• Tour de France : les cétones, « carburant » du moindre mal

    Le débat sur ce « carburant » non interdit et utilisé comme une boisson énergétique, agit comme un écran de fumée dans un contexte d’élévation des performances des coureurs.

    Ce Tour 2019, dans ses dix premiers jours, sentait le miel et l’encens. Joie des organisateurs : Français en jaune, course exaltante, nulle suspicion, presse bienveillante. Jamais, depuis l’affaire Festina il y a vingt et un ans, la question du dopage n’avait semblé aussi absente des débats. Mêmes certains coureurs s’en offusquaient. « Les journalistes ne posent pas suffisamment de questions gênantes aux meilleurs coureurs », a dit l’un d’entre eux à David Walsh, le journaliste du Sunday Times. Ce dernier écrit : « Le silence est si assourdissant que l’on en vient à se demander si le passé a jamais existé. »
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  • Témoignage : stabilisation d’un cancer métastatique par le régime cétogène entrecoupé de périodes de jeune

    Cet article relate une expérience personnelle, il ne doit en aucun cas être pris comme exemple, sans un avis et un suivi médical, chaque cas étant différent.

    J’ai 52 ans, 2 grands enfants adultes, dont mon aînée avec un chromosome 21 de plus que nous ; je suis divorcée, je travaille à temps plein et je suis une surfeuse passionnée.

    Depuis 2007 (à 40 ans) j’ai un cancer du sein qui, tous les 2 ans quasiment, évoluait en métastases : les ovaires (que l’on m’a enlevés l’un après l’autre), les os de la colonne et des côtes, puis le foie et un poumon (très peu touché). Avec son chapelet de chirurgie, de chimios, et de radiothérapie. …

    D’un naturel optimiste avec une forte confiance dans la vie, je me bats depuis le début, en profitant un max de la vie.

    J’ai un super oncologue et notre team fonctionne bien. Mais il est assez conventionnel malgré tout. 

    Alors voilà, j’ai avancé par moi-même et voici mon parcours.

    Pour m’aider je me suis mise à travailler mes énergies en me formant au Reiki. Je suis devenue Maître et je continue de travailler le magnétisme spirituel. C’est plus un mode de vie, qui avec le yoga (que je pratique depuis 2 ans), me fait travailler à tous les niveaux ; cela me conforte dans ma sérénité et m’aide à soulager les douleurs (des métastases osseuses). Le Reiki est une aide pour se guérir soi-même, car toute maladie physique ou psychique puise son origine bien plus profondément que notre matière. Pour moi c’est une façon de vivre qui permet un équilibre avec soi-même et aussi avec l’univers. Ce n’est pas juste un soin, mais un véritable travail sur soi -même en lien avec le nécessaire lâcher-prise et la pleine conscience. Et nos cellules, nos mitochondries en bénéficient pleinement, elles sentent bien qu’on les aime.

    Ma formation scientifique (ingénieur et docteur en chimie-physique) m’a poussée à rechercher ce qui pourrait me permettre de vivre plus longtemps, de ralentir la croissance du crabus, en plus de mon travail spirituel.

    Après lecture de quelques articles et livres (dont plusieurs articles du Dr Laurent Schwartz), je décide il y a 3 ans d’arrêter complètement de consommer des glucides sous toutes ses formes : sucre ajouté, féculents…. les cellules cancéreuses se nourrissent au sucre….alors qu’elles meurent de faim !!

    Je me mets au ‘very low carb’, avec des périodes de jeûne.

    Et depuis près de 2 ans je suis passée à  l’alimentation cétogène : mon carburant est le bon gras (huile de coco/d’olive, avocats et beurre, charcuterie, poisson gras…) et toujours sans glucide.

    En moyenne par jour je consomme 75-80% de lipides, 2% de carbohydrate, et 13-18% de protéines. Ce sont les macros qui me conviennent.

    Afin d’équilibrer mon corps, je me supplémente en sel (4 à 8 g en comprimé NaCl par jour suivant mes activités physiques et la chaleur). Tous les matins je prends du magnésium bisglycinate (3 comprimés). L’automne et l’hiver je prends de la vitamine D3 (forme huileuse) et je fais de la luminothérapie en prenant mon p’tit déjeuner.

    Et comme notre microbiote est un des maîtres du jeu, j ‘en prends grand soin depuis le début de mon passage à l’alimentation cétogène : j’ai arrêté le café, le thé, les aliments qui déstabilisaient mon microbiote (après tests/essais, car on est tous différent), et surtout tous les matins je prends minimum 2 grosses cuillères à soupe de cidre Bio dans un verre d’eau.

    Depuis 20 mois je suis en hypoglycémie constante, et mes cellules fonctionnent aux cétones…Et tant pis pour mes métastases…ah ah…

    (Je contrôle, dans mon sang, ma glycémie tous les matins et ma cétonémie une fois/ semaine).

    Je suis passée d’un système catabolique à un système anabolique, et j’ai la super pêche.

    Pour l’instant je ne prends pas de traitement métabolique, mais je me dis que si mon cancer évolue, je prendrai un mixte (Acide Lipoïque / L’Hydroxicitrate / Bleu de méthylène). J’avoue que je ne le fais pas car c’est un peu cher pour moi. Et les bandes pour mon lecteur sanguin de glycémie et de cétonémie me coûtent assez cher aussi (rien n’est remboursé …).

    Cela fait maintenant 2 ans que j’ai stoppé la chimio, car mon dernier protocole me brûlait aussi bien les bonnes et les mauvaises cellules, …, plus des allergies carabinées….

    Je suis très bien suivie, et tous les 4-6 mois j’ai un contrôle au Tepscan. Et cela semble fonctionner : crabus n’avance plus … youpie ;-). Mon oncologue ne comprend pas pourquoi ‘cela’ ne revient pas. Il ne croit pas aux bienfaits de l’alimentation cétogène…, pas encore ;-)).

    Mon cancer du sein, stade IV n’évolue plus et mes métastases sont stabilisées (rachis, foie, poumon). Je travaille à temps plein et je vie très normalement avec une pêche énorme. Mon hobby c’est le surf et tous les WE, si la houle est là, je vais à l’eau. 

    Aussi je suis abonnée à quelques chaines très intéressantes telles que ‘Law Carb Down Under’ et ‘Virta Health’, que je recommande, tout comme le site http://guerir-du-cancer.fr

    Si mon témoignage peut aider, alors n’hésitez pas à faire passer….

    Encore bravo et Merci à vous Laurent Schwartz, et vivement que la recherche avance.

    Moi je continue avec plaisir cette vie (que j’adore), et surtout je me dis chaque année que c’est génial, encore une belle de passée…à surfer ;-).

    Nathalie Leroux

    http://surflavie.blogspot.com/

     

  • Témoignage: activité de la vitamine C à très fortes doses

    Cet article relate une expérience personnelle, il ne doit en aucun cas être pris comme exemple, sans un avis et un suivi médical, chaque cas étant différent.

    Le 3 février 2017, j’ai 44 ans, lorsque l’on me diagnostique une leucémie aigüe lymphoblastique B suite à une ponction de moelle osseuse.

    Cette maladie se caractérise par la présence, dans la moelle, de cellules blastiques, les blastes. Ce sont des cellules jeunes qui, au lieu de grandir et se différencier en globules rouges, blancs et plaquettes, restent jeunes, se clonent, et envahissent la moelle.

    Dans mon cas, cette première ponction de moelle osseuse met en évidence un envahissement de blastes de 83 %. Cela se traduit dans mon sang par une baisse des globules rouges et blancs et par la présence de blastes également : 5 % à cette première analyse.

    Le traitement qui m’est prescrit est un mois de chimiothérapie en chambre stérile à l’hôpital. Doivent suivre plusieurs autres périodes de chimio et peut-être au bout, une greffe de moelle osseuse.

    Malgré « l’urgence thérapeutique » énoncée par les médecins, et n’ayant aucun symptôme et aucune fatigue, je décide d’attendre un peu et de chercher d’abord du côté des médecines alternatives. Ce choix n’est pas simple, car il me faut aller au-delà de ce que me disent les médecins, à savoir que ma maladie est mortelle à court terme si je ne suis pas le traitement proposé.

    Mon état d’esprit à ce moment là est de croire que toute maladie vient d’un dysfonctionnement du corps lié à un déséquilibre et que c’est à moi de lui donner toutes les chances de pouvoir à nouveau fonctionner normalement. Et cela par un nettoyage en profondeur, et aussi en apportant des produits naturels, qui peuvent aider au rétablissement de cet équilibre subtil et parfait propre à tout corps humain.

    Pendant 1 an…

    J’adopte une alimentation sans sucre ajouté, très pauvre en glucides, très riche en légumes et fruits cuits et crus, par le biais des jus de légumes notamment, et limitée en protéines et laitages.

     Je prends les produits Beljanski : 5 gellules de Pao Perreira par jour et 2 Reald Build par semaine.

    Je fais différentes autres cures de compléments alimentaires, une vingtaine au total, (Astragale, spiruline, klamat, Quinton isotonic, Glutathion, Sélénium, Reishi, MMS, Queue de cerise et Chardon Marie, Propolis rouge, Bromelaïne et Papaïne, Artémisinine, curcumine, huiles essentielles.)

    J’utilise aussi quotidiennement le bol d’air Jacquier.

    Malgré les prévisions médicales alarmistes sur les risques d’infections liés à la baisse de mes défenses immunitaires, je traverse une infection dentaire et la coqueluche sans incident.

