Lorsqu’on ne fournit pas de sucre à l’organisme, ce sont les cétones qui fournissent au cerveau l’énergie dont il a besoin. Les cellules cérébrales sont très friandes de ces cétones grâce auxquelles elles sont particulièrement performantes – c’est peut-être pour cela que le régime cétogène est souvent très efficace chez les épileptiques, dont les crises diminuent ou disparaissent même tout à fait.

    L’état de cétose nutritionnelle       Top

    La production de cétones est souvent associée au jeûne. Pourtant avec un régime riche en graisses et en absence de sucres, il est possible de produire des cétones à partir de graisses.

    Il est parfois difficile d’obtenir un état de cétose stable. Il nécessite une approche individuelle. Vous devez tester et noter chaque jour l’évolution de votre taux de glucose (glycémie) et de bêta-hydroxybutyrate (BHB) dans le sang.

    Mais comment débuter?

    1. Déterminer l’état de cétose :

    3 Types de cétones peuvent être déterminés : l’AcAc (en particulier dans l’urine), l’acide BHB (en particulier dans le sang) et l’acétone (dans l’haleine).

    La mesure de l’AcAc dans l’urine est facile mais n’est pas très précis (Ketostix).

    La mesure de l’acide BHB dans le sang est préférable. L’acide BHB représente 78% des cétones présentes dans le sang. Un état de cétose est caractérisé par des valeurs BHB entre 1 et 3 mmol/l de sang. Des valeurs BHB entre 4 et 7 mmol/l pourraient freiner la croissance tumorale, l’angiogenèse et l’inflammation et favoriser l’apoptose.

    Un état de cétose, associé à une faible glycémie et une faible insulinémie, est parfaitement naturel et sain. Des appareils qui mesurent les taux de sucres et de cétones dans une goutte de sang : Precision Xtra (Abbott), Freestyle Optium Neo (Abbott),  Nova Max Plus (Nova), GlucoMen LX plus (Menarini)…

    Mesurer le taux de cétones dans l’haleine (acétone) est possible chez soi avec le Ketonix°.

    Note :

    Il est recommandé de ne pas déterminer l’état de cétose et/ou la glycémie immédiatement après un effort physique considérable. Lors d’un effort physique intense, le foie libère en effet du glucose, influençant temporairement la production de cétones. Mais après quelques heures, la glycémie régresse et le niveau de cétones se rétablit spontanément.

    1. Déterminer son propre seuil de tolérance aux hydrates de carbone (STHC) :

    Le STHC diffère selon la personne. Certains athlètes peuvent maintenir un état de cétose avec 100g d’hydrates de carbone (HC) par jour. La plupart des gens nécessitent moins de 50g d’HC/jour pour maintenir leur état de cétose. En cas de syndrome métabolique, la limite de cétose est encore plus basse : moins de 30g d’HC/jour. Il est recommandé de débuter avec 20g d’HC/jour, afin d’assurer son entrée en cétose. Ou débuter avec de l’eau, que de l’eau! Augmenter ensuite la dose journalière d’HC avec 5 à 10g pendant une semaine. En cas de sortie de cétose, il suffit de reprendre la dose de la dernière semaine en cétose…

    Jeûner durant 3 à 5 jours (que de l’eau) ne posera aucun problème chez une personne encore en bonne condition physique. Des symptômes de sevrage peuvent s’observer mais sont sans danger : tête légère, nausées, maux de tête…

    Mais chez la personne fragile, une introduction progressive d’un régime cétogène sera nécessaire. Toutefois, dans le traitement d’un cancer, le but primaire doit être un apport glucidique < 12g par jour, avec une limitation de l’apport protéique à 0.8 – 1.2g/kg de poids corporel (voir plus loin).

    Mais attention, il ne suffit pas de manger peu de sucres. Il est préférable d’éviter au début tous les sucres. Et même dans ce cas, l’organisme a besoin de 2 à 6 semaines avant de pouvoir migrer d’une combustion de sucres vers une combustion de graisses. Seulement à ce moment, les taux de cétones (BHB) à jeun s’élèveront à des valeurs supérieures à 0.5.

    Simultanément, les taux de glycémie régressent progressivement vers des valeurs inférieures à 100, ou même jusqu’à 50mg/dl, inversement proportionnel à la concentration de cétones qui, avec un peu de retard, s’élèvera lentement. Une diminution des taux d’HbA1c a également été observée.

    Rester en mouvement est recommandé. Toutefois éviter le sport, parce que l’acide lactique produit lors de l’effort physique peut être converti en glucose (gluconéogenèse)!