    Mes taux de globules rouges et blancs, bien qu’en dessous des normes, restent à peu près stables. Pour être exact ils baissent, mais assez lentement pour me permettre d’avoir une vie tout à fait normale pendant 1 an. Mes plaquettes en revanche sont bonnes depuis le départ. Mes taux de blastes dans le sang varient de 1 à 14 % selon les analyses.

    En février 2018 je découvre un autre traitement : la vitamine C à haute dose. Actuellement la dose journalière recommandée par les autorités de santé est de 0.1g.

    Pour mon traitement à haute dose je monte jusqu’à 8g par jour par voie orale, pendant 4 mois.

    Je bénéficie également de perfusions par voie intraveineuse : 2 X 50g par semaine, pendant 2 mois. Les jours sans perfusion je continue à prendre les 8g par voie orale, soit un total de 140g de vitamine C par semaine. (200 fois plus que la dose recommandée)

    Je continue les produits Beljanski en même temps, ainsi que d’autres nouveaux compléments et j’adopte un régime cétogène pendant environ 2 mois.

    Alors que je n’avais eu jusqu’à présent aucun signe de maladie, 2 mois après avoir commencé la vitamine C, j’ai des périodes de fièvre importantes, qui s’étalent sur 1 mois et demi, sans la présence d’aucun germe pathogène. Je laisse la fièvre agir de façon naturelle. Car je pense que cela peut être bénéfique, une lutte du corps contre la maladie.

    A la suite de cela mes globules rouges se mettent à chuter, mes blastes dans le sang atteignent le taux de 21% et je m’affaiblis considérablement. Jusque là je n’avais pas souhaité me faire suivre en milieu hospitalier, mais à ce moment-là mon état de faiblesse me pousse à contacter le CHU de Nantes afin d’entreprendre la chimiothérapie.

    C’est difficile pour moi car j’ai mis beaucoup d’espoir dans tout ce que j’ai entrepris et là je dois me résoudre à l’évidence : je n’ai plus le choix.

    On me fait immédiatement une nouvelle ponction de moelle osseuse et une analyse de sang.

    Ma numération sanguine est mauvaise : dès le lendemain, j’ai besoin d’une transfusion de globules rouges et je démarre un traitement à la cortisone qui doit précéder la chimio.

    Comme le service ne dispose pas de place en chambre stérile immédiatement je dois retourner chez moi quelques jours. Avant de repartir je demande les résultats de ma ponction, et là, contre toute attente, mon taux de blastes qui était de 83% en février 2017 est descendu à 31% !

    Je refuse donc à nouveau la chimiothérapie qui m’est proposée car je pense que c’est peut-être la fièvre, et en amont la vitamine C qui ont participé à la destruction des blastes. Je n’ai bien sûr aucune certitude mais, une fois encore, je veux me laisser le temps de voir comment cela va évoluer.

    Je continue la vitamine C, les produits Beljanski et la cortisone. (Au total ma prise de cortisone durera 1 mois et demi).

    À partir de là, je commence à me sentir de mieux en mieux et mes analyses sanguines s’améliorent de semaine en semaine.

    Le 15 juin 2018, je n’ai plus de blastes dans le sang et le 12 juillet, toutes mes analyses sanguines sont revenues dans la norme, c’est-à-dire qu’il n’y a plus aucune trace visible de leucémie dans mon sang. Le 10 septembre les médecins me disent que je suis en rémission !

    Aujourd’hui, le 17 avril 2019, soit plus de 2 ans après le diagnostic, je vais très bien. Ma dernière analyse date du 12 avril dernier. Seuls les leucocytes sont à un taux légèrement inférieur à la norme (3,58 giga/L pour une norme minimum de 3,9 giga/L). Tous les autres marqueurs sont dans la norme.

    Jusqu’à quand ? Suis-je simplement en rémission pour un temps ou totalement guérie ? Nul ne peut le dire aujourd’hui. Quoiqu’il en soit je voudrais ajouter qu’au-delà des effets thérapeutiques de la vitamine C, de mon régime alimentaire et des autres compléments que j’ai pris, j’ai également cherché à comprendre le pourquoi de la maladie d’un point de vue psychologique. Grâce à la psycho-généalogie, j’ai pris conscience et me suis libérée de certains blocages que j’avais, en lien avec mon héritage familial. J’ai également pratiqué la méditation, la danse, la prière, etc., afin de m’affranchir de ce qui pouvait faire obstacle, en moi, à la circulation de la force de vie qui parcours l’univers et tous les êtres vivants qui la composent.

     Pour conclure je dirais que cette expérience a renforcé la confiance que j’avais déjà dans mon corps et dans la nature dont il fait partie. Elle m’a appris à le respecter encore d’avantage.

    Elle m’a rappelé aussi que, face à la médecine et à ses certitudes, il ne faut surtout pas oublier de réfléchir par soi-même.

    Céline Briaud

     

    PS : L’utilisation de la vitamine C par voie intraveineuse est aujourd’hui en France très compliquée, car peu de médecins sont prêts à la prescrire. Et les pharmacies françaises ne la distribuent pas. De plus, elle ne peut être administrée que par une voie centrale, par l’intermédiaire d’une chambre implantable ou d’un Picc Line. Mais une autre alternative existe et est également très efficace : L’instillation de vitamine C par voie anale.

  • Sucre, la vérité amère

    De Henry Troisfontaines

    Ajoutée le 23 déc. 2017

    Robert H. Lustig, MD, Professeur de Pédiatrie, Division d’Endocrinologie, explore les dommages causés par les aliments sucrés. Il démontre que le fructose (trop), le sirop de glucose fructose (en trop grande quantité dans 80 à 90 % des aliments transformés), les fibres (pas assez), l’activité physique (pas assez), apparaissent être les pierres angulaires de la pandémie d’obésité, par leurs effets sur l’insuline et jouent aussi un rôle primordial dans le syndrome métabolique. Voir plusCette vidéo, datant de 2008 et vue plus de 8 millions de fois, est devenue en quelque sorte « mythique » et a été suivie et complétée par d’autres exposés de Robert Lustig. Le professeur Robert Lustig dispose aussi d’un site web personnel donnant toutes les informations utiles : http://www.robertlustig.com/about et aussi sur Twitter : https://twitter.com/robertlustigmd?la..
    Cette vidéo ne disposant pas de sous-titres français, j’ai jugé bon d’y remédier tout en acceptant d’avances toutes les corrections que les personnes spécialisées en biochimie voudront bien y apporter. NB si les sous-titres apparaissaient en double, veuillez cliquer sur la 1ère petite icône dans le coin inférieur droit Pour regarder la vidéo originale, – voir dans la playlist « obésité et syndrome métabolique (version sans sous-titres incrustés mais avec sous-titres anglais possibles ).

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  • Alzheimer : il est temps de secouer le cocotier

    Dominique Vialard  rédigé le 10 juin 2015 à 16h47
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    Article paru dans le journal nº 25 d’Alternative Santé  Acheter ce numéro
     
    huile de coco contre Alzheimer – alternativesante.fr
     

    Alzheimer fait maintenant aussi peur que le cancer. Des sommes colossales sont mobilisées pour la recherche. Des milliers de bataillons médicaux sont mobilisés dans le monde. Mais les médecins restent désarmés car il n’existe aucun traitement curatif et seulement quelques médicaments atténuant les symptômes.
    Pendant que la recherche piétine, chacun constate, impuissant, la progression des statistiques : un million de malades en France en 2015. Plus de 400 nouveaux cas diagnostiqués chaque jour dans notre pays, 600 avec les formes de démence fronto-temporales, 225 000 nouveaux patients chaque année…
    Pourquoi n’explore-t-on pas toutes les pistes ?

     

    Pourquoi n’explore-t-on pas
    toutes les pistes ?

    On pourrait penser que toute piste de remède, quelle qu’elle soit, devrait être humblement considérée par des spécialistes qui n’ont par ailleurs rien à proposer. Grave erreur : là comme ailleurs, les orgueilleux généraux de la lutte anti-Alzheimer (qui, rappelons-le, ignorent les causes de la maladie) font la sourde oreille.
    Cette position absurde est d’autant plus consternante que contrairement à ce que l’on nous dit, il existe des pistes de traitement à explorer. Et pas qu’en prévention…

    On voit en effet apparaître des solution qui ne guérissent pas mais qui soignent, notamment aux Etats-Unis où un produit tout bête, l’huile de coco (drôle de remède je vous l’accorde), commence à intéresser les malades et leurs médecins traitants. Outre-Atlantique, on recoure déjà à l’huile de coco dans certains centres anti-Alzheimer et on s’y intéresse pour lutter contre Parkinson et d’autres maladies dégénératives. Les spécialistes américains seraient-ils plus larges d’esprit ?

    Pas de brevet ? No money…

    Nombre de témoignages et d’observations cliniques mettent aujourd’hui au grand jour l’intérêt de l’huile de coco dans l’Alzheimer. Mais les labos s’en moquent.
    Sur la noix de coco : no ®, no money…

    L’Américaine Mary Newport a écrit un livre très argumenté sur le sujet, un bestseller traduit fin 2014 en France sous le titre « La maladie d’Alzheimer – Et s’il existait un traitement ? Les molécules de l’espoir » (Ed. Josette Lyon).
    De passage à Paris pour informer ses confrères français, le Dr Newport a bien voulu répondre à mes questions.

    Si le Dr Mary Newport s’est imposée comme l’une des meilleurs spécialistes en la matière, ce n’est pas pour l’appât du gain ou pour la gloire mais en raison d’un drame personnel : l’Alzheimer précoce de son mari, Steve, frappé à 51 ans.
    C’était en 2001 et, contre toute attente, après 14 ans d’Alzheimer, le mari de cette doctoresse ne se porte pas si mal. Sans autre traitement que l’huile de coco.

    « Mon mari ne prend pas de médicament. Il a décidé d’arrêter son traitement pour l’Alzheimer il y a quelques années car ces pilules lui provoquaient des crises d’anxiété et il pensait que cela lui faisait plus de mal que de bien. »

    Il est facile pour un spécialiste, neurologue de renom ou pas, d’écrire des pavés cliniques sur cette dégénérescence cérébrale et de rire de la noix de coco. Ce n’est pas un médicament… Mais qu’en est-il de l’efficacité réelle de ces fameux médicaments et de la sacro-sainte balance « bénéfices-risques » ? Voyons…

    Un remède à la noix ? Moins que les médicaments

    L’Alzheimer n’est pas une maladie nouvelle. Un papyrus la décrirait chez le pharaon Djedkarê-Isési, près de 3 000 ans avant J.-C, entre autres. On a tous des arrières grands parents ou arrières-arrières qui ont fini leurs jours « gâteux » mais les médecins en faisaient peu de cas.

    En réalité l’Alzheimer n’est vraiment née qu’avec les premiers médicaments censés la combattre : dans les années 1990. Qui dit « médicament » dit « maladie » : de nos jours c’est ainsi… Alors, depuis 25 ans, le nombre de diagnostics a explosé, contribuant à une « épidémie » favorisée par la multiplication des facteurs de risque. On en sait chaque jour un peu plus sur les dégâts cérébraux causés mais on n’avance pas.

    Bien sûr les chercheurs travaillent d’arrache-pied. Une centaine de molécules sont à l’étude dans les labos. Chaque semaine ou presque les médias annoncent un « traitement d’avenir ». L’enjeu commercial est de taille, et cela vaudra bien un prix Nobel… En attendant on utilise toujours, depuis le début des années 2000, quatre médicaments qui ne traitent rien (sinon les symptômes), mais ça rassure les familles… Efficacité douteuse, effets secondaires parfois graves, toxicité avérée. Certains observateurs parlent d’un futur scandale sanitaire.

    « Situation d’autant plus triste qu’aucune molécule efficace ne se profile à l’horizon de 5-10 ans ». Dixit les Pr Even et Debré en 2012 dans leur « Guide des 4 000 médicaments utiles, inutiles ou dangereux ». Rien n’a changé…

    La coco : dix ans de répit pour Steve

    Steve est donc l’époux du Dr Mary Newport. Compte-tenu de l’évolution habituelle de la maladie, Steve, touché en 2001, devrait être en centre spécialisé, assommé de médicaments, végétant, cherchant la sortie pour rentrer chez lui… Eh bien non.

    « Cela fait 7 ans que nous avons commencé le traitement d’huile de coco.
    La première année, son état s’est incroyablement amélioré. Il a retrouvé sa capacité à fonctionner dans la vie quotidienne et sa mémoire est revenue. Il était à nouveau capable de lire, et de se rappeler ce qu’il avait lu. Son état est ensuite resté stable pendant deux ans. Il a connu quelques revers mais rien de grave. Malheureusement, il y a 3 ans, il a été victime d’une crise sévère. Il s’est heurté à la tête, a arrêté de respirer, et il souffre maintenant de crises convulsives toutes les 3 ou 4 semaines, ce qui est courant dans les étapes avancées de la maladie. »

    Mary Newport reconnaît que son mari ne peut plus « communiquer comme avant ». L’huile de coco, faut pas rêver, n’est pas le remède miracle, mais Mme Newport est « convaincue que ces 3 dernières années ont été meilleures qu’elles ne l’auraient été sans l’huile de coco ».

    Mary Newport regrette sûrement en son for intérieur de ne pas avoir connu cette solution plus tôt. Son mari n’a commencé à prendre de l’huile de coco qu’en mai 2008, soit tardivement, 7 ans après les premiers signes !

    Une amélioration significative
    chez 50% des malades ?

    En 2007, alors que son mari commençait déjà « à perdre les pédales », Mary Newport, pédiatre de formation, tombe par hasard sur un communiqué de presse. Le titre est accrocheur : « Les TCM peuvent augmenter significativement la mémoire et les capacités cognitives chez près de la moitié des patients ».

    Ce constat était issu d’une étude américaine menée à l’initiative d’un fabricant de compléments alimentaires, Accera, qui avait lancé un produit spécifique à base de triglycérides à chaînes moyennes (TCM), baptisé alors AC-1202.

    En quête de solutions pour son mari, le Dr Newport retrouve espoir grâce à cette étude (avec placebo en double aveugle) du Dr Sander Henderson. Et comme elle n’a rien à perdre, elle décide dès 2008 de donner chaque jour au petit déjeuner  de l’huile de coco, riche en TCM, à son mari.

    « Accera a réalisé une autre étude peu après, avec 152 personnes. Il a de nouveau été observé une amélioration des capacités cognitives et de la mémoire chez près de la moitié d’entre eux et dans les 45 jours (pour 90 jours de prise de TCM au total). Mais ce produit était encore en développement, il n’était pas commercialisé. »

    « Comme je savais que les TCM étaient extraits de l’huile de noix de coco (qui en contient environ 60% avec l’acide laurique notamment), j’ai pu calculer combien d’huile de noix de coco je devais donner à mon mari pour une dose de TCM équivalente. Les effets ont été immédiats. Je ne voyais pas pourquoi les patients devaient attendre une prescription médicale alors qu’un aliment pouvait les aider. J’ai alors creusé mes recherches et promu publiquement cette solution. »

    L’Alzheimer serait-il
    une forme de diabète ?

    Le recours aux TCM de l’huile de coco pour l’Alzheimer n’est pas un remède de grand-mère. Tout est parti d’une nouvelle approche de la maladie, révolutionnaire.

    Jusqu’à récemment, on croyait couramment que l’insuline n’était produite que dans le pancréas. Mais en 2005 , coup de tonnerre : une importante étude des équipes du Dr Suzanne M. de la Monte et d’Eric Steen (Université Brown, Hôpital de Rhode Island) assimile l’Alzheimer à une nouvelle forme de diabète. Ces résultats ont été publiés dans le « Journal of Alzheimer’s Disease » cette année là. Ces chercheurs ont découvert que le cerveau produisait sa propre insuline. Le pancréas ne serait plus le seul organe sécréteur…

    Ces chercheurs ont observé le cerveau de patients Alzheimer ne souffrant pas de diabète de type 1 ou de type 2 et ils y ont découvert une déficience en insuline, pourtant caractéristique du diabète.

    Puis en surveillant le cerveau de ces patients sur plusieurs années, ils ont pu confirmer que l’insuffisance d’insuline augmentait proportionnellement à l’évolution de la maladie. Cela a été publié en 2008.

    L’Alzheimer cache un problème de métabolisme du glucose, expliquent-ils. Il y a dans cette maladie des anomalies des transporteurs du glucose 1 et 3 chargés de répartir le glucose dans les cellules du cerveau à travers la circulation, ils sont dus à un manque d’insuline. De plus, un enzyme, appelé PDH (Pyruvate déshydrogénase), est déficitaire dans l’Alzheimer. Cet enzyme décompose le glucose et le transforme en ATP, l’énergie au niveau cellulaire. Ce problème d’apport en glucose au cerveau serait donc un problème métabolique fondamental dans l’Alzheimer.

    Diabète et Alzheimer, sous deux formes différentes, auraient la même origine, le second étant considéré comme un « diabète de type 3 ». Quelques médecins français commencent à partager ou accréditer cette piste développée par le livre du neurologue américain David Permutter (« Ces glucides qui menacent notre cerveau », 2015).

    Les cétones : le secret de l’huile de coco

    Notre cerveau, pour fonctionner, a besoin de glucose. A lui seul, il représente 20 % de notre consommation énergétique. Mais le cerveau dispose d’un carburant de secours en cas de manque de glucose : les cétones.

    Les cétones ont mauvaise réputation, à tort, assure Mary Newport. On les bannit par exemple dans les huiles essentielles, à fortes doses elles sont neurotoxiques. A fortes doses… mais en quantités raisonnables elles sont bénéfiques aux neurones.

    « Nos ancêtres ont connu des périodes de famine et grâce aux réserves de lipides et calories faites pendant les périodes plus fastes, leur organisme a pu faire face. Notre corps commence à puiser dans ces réserves 36 heures après le début de la privation de nourriture. Heureusement les acides gras stockés dans notre corps fournissent du carburant aux muscles, au cœur et au cerveau. Ils ne peuvent pas traverser la barrière sang-cerveau mais dans le foie ils sont convertis en cétones et ces petites molécules peuvent la traverser. C’est ainsi que pendant un jeûne les cellules cérébrales qui consommaient du glucose se mettent facilement à se nourrir de cétones.

    En fait, chaque matin, à moins qu’on ne se soit levé pendant la nuit pour grignoter quelque chose, les cétones couvrent 2 à 6 % de nos besoins énergétiques. Cette flexibilité métabolique a été mise en évidence dans les années 60.
    Dans le lait de la maman, il y a aussi des acides gras triglycérides à chaîne moyenne, comme dans l’huile de noix de coco, et le bébé les utilise aussi, si bien que les cétones fournissent environ 25% de l’énergie du cerveau du bébé. »

    Le régime cétonique :
    un « traitement » vieux comme Hérode

    On utilise les cétones depuis longtemps dans le traitement des maladies.
    On trouve dans la Bible, comme dans la littérature du Moyen Âge, des références au jeûne comme traitement de l’épilepsie par exemple.

    De nos jours encore les cétones sont largement utilisées chez des patients souffrant d’épilepsie, avec des résultats spectaculaires : c’est le cas des enfants (les cétones entraînent une baisse de 90% des crises dans presque un tiers des cas et de 50% chez la moitié des petits malades).