    1. Déterminer son propre seuil de tolérance de protéines (STP) : max. 30g/repas, max. 140g par jour.

    Remplacer des sucres par des graisses (et non par des protéines), c’est l’essentiel du régime cétogène! Si un apport en HC de 20g/jour ne permet pas l’entrée en cétose, il est conseillé de diminuer son apport en protéines, et augmenter son apport en graisses. En effet, puisque l’organisme ne peut pas stocker un excès de protéines, il les transformera en glucose via la gluconéogenèse. Empêchant ainsi l’entrée en cétose de l’organisme…

    En état de cétose, le foie assure une production minimale mais suffisante de glucose via la gluconéogenèse. Une conversion minimale de protéines via la gluconéogenèse fournira une quantité suffisante pour assurer la fonction thyroïdienne.

    Débuter avec 20g d’HC par jour + 1g de protéines par kg de poids corporel par jour; tester ensuite votre état de cétose.

    1. Déterminer son apport de graisses :

    Lorsqu’on évite les sucres dans son alimentation, un apport plus élevé de graisses est indispensable afin de calmer la sensation de faim. Le régime cétogène est un régime riche en graisses (80 à 85% des calories fournies)! En effet, des bonnes graisses devront compenser la plus faible consommation de hydrates de carbone et de protéines. Manger des graisses jusqu’à satiété. Pas plus. Avec un régime cétogène, pas de frustrations ni de petits faims! Il n’est même plus nécessaire de manger plus de 1 ou 2 fois par jour…

    Quelles sont les « bonnes » graisses?

    En absence de sucres, l’organisme préfère comme carburant des acides gras saturés à chaîne courte et moyenne (MCT), et d’acides gras mono-insaturés. Les MCT se trouve dans : vrai beurre, ghi (beurre clarifié), crème aigre, huile de noix de coco, viande (pas maigre), produits laitiers entiers fermentés tels que fromages, yaourt grecque (Yiaourti)… Sources d’acides gras mono-insaturés : avocats, huile d’olive, noix (de pécan et de macadamia)…

    • Dès que l’organisme se trouve dans un état de cétose stable, le jeûne intermittent durant 16 à 24 heures devient facile à appliquer (ce qui booste la production des cétones). Afin de perdre du poids, il suffit de limiter l’apport des graisses via l’alimentation, afin de pousser l’organisme à puiser dans ces propres réserves adipeuses.  D’autre part, pour gagner de la masse musculaire, bouger suffisamment est impératif!
    • Dans le traitement de cancer, un régime cétogène « avec restriction calorique » est recommandé. Seule une réduction calorique supplémentaire (diminution des graisses) pourrait réduire la glycémie suffisamment rapide, limitant ainsi la croissance tumorale.
    • Un régime cétogène exerce une activité diurétique. Prudence donc en cas de traitement concomitante d’antidiurétiques et de risque de déficits en électrolytes.
    •  Normalement le patient maigrira avec régime cétogène (avec ou sans restriction calorique). Sauf que la perte du poids représente ici une réponse métabolique sur une restriction calorique. Par contre, la perte du poids lors d’une radiothérapie ou d’une chimiothérapie est provoquée par ses effets toxiques et par les effets du traitement sur l’appétit. L’ingestion de boissons énergétiques pourrait alors favoriser la croissance tumorale…  
    • L’administration de cortisone pour réduire l’inflammation risque d’élever la glycémie, ce qui nourrit la tumeur et favorise donc sa survie!
    • Seulement en testant tous les jours, vous savez déterminer et maintenir votre propre réponse cétogène. Au début, 2x par jour : le matin à jeun les taux de cétones et le soir, 4 heures après le dernier repas, la glycémie.

    Il peut être intéressant de tester également le niveau des triglycérides (entre 70 – 100) : des niveaux élevés montrent une alimentation trop riche en sucres! En évitant tous les sucres, le niveau des triglycérides diminuera progressivement.

    En outre, les valeurs sanguines de HDL-cholesterol augmenteront et les valeurs de CRP (degré d’inflammation) se normaliseront (Voir : « Nutribilan« ).

    Matière trop compliquée? : d’autres personnes peuvent vous aider : www.flexibleketogenic.com et des recettes cétogènes sur The Charlie Foundation et Ketogenic Diet Resource.

    Quelques livres en français : « Céto-cuisine« , « Le régime cétogène contre le cancer« .

    Le régime cétogène       Top

    Ce sont généralement des personnes « informées », qui ont lu des livres, des articles de presse qui parlent du régime cétogène ou qui connaissent quelqu’un qui suit ce régime. Certaines personnes souhaitent simplement optimiser leur santé en le suivant. Et il y a aussi les patients ayant eu un diagnostic de cancer mais pas seulement.