    L’intérêt de ce substitut énergétique fait aussi l’objet depuis un certain temps de nombreuses études dans le cadre du cancer où le jeûne – on le sait depuis longtemps- peut être salvateur.

    Pour l’Alzheimer, en revanche, il a fallu attendre les travaux américains du Dr Richard Veech dans les années 90 pour s’intéresser aux vertus de ces composés carbonylés issus de la dégradation des lipides. Et pour finir par constater que les lipides de la noix de coco étaient d’excellents pourvoyeurs de ces composés énergétiques.

    De plus en plus d’Instituts Alzheimer
    convaincus aux USA

    Parmi les lipides, on sait maintenant que les triglycérides à chaîne moyenne (TCM) ont la particularité de produire davantage de corps cétoniques que les triglycérides à chaîne longue. Grâce à leur structure (ils sont composés de seulement 6 à 10 carbones) ces graisses sont mieux absorbées et fournissent une source d’énergie plus rapidement disponible que les autres.

    « L’huile de coco contient plus de 50% de TCM. De plus en plus de médecins s’y intéressent pour cette raison. Le Dr Perlmutter a écrit quelques livres évoquant cette alternative. Son père a fait un Alzheimer. Il a commencé à parler de cette solution à ses patients peu de temps après que nous ayons choisi cette solution avec mon mari Steve. Le message commence à passer aux Etats-Unis. »

    Un certain nombre d’instituts Alzheimer à travers les États-Unis mettent désormais leurs patients sous huile de coco ou TCM. L’Université de Californie et un Institut Alzheimer très réputé ont engagé des études sur l’efficacité des TCM chez des patients atteints d’Alzheimer. Plusieurs grands essais sont en cours. À l’initiative de la société Accera, du laboratoire GlaxoSmithKline, des universités de Yale, Miami…

    « Nous devrions bientôt avoir des résultats intéressants à faire valoir pour convaincre les médecins de regarder de près à ces produits et d’en faire bénéficier leurs patients. » conclut Mary Newport.

    Pas de danger avéré ni de risque sur le cholestérol ?

    « Les cétones ne sont dangereuses qu’à de hautes concentrations. On le voit principalement chez les diabétiques de type 1 qui ont de très hauts niveaux de glucose sanguin. Ces personnes souffrent évidemment d’une carence en insuline, elles brûlent leurs réserves de gras très vite et produisent un niveau très élevé de cétones ce qui crée une acidification générale très dangereuse. Ces taux atteignent autour de 25 ml/mol. En comparaison quand vous consommez de l’huile de coco ou des TCM cela produit dans le foie des cétones, environ 0,5 ml/mol, soit 50 fois moins que dans le diabète. A ces niveaux, l’organisme a la capacité de tamponner les acides que vous consommez. »

    Quant au risque d’accroître son mauvais cholestérol, pour l’instant quelques études ont montré que cette huile accroît au contraire le taux de bon cholestérol. Il a également été montré que les personnes vivant en Asie et d’autres pays où l’alimentation de base se compose de grandes quantités d’huile de noix de coco, avaient, quel que soit leur âge, un bon équilibre en cholestérol et ne souffraient pas particulièrement d’obésité ou de troubles cardiovasculaires.

    Mary Newport s’enflamme : « Cette idée selon laquelle l’huile de coco fait grimper le cholestérol est partie d’une rumeur, lancée par un fabricant américain qui commercialise une huile de soja devenue très populaire mais qui n’a pas apprécié l’arrivée de concurrents avec l’huile de coco.
    Cette compagnie a donc entretenu dans les médias cette rumeur selon laquelle l’huile de coco obstruait les artères. Elle a même réussi à obtenir des autorités américaines la mise en place de droits de douane sur l’huile de coco, qui ont rendu ce produit cher. Il est temps de rétablir la vérité en menant de grands essais avec l’huile de coco. »

    Quel intérêt quand la maladie
    est avancée ?

    Le Dr Newport l’admet sans détours : « L’huile de coco n’est probablement pas assez efficace pour inverser la maladie de manière significative dans les dernières étapes, ne serait-ce que parce qu’un grand nombre de neurones dans le cerveau sont déjà morts. Il n’est pas possible de les « ressusciter » mais j’ai pu constater l’intérêt de ce produit chez des gens à différents stades de la maladie.

    A un stade avancé on voit parfois une légère amélioration, les personnes par exemple se reconnaissent à nouveau, et dans les étapes ultérieures, certains patients qui avaient cessé de parler ont retrouvé la parole. Ce n’est pas rien, cela dit plus tôt vous démarrez ce traitement, plus efficace il sera.
    Et cela vaut pour d’autres maladies… »

    Peut-être une alternative aussi
    pour Parkinson ou la SLA…

    L’huile de coco pourrait être bénéfique pour toutes les maladies neurodégénératives, y compris la maladie de Parkinson. C’est l’une des grandes révélations du nouveau livre de Mary Newport paru le mois dernier aux Etats-Unis**. Explications :
    « Dans la maladie de Parkinson on observe aussi ce problème métabolique : le glucose parvient mal aux neurones. C’est encore à élucider mais j’ai reçu une quarantaine de témoignages de personnes atteintes de Parkinson qui ont obtenu une amélioration grâce à la prise de TCM, et certains sont restés stables plusieurs années. »

    Une compagnie a commercialisé un produit appelé « Fuel for Thought » développé par le Dr Theodore Vanitallie, qui a 95 ans maintenant. Ce médecin spécialiste du Parkinson a publié une étude sur le régime cétogène dans le cadre de cette maladie. Cinq personnes atteintes de Parkinson ont suivi un régime cétogène pendant 6 semaines et cette diète a amélioré de 80% leurs symptômes. A partir de ce constat j’ai collaboré avec le Dr Vanitallie au sein de Cognate Nutritionals pour la mise au point d’un produit associant huile de coco et TCM. Cela a abouti à Fuel for Thought.

    Les premières études que nous avons faites dans le Parkinson, montre des améliorations significatives. Et des protocoles spécifiques à d’autres maladies dégénératives sont en phase d’étude. Nous avons maintenant des arguments nous permettant d’affirmer que l’huile de coco et les TCM peuvent apporter une aide non seulement dans le Parkinson mais dans d’autres maladies neurodégénératives telles que la SLA ou maladie de Charcot.

     

    J’espère là aussi que la publication prochaine des résultats éveillera l’attention des médecins. »

    N’attendez pas que le médecin vous en parle (à moins d’être vraiment très patient…)

    Qui sait que la maladie d’Alzheimer est probablement une forme de diabète ? Pas grand monde…

    « Plusieurs groupes à travers le monde ont étudié le métabolisme de l’insuline et du glucose dans le cerveau mais les scientifiques dans leur ensemble n’ont pas pris conscience de ce phénomène pour la simple raison que les fonds qui leur étaient attribués l’ont été pour trouver le moyen d’éliminer les plaques amyloïdes dans l’Alzheimer et pas d’étudier ce métabolisme du glucose. »

    Quel médecin a entendu parler des TCM et de l’huile de coco comme moyens de freiner l’Alzheimer et d’autres maladies dégénératives ? Une poignée…
    « Il est évident que pour les compagnies pharmaceutiques ce n’est pas un projet viable même si certaines peuvent toujours essayer de breveter un médicament à partir des TCM. Ce n’est qu’un aliment à la portée de tous. Et c’est tant mieux : je ne vois pas pourquoi des gens qui souffrent devraient attendre le temps que des études soient faites, pour en bénéficier. Combien d’années encore, de précieuses années ? »

    Une huile facile à trouver

    L’usage d’une huile de coco de qualité peut très bien convenir, et pas seulement pour l’Alzheimer : cette huile est aussi réputée anti-infectieuse, antibactérienne et tuerait le staphylocoque doré ou le candida albicans. Mary Newport et son mari ont d’abord choisi cette forme avant de passer aux compléments.

    En cuisine, chauffée, c’est une huile qui ne produit pas de composés toxiques. De plus sa forme solide à température ambiante en fait un bon substitut au beurre dans les pâtisseries. Elle ne manque donc pas d’intérêt.

    Mais cette huile est très riche en acides gras saturés et pas toujours très digeste. Maux de ventre, diarrhées… gare aux excès. Son usage est délicat et ne convient donc pas à tout le monde.

    Les conseils d’utilisation
    de Mary Newport

    « L’huile de coco peut être utilisée dans la cuisine de tous les jours si on le supporte, ou prise sous forme de compléments.
    Dans tous les cas je suggère toujours de commencer par une petite quantité d’huile de coco ou de TCM, environ 2 à 5 g (environ une cuillère à café), 2 ou 3 fois par jour avec de la nourriture car ces acides gras peuvent provoquer des troubles au niveau de l’estomac. Puis d’augmenter progressivement jusqu’à atteindre 45 à 90 grammes par jour (un demi-verre). Evidemment plus on en consomme, plus on apporte de cétones au cerveau. D’ailleurs je pense qu’il est bon de répartir les apports de façon régulière la journée pour maintenir un flux constant vers le cerveau. »

    Que ceux et celles qui répugnent à employer de l’huile de coco en cuisine se rassurent. Le produit Axona qu’emploie Dr Newport n’est disponible qu’aux Etats-Unis sur prescription, mais il existe Outre-altlantique un produit baptisé « Fuel for Thought », qui peut être commandé sous la forme de bouteilles de 75 ml (voir le carnet d’adresse).

    Mary Newport ne se cache pas d’être en relation avec cette marque puisqu’elle a participé à la conception du complément. Pour ceux qui seraient gênés par cet aspect, il existe depuis quelques semaines en France un complément équivalent.
    Ce produit français à base de TCM d’huile de coco est disponible depuis la fin mai sous forme de sachets à diluer dans l’eau (voir le carnet d’adresses).

    Vous pouvez également vous procurer de l’huile de coco en pot dans les boutiques bio (voir le carnet d’adresses).

    En France, le consensus médical n’a pas l’air de vouloir s’intéresser à cette solution, de près ou de loin. Pourtant, les médecins devraient se poser la question de savoir ce qu’ils peuvent proposer d’autre dans ce terrible compte-à-rebours de l’Alzheimer contre lequel ils restent totalement désemparés.

    Carnet d’adresses :

    Fuel for Thought

    Cetogen

    Huile de noix de coco

    ** « The Coconut Oil and Low-Carb Solution for Alzheimer’s, Parkinson’s, and Other Diseases », Mary T. Newport, M.D. (Basic Health Publications, 2015).

    Source : Alzheimer : il est temps de secouer le cocotier

  • Maladie d’Alzheimer : le régime cétogène à l’étude

    Stéphanie Lavaud, avec Sue Hughes

    AUTEURS ET DÉCLARATIONS | 10 août 2017

    Les stratégies qui augmentent l’assimilation des cétones par le cerveau dans le traitement de la maladie d’Alzheimer ou des troubles cognitifs légers prennent de l’ampleur, selon les experts dans le domaine.

    Toute une séance consacrée au métabolisme des cétones cérébrales et aux interventions cétogènes a eu lieu lors de la récente conférence internationale de l’Alzheimer’s Association International Conference (AAIC) 2017, avec de nouvelles données cliniques montrant quelques observations préliminaires passionnantes.

    « Nous savons que dans la maladie d’Alzheimer, le cerveau perd sa capacité à utiliser le glucose pour produire de l’énergie « , explique Stephen Cunnane, PhD, Université de Sherbrooke, Québec, Canada. « Certaines régions du cerveau sont en baisse de 40% en termes de métabolisme du glucose. Nous pensons que cet écart d’énergie augmente le risque de dysfonctionnement neuronal et de déclin cognitif. »

    Les études préliminaires présentées ici suggèrent que le cerveau peut utiliser des cétones au lieu du glucose pour réduire l’écart d’énergie, dit le Dr Cunnane. « Ces stratégies doivent faire l’objet de recherches plus poussées pour voir si elles peuvent retarder le déclin cognitif chez les personnes âgées « , a-t-il ajouté.

    Les nouvelles données comprenaient un essai pilote d’un régime cétogène, associé à une amélioration de la fonction cognitive chez les patients atteints de la maladie d’Alzheimer, et les résultats préliminaires d’une étude en cours suggérant qu’un supplément cétogène sous forme de triglycérides à chaîne moyenne peut partiellement rétablir l’apport énergétique cérébral chez les patients présentant une légère déficience cognitive, avec des indications d’amélioration associée de la fonction cognitive.

    Une autre étude, présentée sous forme d’affiche, indique que l’exercice physique augmente l’absorption des cétones dans le cerveau.

    « Nous ignorons si c’est là le mécanisme responsable des effets bénéfiques bien documentés de l’exercice sur les fonctions cognitives, mais nous ne savons pas si les suppléments cétogènes et l’exercice pourraient être combinés pour avoir un impact plus important sur le déficit énergétique du cerveau « , a déclaré le Dr Cunnane.

    « Le régime cétogène est utilisé dans l’épilepsie depuis près de 100 ans et s’est révélé efficace pour réduire les crises d’épilepsie « , a déclaré Russell H. Swerdlow, MD, University of Kansas Alzheimer’s Disease Center, Fairway, qui a présenté l’étude sur le régime cétogène, à Medscape Medical News.

    « Nos résultats suggèrent qu’il pourrait également être utile dans d’autres formes de maladies neurologiques comme la maladie d’Alzheimer, mais ce n’est pas un régime facile à suivre « , a-t-il ajouté. « Le but de notre étude est d’établir un principe selon lequel le métabolisme du cerveau peut être sauvé par un carburant autre que le glucose. »

    Le Dr Cunnane a noté que des études ont montré que l’absorption de glucose dans le cortex frontal cérébral est 14 % plus faible chez les personnes âgées en bonne santé cognitive que chez les jeunes personnes en bonne santé. Les patients atteints de la maladie d’Alzheimer au stade précoce présentent un déficit plus élevé, avec un taux d’absorption du glucose de 20 à 30 % inférieur à celui des personnes âgées cognitivement normales.

    « Quiconque essaie de fonctionner avec 20 % moins de glucose dans le cerveau à long terme souffrira d’épuisement cérébral « , a-t-il dit.

    Il a reconnu qu’il y a eu un débat sur la question de savoir si la réduction du métabolisme du glucose dans le cerveau observée dans la maladie d’Alzheimer est une cause ou une conséquence de la maladie,  » l’argument étant que si les neurones sont morts, ils n’ont pas besoin de prendre du glucose « .

    Mais il a souligné que des études ont montré un hypométabolisme latent présymptomatique de la glycémie cérébrale chez les personnes âgées, les personnes insulinorésistantes, les personnes ayant des antécédents familiaux de la maladie d’Alzheimer et les porteurs d’APOE4. « Et nous avons montré que le cerveau peut continuer à absorber des cétones lorsque sa capacité d’utiliser le glucose diminue « , a-t-il noté. « Si les neurones sont morts, ils ne devraient pas pouvoir absorber les cétones non plus. »

    La recherche se concentre donc sur l’augmentation de la concentration de cétones dans le sang pour voir si cela est associé à une réduction du déclin cognitif.

    Régime cétogène

    La première et la plus évidente façon d’augmenter la concentration de cétones dans le sang est par l’alimentation, mais ce n’est pas simple, car elle nécessite un apport très faible en glucides.

    Le Dr Swerdlow a expliqué que les cétones sont produites par l’organisme dans des conditions de famine lorsque les taux d’insuline sont très faibles.

    « Lorsque l’apport en glucides est considérablement réduit sans augmenter les protéines, les niveaux d’insuline diminuent et l’organisme commence à mobiliser ses réserves de graisse « , explique-t-il. « Ces graisses sont transformées en cétones dans le foie et libérées dans le sang, où elles remplacent le glucose. Dans ces conditions, les neurones du cerveau passent de la consommation de glucose carbone à la consommation de cétone carbone comme source d’énergie, mais les graisses ne sont métabolisées en cétones que si les niveaux d’insuline sont très faibles. »

    L’objectif du régime cétogène est donc de réduire l’insuline en consommant très peu de glucides, le reste des calories provenant des graisses, dit-il. « L’adhésion à un régime cétogène, cependant, exige un engagement considérable, et la capacité des patients atteints de la maladie d’Alzheimer à suivre un régime cétogène est inconnue.

    Le Dr Swerdlow a présenté les résultats d’une petite étude pilote montrant qu’il est possible pour les patients atteints de la maladie d’Alzheimer de suivre un régime cétogène pendant une courte période, ce qui semble lié à une amélioration de la fonction cognitive.

    Dans le cadre de l’étude, 15 personnes ayant reçu un diagnostic de maladie d’Alzheimer légère ont été soumises à un régime cétogène avec suppléments de triglycérides pendant 3 mois. Le degré de cétose atteint a été mesuré par des analyses d’urine quotidiennes ainsi que par la mesure mensuelle des taux plasmatiques de bêtahydroxybutyrate. La fonction cognitive a été évaluée au départ, à la fin de la période d’alimentation de trois mois et après un mois supplémentaire lorsque les patients sont revenus à une alimentation normale.

    Les résultats ont montré que 10 des 15 patients ont réussi à maintenir leur régime alimentaire et ont obtenu une cétose soutenue. Ces patients présentaient une démence moins grave que cinq patients ayant interrompu leur régime alimentaire.

    Dans le cas des 10 patients qui sont demeurés sous régime pendant 3 mois, la fonction cognitive s’est améliorée de 4,1 points par rapport à la valeur initiale sur l’échelle d’évaluation de la maladie d’Alzheimer (ADAS Cog), mais les scores sont revenus à leur valeur initiale après le retour des patients à leur régime alimentaire normal. Aucun problème de sécurité n’a été signalé.

    « En ce qui concerne les études sur la maladie d’Alzheimer, une amélioration de 4 points du score ADAS Cog est assez robuste « , a noté le Dr Swerdlow. « Il est plus élevé que celui observé dans les études sur les inhibiteurs de la cholinestérase. Cela suggère une amélioration significative de la cognition. »

    À sa connaissance, dit-il, il s’agit du premier rapport d’une étude sur l’alimentation cétogène chez des patients atteints de la maladie d’Alzheimer, bien qu’une étude antérieure menée chez des personnes atteintes de troubles cognitifs légers ait également suggéré un effet bénéfique.

    « Il ne s’agit que d’une étude pilote – je n’irais pas jusqu’à dire que cela a fonctionné « , a-t-il ajouté. « Mais nous pouvons dire que nous avons vu un signal thérapeutique potentiel qui justifie d’autres études pour confirmer s’il y a un effet réel. C’est vraiment excitant. »

    Mais parce que le régime alimentaire implique un apport si faible en glucides qu’il n’est pas jugé faisable de le recommander pour une utilisation de routine dans le traitement ou la prévention de la maladie d’Alzheimer.