    Le régime cétogène réduit le nombre de calories produit par la combustion de sucres jusqu’à  5 à 10%, par la combustion de protéines jusqu’à 10 à 15% et augmente le nombre de calories apporté des graisses jusqu’à 75 à 80%.

    Le régime cétogène est donc un mode d’alimentation isocalorique très riche en matières grasses (p. ex. H05 – G75 – P20, correspondant à un ratio 3:1 ou 4:1 entre Graisses et le couple Protéines + Hydrates de carbone), principalement composé de

      • des bonnes graisses saturées et insaturées (huile de noix de coco, huile d’olive, beurre, oeufs, avocats, noix… et en évitant les huiles végétales traitées riches en acides gras oméga6)
        • la partie glycérol des triglycérides (majoritairement à chaîne moyenne) est ensuite utilisée dans la production de glucose (gluconéogenèse).
        • le glycérol est un sucre (triose) … qui transporte des acides gras!
        • grâce à la gluconéogenèse, l’organisme produit lui-même du glucose, même avec un régime 100% sans sucres!
        • avaler trop de graisses peut donc aussi élever la glycémie!
      • les acides gras seront convertis en corps cétoniques
      • et d’un apport limité de protéines en général (1g/kg de poids corporel = 50 à 70g de protéines par jour, afin de ne pas charger trop les reins),
        • en particulier pauvres en acides aminés branchés (afin d’inhiber la voie métabolique mTOR puisqu’un excès de protéines peut augmenter le risque de cancer)
        • et très pauvre en glutamine (des cellules cancéreuses peuvent utiliser la glutamine comme source éventuelle de glucose via la gluconéogenèse). Des suppléments de corps cétoniques (p. ex. l’huile de noix de coco) peuvent stimuler cette voie métabolique. Il serait possible d' »affamer »  un cancer avec un tel régime.

    Un régime cétogène et « pauvre en calories » se compose donc de suffisamment de graisses (juste assez), d’un apport limité de protéines (pauvres en acides aminés branchés et en glutamine) et peu d’hydrates de carbone. Ce type de régime provoque la production de corps cétoniques, combustion exclusive de cellules saines! Ce type de régime est donc particulièrement conseillé dans le traitement du cancer!

    Prudence : aussi bien la radiothérapie que la chimiothérapie provoquent une nécrose et inflammation tissulaire, pouvant augmenter les niveaux de glutamate dans les tissus. Après sa conversion en glutamine, les cellules tumorales survivantes et les TAM (tumor-associated macrophages/monocytes) peuvent l’utiliser comme source d’énergie et pour leur croissance (via la phosphorylation du substrat) .

    Un tel régime fait régresser la glycémie normale à jeun de 100mg/dl de sang vers des valeurs glycémiques de 55-65mg/dl, tandis que les niveaux de corps cétoniques (bêta-hydroxybutyrate, acétoacétate, acétone) augmentent considérablement, puisque la combustion de graisses domine maintenant. Le foie produit des cétones à partir des matières grasses à chaque fois que l’organisme a jeûné durant plus d’une journée, ou qu’il a absorbé une quantité suffisante de calories issues de matières grasses sans que celles-ci ne soient accompagnées de glucides. Parmi les cétones, on compte l’acétoacétate (acide acétylacétique), l’acétone (que l’on élimine en expirant et qui produit une odeur fruitée lorsqu’une personne se trouve soudain en forte cétose), et l’acide bêta-hydroxybutyrique (chimiquement parlant, ce dernier n’est pas une cétone, mais sur le plan physiologique, il est assimilé aux cétones car il apparaît partout où il y a production d’acétoacétate).

    Le jeûne devient alors une réponse naturelle à des taux accrus de cétones. Manger (suffisamment) 1 x par jour devient naturel et soutient le jeûne intermittent. Jeûner en renonçant complètement à toute nourriture n’est pas nécessaire. Chacun doit déterminer quand et combien il doit manger pour se sentir bien.

    La faim est une sensation subjective. Vous avez faim ou envie de sucres? Préférer des graisses et des protéines.

    Les précautions    Top

    Un régime cétogène peut lancer en quelques jours la production de cétones. Parfois, plusieurs semaines seront nécessaires. Il est recommandé d’éviter toutes les sources d’hydrates de carbone. Donc également les fibres. Chacun doit tester comment son organisme réagit sur certains aliments, s’il supporte bien les fibres…

    En particulier les diabétiques de type 2 et les patients très insulino-résistants peuvent rencontrer des problèmes pour entrer en cétose. La metformine (médicament) peut les aider. Parfois des préparation à base de cannelle suffisent.