    « Ce n’est pas un régime que les gens aimeront suivre « , a dit le Dr Swerdlow. « Le but ultime n’est pas de recommander un régime cétogène dans leur vie quotidienne – ce sera trop difficile. Nous essayons simplement de montrer la preuve de principe que la manipulation du métabolisme énergétique du cerveau peut avoir un impact sur les symptômes de la maladie d’Alzheimer. Si nous pouvons l’établir, nous pourrons alors essayer de trouver d’autres moyens de simuler les effets d’un régime cétogène qui, espérons-le, serait plus acceptable.

    « Il peut s’agir de suppléments ou d’une thérapie médicamenteuse « , a-t-il ajouté. « L’objectif final serait de trouver un produit pharmaceutique qui manipulerait les niveaux d’énergie du cerveau de la même façon. »
    Supplément de triglycérides

    Une façon plus facile d’administrer des cétones au cerveau peut être sous forme de suppléments sans qu’il soit nécessaire d’avoir un régime alimentaire pauvre en glucides.

    Cette approche est étudiée dans l’étude BENEFIC, dont les résultats intermédiaires ont été présentés par M. Cunnane.

    « Dans cette étude, nous ne demandons pas aux patients de suivre un régime spécifique. Nous leur donnons simplement un supplément – deux fois par jour – la moitié le matin et l’autre moitié le soir. C’est certainement plus facile d’un point de vue logistique que d’essayer de s’en tenir à un régime cétogène « , dit-il.

    L’étude assigne au hasard 50 patients atteints de troubles cognitifs légers à un traitement de 6 mois avec un supplément de triglycérides à chaîne moyenne (30 g de graisse cétogène par jour[dans une émulsion de lait écrémé sans lactose]) ou un placebo. Les participants subissent une batterie cognitive et des traceurs de tomographie par émission de positrons de cétone et de glucose au début et à la fin de la phase de traitement. Jusqu’à présent, 12 patients de chaque groupe ont terminé l’étude et les résultats ont été rapportés sur ces patients.

    Les résultats ont montré un déficit énergétique cérébral de 4 % à 8 % qui était spécifique au taux métabolique cérébral attribué au glucose chez les patients présentant une légère déficience cognitive au départ. Le taux métabolique cérébral attribuable aux cétones a augmenté après l’intervention dans le groupe actif seulement et en proportion directe avec l’augmentation des cétones plasmatiques.

    En termes de fonction cognitive, la performance dans des domaines spécifiques de la fonction exécutive et de la vitesse de traitement (score sémantique de fluidité verbale et sémantique et performance dans le temps du Trail Making Number-Letter Switching Test) montre une corrélation directe avec les niveaux de cétones plasmatiques. Le taux d’observance sur 6 mois dans les deux groupes était de 78 %.

    « Nous sommes en train d’évaluer si le cerveau peut utiliser les cétones contenues dans le supplément, et la réponse est certainement oui « , a déclaré le Dr Cunnane à Medscape Medical News. « C’était une étape critique. Nous avons aussi vu des signes d’avantages cognitifs, mais c’est une étude trop petite pour dire quoi que ce soit de définitif. »

    Résultats en 2018

    Néanmoins, encouragé par ces premiers résultats, il ajoute : « nous avons montré que l’amélioration cognitive était liée à la concentration en cétones. Si cette relation existe alors nous devrions voir un effet significatif sur les critères de cognition. »

    « Nous résultats nous laisse penser que nous avons corrigé environ les deux tiers du déficit en énergie chez ces patients souffrant d’une atteinte cognitive légère avec 30 grammes d’un complément riche en triglycérides. Nous pensons que nous aurions besoin d’une dose plus élevée pour ramener le niveau d’énergie à 100% – peut-être 45g par jour » ajoute-t-il.

    L’étude BENEFIC devrait se terminer à la fin de l’année, et les résultats être disponible au printemps prochain. La prochaine étape serait un essai multicentrique. A suivre.

    Régime cétogène : de l’épilepsie à la maladie d’Alzheimer

    Si le régime cétogène est utilisé depuis un siècle environ (1921), suite aux recherches du Dr Rawle Geyelin, pour soigner certaines épilepsies, les grecs, déjà, dans l’Antiquité, avaient remarqué que le meilleur moyen d’être délivré des crises était de jeûner [3]. Mais, c’est au Dr Mary Newport que l’on doit d’avoir popularisé le régime cétogène dans la maladie d’Alzheimer. En 2008, ce médecin et chercheur américain, « teste » sur son mari Steve, atteint de la maladie d’Alzheimer à 51 ans, une prise quotidienne d’huile de noix de coco. L’effet est impressionnant avec une amélioration rapide de ses symptômes, qui lui donne un répit de deux ans avant que son état se détériore à nouveau. Mary Newport en tire un livre qui fait connaître cette piste de recherche [4]. Après avoir connu un certain engouement auprès du public, l’huile de coco et la diète cétogène trouvent désormais un écho auprès des chercheurs, et notamment du canadien Stephen Cunnane de l’Université de Sherbrooke, qui s’attache depuis quelques années à démontrer scientifiquement le lien entre cétones et vieillissement cérébral. Il reste néanmoins prudent : « Nous ne voulons pas donner l’impression fausse que nous détenons la solution miracle » affirmait-il en 2013 [5].

    L’étude sur la diète cétogène a été financée par l’Université du Kansas. L’association Alzheimer a financé l’étude sur la supplémentation en triglycérides.

    L’article original a été publié sur Medscape édition internationale le 3 août 2017. Traduit de l’anglais et adapté par Stéphanie Lavaud. Modifié le 17/08/17 suite aux commentaires du Dr Le Roux.

    Liens

  • Alzheimer : ces patients qui en guérissent

    Par Marie-Céline Ray | Publié le 24/06/2016 | Mis à jour le 21/09/2018
     

    De nouveaux travaux suggèrent que la maladie est réversible si on intervient sur l’alimentation, l’activité physique, la relaxation.

    La maladie d’Alzheimer est une forme de démence qui toucherait 1 million de personnes de plus de 65 ans en France. Plusieurs facteurs environnementaux, dont l’alimentation, l’exposition aux toxiques (aluminium), la prise de certains médicaments (anticholinergiques) et le niveau d’activité physique constitueraient des facteurs de risque.

    Lire : Maladies neurologiques : plus fréquentes et plus précoces

    Récemment, des approches métaboliques ont donné des résultats encourageants sur des patients atteints d’Alzheimer, suggérant qu’il est possible d’inverser la maladie. Explications.

    Des patients Alzheimer retrouvent la mémoire dans une étude pilote

    Une étude pilote de 2016 conduite par l’équipe de Dale Bredesen (université de Californie) a suivi les effets d’un nouveau type de traitement personnalisé sur 10 patients. Le traitement, appelé ReCODE consiste à agir sur 36 facteurs comme l’alimentation, l’exercice, les habitudes de sommeil, le yoga et la relaxation… Il utilise aussi le cas échéant des hormones, des compléments alimentaires ou de la stimulation cérébrale. Comme la maladie d’Alzheimer est complexe et fait intervenir plusieurs facteurs (au moins 36), dit Dale Bredesen, la solution doit donc être multiple et combiner différentes stratégies.
    Dans l’étude, des changements dans le mode de vie et ces traitements ont duré de 5 à 24 mois ; la plupart des patients ont eu des améliorations bien réelles, comme l’explique l’un des chercheurs, Dale Bredesen, de l’université de Californie, Los Angeles : « L’ampleur de l’amélioration de ces 10 patients est sans précédent. »

    • Un patient de 69 ans qui était toujours en activité était sur le point d’arrêter son entreprise à cause de ses pertes de mémoire. Des tests ont révélé un Alzheimer précoce. Après 22 mois de ce programme, ses tests cognitifs se sont améliorés et il a pu reprendre son travail. L’équipe explique que « Le neuropsychologue qui a effectué et évalué son test a souligné que son amélioration a été au-delà de ce qui avait été observé chez le neuropsychologue en 30 ans de pratique. »
    • Un autre patient de 66 ans avait été diagnostiqué Alzheimer. Au bout de cinq mois d’intervention, il a arrêté le programme. Son état a décliné et il a eu des pertes de mémoire. Il a repris le programme, ce qui a permis d’arrêter ses épisodes de perte de mémoire. Au bout de 10 mois, son état s’est amélioré et le volume de son hippocampe avait augmenté de 10 % environ.

    La plupart des patients avaient retrouvé des résultats normaux aux tests cognitifs à la fin du traitement. Mais il est encore trop tôt pour savoir si ces améliorations perdurent. L’étude suggère que la perte de mémoire des patients peut donc être inversée par des changements dans le mode de vie des patients. Le protocole ReCODE est détaillé dans son livre La fin d’Alzheimer. D’autres études sont en cours

    Voici le témoignage de deux femmes qui ont suivi le protocole ReCODE :

    • Julie : « Je ne me souvenais plus des noms, je n’arrivais plus à situer certaines personnes au sein même de ma famille. C’était terrifiant et très embarrassant. Je crois que le pire de ce que j’ai vécu a été de devoir coller un post-it sur mon volant pour me rappeler de quel côté de la route il fallait que je conduise. Mais en 3 à 4 mois de protocole, j’ai connu des changements significatifs : désormais je reconnais les gens, je sais à qui est tel ou tel enfant, qui est le mari de qui, je me rappelle des professeurs de mes enfants. Et surtout : je conduis en toute confiance. »
    • Deborah : « Les premiers symptômes ont commencé il y a 20 ans mais je ne savais pas qu’il s’agissait de la maladie d’Alzheimer : mon vocabulaire s’appauvrissait, je n’arrivais plus à participer aux réunions, à partir du milieu de l’après-midi, j’étais épuisée intellectuellement. Lorsque j’étais jeune, je jouais du piano, et avec la maladie, je n’y parvenais plus. Lorsque je m’asseyais devant un piano, j’étais incapable de déchiffrer une partition. Au bout de deux ans de protocole, je me suis rassise devant un piano et j’ai pu lire à nouveau une partition et rejouer du piano facilement. » 

    Le régime cétogène pourrait améliorer les patients

    Le régime cétogène consiste à diminuer drastiquement les glucides de son alimentation et à augmenter les graisses dans la même proportion. Ce régime intéresse les  médecins qui soignent les patients Alzheimer parce qu’une fois la maladie bien installée, les cellules nerveuses des malades ne parviennent plus à utiliser le glucose comme source d’énergie et finissent par mourir. 

    «Chez les malades d’Alzheimer, indique le Dr Michèle Serrand, auteure de Le régime cétogène contre la maladie d’Alzheimer  on observe une incapacité des neurones (cellules nerveuses) à bien utiliser le glucose (sucre) qui est leur première source d’énergie habituellement. Or sans énergie, pas de vie : les neurones ne peuvent pas vivre et fonctionner normalement. Certains chercheurs évoquent la maladie d’Alzheimer comme une sorte de diabète du cerveau, un diabète de type 3. Aujourd’hui, il n’y a pas de médicaments efficaces pour permettre aux neurones d’utiliser le glucose à nouveau normalement. Mais les neurones ont la capacité d’utiliser une autre source d’énergie. Il s’agit des cétones, des substances naturelles issues des graisses

    Lorsqu’on réduit fortement sa consommation de glucides et qu’on les remplace par des graisses (notamment huile de coco), le foie se met à produire des molécules appelées cétones qui constituent une excellente source d’énergie pour pratiquement tous les tissus du corps. C’est ce qu’on appelle le régime cétogène. Lorsque l’organisme fonctionne à partir des corps cétonique, il est dit en état de cétose, un état proche qui peut être atteint aussi par le jeûne.

    Selon la recherche actuelle, les cétones pourraient être considérées comme des médicaments agissant contre différentes maladies comme l’épilepsie, les maladies d’Alzheimer et de Parkinson, la migraine, certains troubles métaboliques comme le diabète et même le cancer.

    Plusieurs patients ont été améliorés avec un régime cétogène. Lire par exemple ce témoignage

    Au moins 9 facteurs de risque d’Alzheimer sur lesquels on peut agir

    Dans une étude parue en 2015, des chercheurs rapportent que 9 facteurs de risque potentiellement modifiables pourraient contribuer jusqu’à deux tiers des cas de maladie d’Alzheimer. Des stratégies de prévention ciblant alimentation, médicaments, chimie du corps, santé mentale, maladie pré-existante et mode de vie peuvent donc aider à diminuer le risque de démence.

    Les chercheurs ont réalisé une méta-analyse avec 323 publications couvrant 93 facteurs de risque de la maladie d’Alzheimer. Ils ont mis en évidence que l’exposition à certains médicaments – notamment ceux permettant de diminuer la tension artérielle et les anti-inflammatoires non stéroïdiens –, ou aux œstrogènes permettraient de prévenir la maladie d’Alzheimer. De la même façon, des apports élevés en certaines vitamines (vitamine B9 ou folates, vitamines E ou C) ou encore la consommation de café sont associés à une diminution du risque de maladie d’Alzheimer.

    Lire : Le café contre Alzheimer

    En ce qui concerne les habitudes alimentaires, une consommation plus fréquente de poisson et un régime méditerranéen pourraient permettre de réduire le risque de démence.

    Lire : Le régime méditerranéen bon pour la mémoire et Alzheimer 

    Les chercheurs ont ensuite cherché à évaluer la contribution des 9 principaux facteurs de risque au développement de la maladie, soit l’obésité, le rétrécissement de l’artère carotide, le faible niveau d’instruction, la dépression, la fragilité, l’hypertension artérielle, le tabagisme, des niveaux élevés d’homocystéine, le diabète de type 2. Résultats : ces facteurs de risque potentiellement modifiables pourraient expliquer les 2/3 des cas de maladie d’Alzheimer.

    Des recommandations pour prévenir Alzheimer

    En 2013, le Physicians Committee for Responsible Medicine (PRCM), une organisation végétarienne, a publié des recommandations pour prévenir la maladie d’Alzheimer. Sept principes réduisant le risque ont été présentés lors de l’International Conference on Nutrition and the Brain qui s’est déroulée à Washington les 19 et 20 juillet 2013 :

    • Limiter les acides gras trans
    • Manger surtout des fruits, des légumes et des céréales
    • Veiller à consommer 30 g de noix ou de céréales complètes par jour pour apporter de la vitamine E, un antioxydant associé à un risque réduit de maladie d’Alzheimer
    • Veiller à recevoir 2,4 µg de vitamine B12 par jour (par l’alimentation ou grâce à un complément alimentaire)
    • Eviter les compléments multivitaminés contenant du fer et du cuivre, sauf en cas de prescription médicale. Ces métaux augmentent le stress oxydant
    • Eviter les aliments qui ont été en contact avec des ustensiles de cuisine en aluminium, même si le rôle de l’aluminium dans la maladie reste controversé
    • Faire l’équivalent de 40 minutes de marche 3 fois par semaine.

    A cette liste s’ajoute :

    • S’exposer régulièrement au soleil pour permettre à la peau de synthétiser de la vitamine D
    • Consommer des oméga-3, que l’on trouve notamment dans les noix, les graines de lin, de chia, l’huile de colza, l’huile de lin (et les poissons gras)…

    Pour aller plus loin :

    • Sur la mise en place de règles diététiques cétogènes et la prise de compléments alimentaires : Le régime cétogène contre la maladie d’Alzheimer du Dr Michèle Serrand (lire un extrait ICI  >>).

    • Sur la mise en place d’un traitement ciblant un maximum de facteurs de risque : La fin d’Alzheimer du Dr Dale Bredesen.

    • Notre dossier complet sur la maladie d’Alzheimer

    Sources

    Bredesen DE, Amos EC, Canick J, Ackerley M, Raji C, Fiala M, Ahdidan J. Reversal of cognitive decline in Alzheimer’s disease. Aging (Albany NY). 2016 Jun 12.

    Wei Xu, Lan Tan, Hui-Fu Wang, Teng Jiang, Meng-Shan Tan, Lin Tan, Qing-Fei Zhao, Jie-Qiong Li, Jun Wang, Jin-Tai Yu. Meta-analysis of modifiable risk factors for Alzheimer’s disease. Journal of Neurology, Neurosurgery & Psychiatry, 2015; jnnp-2015-310548 DOI: 10.1136/jnnp-2015-310548

    A. Barnard. Dietary Guidelines for Alzheimer’s Prevention. Nutritional Conference on Nutrition and the Brain. Juillet 2013.

    Source : Alzheimer : ces patients qui en guérissent

  • Épouvantablement sucré

    Le Dr Lewis Cantley, biochimiste, trouve de plus en plus de preuves d’un lien étroit entre le sucre et le cancer

    Le 5 mars 2019

    Par Amy Crawford

    Illustration par Jennifer Kloiber Infante

    Le Dr. Lewis Cantley n’a pas mangé de sucre depuis des décennies. « J’ai une règle très simple », dit-il. « Je mange des fruits, mais je ne mange rien qui contient du sucre ajouté. Et je vous garantis que tout le monde s’en porterait mieux s’il ne mangeait pas de sucre. »

    L’élimination du sucre peut sembler difficile dans une société où les sucreries – bonbons d’Halloween ou gâteaux d’anniversaire, céréales de petit déjeuner ou macchiatos au caramel – sont non seulement omniprésentes, mais aussi au cœur de nos rituels quotidiens et des grandes fêtes. En effet, selon l’Organisation mondiale de la santé, l’Américain moyen consomme 126 grammes de sucre par jour, soit plus que les habitants de tout autre pays et près de quatre fois ce que recommandent les nutritionnistes. « C’est une dépendance « , affirme le Dr Cantley, directeur du Sandra and Edward Meyer Cancer Center du Weill Cornell Medicine, qui a eu l’idée de devenir un « sucre abstinent » lorsqu’il a vu des amis et des parents aux prises avec leur poids dans les années 70, à l’aube de l’épidémie d’obésité américaine. « Si je dis à quelqu’un : « Ne mange rien de sucré pendant deux jours », il me regarde : « C’est impossible, personne ne peut faire ça. C’est comme une dépendance aux opiacés ou à la nicotine. »

    Et c’est une dépendance qui a des conséquences, note le Dr Cantley. Une alimentation riche en sucre est un facteur de risque connu de problèmes de santé comme l’obésité et le diabète – un risque que la réduction de la consommation de sucre semble atténuer. Mais selon les recherches du Dr Cantley et de son équipe de Weill Cornell Medicine, l’excès de sucre aide aussi de nombreux types de cancer à se développer plus rapidement. Les résultats de ses recherches montrent des répercussions sur la prévention du cancer, et ils pourraient aider à libérer le potentiel de nouveaux médicaments pour réduire et détruire les tumeurs. Une compréhension évolutive de la façon dont le sucre nourrit le cancer peut aussi mener à une nouvelle approche thérapeutique : en plus de la chimiothérapie, de la radiothérapie ou de la chirurgie, on pourrait prescrire à un patient cancéreux un régime qui pourrait l’aider à mieux fonctionner. « Nous commençons à mener des essais, mais entre-temps, les données précliniques sont d’un soutien écrasant et les données rétrospectives sur les patients sont solides « , affirme le Dr Cantley, également professeur de biologie du cancer en médecine à Weill Cornell Medicine. « Au fur et à mesure que nous en apprenons davantage sur le métabolisme du cancer, nous comprenons que les cancers individuels sont dépendants de choses particulières. Dans beaucoup de cancers, c’est l’insuline et le sucre.