    Chez les personnes qui entrent facilement en cétose, il est possible de maintenir la cétose durant la semaine et de manger le WE à l’ancienne sans restriction de sucres et de protéines. Chacun doit déterminer ce qui est bon pour lui. Par contre, si vous avez des problèmes pour entrer en cétose, restez y. Vous pouvez vivre sans problèmes continuellement en cétose.

    Tous les corps cétoniques sont acides. Normalement, le sang est capable de tamponner ces acides afin de maintenir son pH dans des limites normales. C’est le cas dans l’état de cétose nutritionnelle.

      • la cétose nutritionnelle : état de faible métabolisme glucosique, caractérisé par une glycémie basse, une insulinémie basse et des taux sanguins élevés de cétones (< 9 mmol/l). Dans une situation de faibles taux de glycémie, la cytotoxicité de la metformine augmente .
      • la céto-acidose (ou acidocétose) : état de métabolisme glucosique intensif caractérisé par une glycémie très élevée (> 250 mg/dL), associée à des valeurs sanguines très élevées de cétones (15 – 20 mmol/l), se présentant quasi exclusivement chez les diabétiques de type 1 (causes : en cas de déficit en insuline (et/ou insulinorésistance), le glucose n’arrive pas à entrer dans les cellules, poussant l’organisme à produire des cétones comme combustion alternative) ; En cas de valeurs BHB > 20 mmol, un coma  entraînant en quelques heures le décès peut survenir).  

    L’acidocétose, relativement rare aujourd’hui, se manifeste par une soif intense, des urines fréquentes et abondantes et divers signes digestifs (douleurs abdominales, nausées, perte d’appétit). On note aussi, chez ces patients, une haleine à l’odeur de pomme, très particulière.

    Une céto-acidose plus ou moins marquée peut aussi être provoquée par des efforts physiques intenses et par des abus d’alcool.

    La cétose nutritionnelle est donc complètement à l’opposé d’un état diabétique grave!

    TOUTEFOIS : le régime cétogène peut causer certains problèmes, si bien qu’il est fortement déconseillé de le suivre sans surveillance médicale.

      • un régime cétogène est uniquement indiqué chez la personne motivée, disciplinée et en relative bonne santé. L’accompagnement, l’engagement et le support, aussi de la famille, sont indispensables.
      • les premières semaines, il peut provoquer une très forte fatigue, des étourdissements, des nausées et des céphalées,  le corps ayant besoin de s’habituer à ce nouveau fonctionnement sans réserves de sucres. On a constaté des symptômes d’allergie et des douleurs, lors de la mise en cétose, mais ils disparaissent après.
      • le régime cétogène peut entraîner une hyperlipidémie (cholestérol, triglycérides) qui s’inverse à l’arrêt du régime, une perte de poids corporel, des troubles intestinaux (une diarrhée par déficit en fibres (possible de combler avec de l’ispaghul (psyllium) ou de la pectine), des céphalées, des étourdissements (pertes de sodium) et des crampes musculaires (déficit en potassium étant donné la privation de fruits et légumes riches en sucres).
      • sont toutefois autorisés, les légumes pauvres en sucres (tels que : chou vert, asperge, aubergine, concombre, brocoli, céleri, laitue, poireau, cresson…) et fruits pauvres en sucres (tels que : avocats), ainsi que toutes les graisses, viandes, volailles, poisson, œufs, fromage, crème, noix…
      • le régime cétogène est incompatible avec une corticothérapie (utilisée dans le traitement de symptômes relatifs au cancer, tels que oedème, paralysie, appétit…). En effet, les corticostéroïdes empêchent d’obtenir des niveaux glycémiques suffisamment bas. En outre, ils accélèrent à terme la croissance tumorale.
      • le régime cétogène est incompatible avec des efforts physiques intenses (de courte durée), parce que ces efforts peuvent inciter les muscles à libérer du lactate et des acides aminés tels que la glutamine, sources éventuelles de glucose. Toutefois, des résultats performants ont été obtenus avec le régime cétogène dans les sports d’endurance .

    Note : Le régime « Warrior » d’Ori Hofmekler est un régime pauvre en glucides et riche en graisses basé sur le jeûne intermittent, et utilisé dans des milieux sportifs (e.a. par l’équipe national de rugby de la Nouvelle Zélande, Les AllBlacks, vainqueur de la coupe mondiale du rugby en 2015).

      • le régime cétogène est en général instauré avant l’extraction chirurgicale de la tumeur, si son développement permet d’attendre (« Watchful waiting »). La diminution de l’inflammation et de vascularisation de la tumeur et des tissus limitrophes, ainsi que la réduction tumorale grâce à un régime cétogène permettent une meilleure délimitation de la zone à extraire. Qui plus est, après l’intervention chirurgicale, le régime cétogène permettra de réduire les effets toxiques de la chimiothérapie.
      • le régime cétogène avec « restriction calorique », utilisé e.a. dans le traitement du cancer (rapport Graisses / (Hydrates de carbone + Protéines) = 3:1 ou 4:1 accompagné d’une restriction calorique jusqu’au BMR moins 25 – 35% à calculer avec le BMR-calculator) n’est pas adapté à des jeunes enfants : risque de retard de croissance! Un régime cétogène normale (sans restriction calorique) a été utilisé avec succès chez l’enfant dans e.a. le traitement de l’épilepsie.

    Le jeûne intermittent (voir « La restriction calorique« ) peut vous aider à vous habituer à un régime cétogène.

    Côté pratique       Top

    Valeurs sanguines recommandées :

    • pas plus que 55-65 mg/dl de glycémie (less is better)
    • en moyenne 3 – 5mmol/l de cétones (au moins 1 – 3 mmol/l, et dans le traitement d’un cancer : 4 – 7 mmol/l)

    Un suivi hebdomadaire est conseillé de : lipides sériques, glucose, cétones, insuline, protéines.

    Passer d’une alimentation classique à une alimentation cétogène riche en matières grasses c’est un bouleversement des habitudes. Dans les cas où un régime 100 % cétogène n’est pas imaginable pour le patient (parce qu’il ne veut pas, par exemple, se priver d’un verre de bière occasionnel ou de fruits), il est recommandé d’avoir au moins recours, soit à un régime pauvre en glucides et riche en matières grasses de type Atkins, soit au régime à base d’aliments à faible IG (max. 80g de glucides par jour) : ils seront en tout cas plus bénéfiques pour le patient que l’alimentation dite « saine » prônée par les organismes officiels, qui limite la plupart des graisses.

    Même lorsque l’on suit depuis longtemps un régime pauvre en glucides et que l’on est convaincu de bien savoir évaluer la teneur en glucides des aliments, il arrive souvent que l’on se trompe dans ses estimations. Conséquence : certains repas dépassent la quantité de glucides visée (régime cétogène : max. 20g de glucides par jour).

    Il est impératif de :

      • peser les portions de vos aliments.
      • contrôler leur concentrations en glucides : parce qu’on ne respecte déjà pas les critères du régime cétogène (max. 20g de glucides par jour) avec une portion de fromage blanc au petit déjeuner puis deux repas riches en légumes! Même lorsque l’on évite les légumes les plus riches en glucides, les repas en contiennent souvent encore trop ou, en tout cas, ne respectent pas la bonne répartition nutritionnelle (H05 à 10 – G70 à75 – P20).
      • accompagner tous les aliments de matière grasse, beurre, huile… : faire attention à acheter des graisses ayant un bon rapport oméga-6/oméga-3 et de bonne qualité.
      • compenser les pertes éventuelles en sodium et potassium avec p. ex. un bouillon… : afin d’éviter la survenue de céphalées suite à une perturbation du bilan électrolytique. Les avocats sont également une bonne source de potassium (les bananes sont trop sucrées)..
      • compenser des pertes de magnésium (crampes musculaires…) avec : épinards, noix, amandes, poisson, chocolat noir sans sucre…
      • boire suffisamment d’eau : l’eau aide à relaxer et contracter les muscles

    Des suppléments de vit B’s, D, E, de calcium, d’acides gras oméga3 … peuvent être indiqués et doivent assurer un apport équilibré en nutriments.. Mais prudence : certains suppléments peuvent élever les taux de glucose dans le sang!

    Le test du taux de cétones sanguin, conçu à l’origine pour identifier une éventuelle acidocétose chez les diabétiques, est plus fiable et plus pertinent que le test urinaire (bandelettes). Il donne en effet un chiffre correspondant assez précisément au taux réel de cétones sanguines, quelle que soit la quantité de liquide absorbé, etc. Grâce à ce test, il y a moyen de vérifier si on se trouve durablement en cétose, ce qui motive fortement pour continuer.

    Il est vivement conseillé de faire appel à un nutritionniste pour un meilleur soutien autour de ce régime.

    Le régime cétogène n’est pas une partie de plaisir, mais peut vous faire du bien!

    Voir aussi : « The Charlie Foundation for Ketogenic Therapies » avec des recettes.

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     ZOELHO (c) 2006 – 2016, Paul Van Herzele PharmD