     
    Une voie vitale
     
    Le Dr Cantley était professeur à l’École de médecine de l’Université Tufts dans les années 80 lorsqu’il a identifié une enzyme inconnue auparavant, la phosphoinositide-3-kinase, ou PI3K, qui se révélerait être une sorte de commutateur principal pour le cancer. La fonction normale de la protéine est d’alerter les cellules de la présence d’insuline, ce qui les incite à pomper le glucose, le carburant métabolique des cellules. Cette voie de signalisation est cruciale pour la croissance, la prolifération et la survie des cellules, il est donc logique que les dysfonctionnements puissent causer de graves problèmes. Si la voie est trop lente, l’organisme devient résistant à l’insuline et les cellules ne parviennent pas à absorber suffisamment de glucose : c’est le diabète de type II. Il s’est avéré que le gène qui code le PI3K est le gène le plus fréquemment muté dans le cancer – gène promoteur du cancer chez l’homme – et depuis la découverte révolutionnaire du Dr Cantley, il a été impliqué dans près de 80 % des cancers, dont ceux du sein, du cerveau et de la vessie.
     
    Cette voie a également servi de cible pour de nouveaux médicaments, dont l’idélalisib, un médicament révolutionnaire contre le lymphome et la leucémie, qui est devenu en 2014 le premier inhibiteur PI3K à être approuvé par la FDA. Le Dr Cantley s’est joint à Weill Cornell Medicine en 2012, sa réputation scientifique étant bien établie ; il a remporté de nombreux prix internationaux prestigieux, et son nom revient souvent lorsque ses collègues spéculent sur les futurs lauréats du prix Nobel. Depuis qu’il a établi son laboratoire à Weill Cornell Medicine, il a continué d’étudier le rôle du PI3K.
     
    L’une des principales frustrations de l’oncologie est que certains médicaments qui visent à inhiber le PI3K ont connu moins de succès que prévu dans les essais cliniques. Le blocage de l’enzyme devrait empêcher les signaux qui permettent aux cellules cancéreuses d’absorber les niveaux élevés de glucose dont elles ont besoin pour survivre, mais cela ne fonctionne pas toujours de cette façon. Chez de nombreux patients, les inhibiteurs PI3K provoquent une hausse de la glycémie, ce qui suggère que les médicaments destinés à affamer les tumeurs indiquaient au foie que le corps lui-même était également affamé. En réaction, le foie – qui emmagasine l’excès de glucose sous forme d’un composé appelé glycogène – envoyait trop de sucre dans le sang, ce qui déclenchait la libération excessive d’insuline par le pancréas. Pendant ce temps, les tumeurs de ces patients ont continué de croître.

    Le Dr Cantley et ses collègues se demandent si l’excès d’insuline ne pourrait pas contrer l’effet des médicaments en réactivant la voie PI3K dans les cellules cancéreuses. Ils ont émis l’hypothèse qu’une alimentation très pauvre en glucides – limitant à la fois le sucre et l’amidon, qui se décompose en sucres simples dans le corps – préviendrait les pics de sucre dans le sang et pourrait aider le médicament à faire son travail, affamant la tumeur pendant que le corps du patient se nourrissait plutôt de graisse et de protéines, un état appelé cétose. Les chercheurs du laboratoire du Dr Cantley, y compris le Dr Benjamin Hopkins, professeur de médecine, ont donc travaillé avec leurs collègues du Centre médical Irving de l’Université Columbia et du New York-Presbyterian pour vérifier l’hypothèse.

    En utilisant des souris génétiquement modifiées pour développer des cancers du pancréas, de la vessie, de l’endomètre et du sein et traitées avec un nouvel inhibiteur PI3K (qui fait actuellement l’objet d’essais cliniques), ils ont démontré que les pics d’insuline réactivent effectivement la voie de l’obésité, l’inflammation et l’insulinorésistance – ce qui pourrait alimenter le cancer. Mais lorsque les chercheurs ont sévèrement restreint l’apport en glucides des souris, les amenant à suivre ce que l’on appelle un régime cétogène en plus des médicaments, les tumeurs ont diminué. (L’ajout d’un médicament contre le diabète destiné à abaisser la glycémie a également aidé, mais les effets du régime en association avec l’inhibiteur PI3K ont été plus spectaculaires). Les résultats encourageants ont été publiés dans la revue Nature en juillet 2018 avec le Dr Hopkins comme auteur principal. « Les mutations de la voie PI3K qui causent le cancer augmentent également la capacité de l’insuline à activer l’enzyme « , explique le Dr Cantley. « Nos recherches précliniques suggèrent que si quelque part dans votre corps vous avez une de ces mutations PI3K et que vous mangez beaucoup de glucides à libération rapide, chaque fois que votre insuline augmente, elle va stimuler la croissance d’une tumeur. Les données probantes suggèrent vraiment que si vous avez le cancer, le sucre que vous mangez peut accélérer sa croissance. »

    Est-ce que la Cétose est la Clé ?

    L’Internet est plein de conseils sur l’alimentation, et parmi les principales modes d’aujourd’hui se trouve un régime faible en glucides connu sous le nom populaire de  » keto « . C’était la tendance la plus googlée de 2018, une stratégie populaire de perte de poids parmi les célébrités comme la star de la télé-réalité Kourtney Kardashian et l’icône du basket-ball Lebron James, qui l’appellent parfois « paléo », pour sa prétendue ressemblance aux régimes de nos ancêtres paléolithiques. Mais ce n’est pas ce que les cliniciens ou les chercheurs veulent dire lorsqu’ils parlent d’un régime cétogène, explique la Dre Katie Hootman, diététiste agréée et directrice de l‘Unité de recherche métabolique au Centre des sciences cliniques et translationnelles (CSCT) de Weill Cornell Medicine. « Les régimes alimentaires sur Internet ont tendance à être beaucoup trop riches en protéines, dit-elle. « Il y a une assez grande différence entre ça et un régime cétogène clinique, un régime qui a pour but d’amener le patient dans une cétose. »

     

    La cétose, explique le Dr Hootman, est un état dans lequel l’organisme compte sur le métabolisme des graisses comme principal carburant pour répondre aux besoins énergétiques, plutôt que sur le glucose, la source d’énergie préférée des cellules. À partir de la décomposition des graisses, le foie fait circuler des molécules appelées corps cétoniques, que les cellules utilisent comme carburant jusqu’à ce que les glucides redeviennent abondants. Ce processus métabolique a évolué pour aider les mammifères à survivre aux pénuries alimentaires, mais dans un contexte clinique, il a été utilisé depuis le début du XXe siècle pour réduire les crises chez les personnes épileptiques. Quelques études menées à la fin du 20e siècle et au début du 21e siècle suggèrent qu’un régime cétogène pourrait également être utile contre certaines formes de cancer, mais ce n’est que récemment que les chercheurs ont étudié son utilité en conjonction avec des médicaments anticancéreux. Parmi les preuves les plus évidentes, mentionnons l’étude sur la souris du Dr Cantley Lab, que le Dr Hootman aide maintenant à appliquer aux patients humains.

    Le Dr Marcus Goncalves, professeur adjoint de médecine au Weill Cornell Medicine et boursier en endocrinologie au Laboratoire Cantley, et la Dre Vicky Makker, chercheuse clinique et gynécologue-oncologue au Memorial Sloan Kettering Cancer Center et professeure adjointe de médecine au Weill Cornell Medicine, travaillent avec le Dr Hootman et le CSCT pour déterminer si un régime cétogène réduit la croissance tumorale chez les patients préopératoires ayant un cancer endométrial. « Le cancer de l’endomètre est l’une des tumeurs les plus sensibles à l’insuline, et ce, parce que plus de 90 % de ces tumeurs présentent une altération génétique dans la signalisation PI3K « , explique le Dr Goncalves, endocrinologue. « Même une petite quantité d’insuline stimule la croissance de la tumeur. »

    Le régime alimentaire que le Dr Hootman et son équipe ont conçu pour l’étude tire environ 85 % de ses calories des lipides, 10 % des protéines et 5 % des glucides. C’est un changement majeur pour tous ceux qui ont l’habitude de manger un régime américain typique, dans lequel jusqu’à 65 % des calories proviennent de glucides. Les recettes, y compris les options comme le sauté de poulet et le stroganoff de boeuf , ainsi que le pain et les muffins à base de farine de noix, sont élaborées, testées et préparées dans la cuisine de recherche métabolique du CSCT , les repas étant emballés dans des réfrigérateurs que les patients de Memorial Sloan Kettering peuvent prendre une fois par semaine. « Nous ajoutons autant de matières grasses que possible à la recette – nous utilisons de la crème au lieu du lait écrémé, ou nous ajoutons de l’huile supplémentaire « , dit le Dr Hootman. « Nous essayons de faire en sorte que les aliments ressemblent à des aliments typiques, de sorte que lorsque les patients les consomment, non seulement ils ont bon goût et bonne apparence, mais ils sont aussi semblables à ce que les gens avec qui ils vivent peuvent manger, juste une version à haute teneur en gras. Et jusqu’à présent, les participants à l’étude ont apprécié les efforts de l’équipe culinaire, dit le Dr Makker. « La nourriture est délicieuse. Ils ne se sentent pas démunis. Ils n’ont pas faim. »

    L’essai, qui impliquera 30 femmes, a été conçu comme une validation du concept. Les chercheurs espèrent montrer que les patients sont disposés à manger de cette façon et que la restriction des glucides réduira l’insuline à des niveaux qui affament leurs tumeurs. En fin de compte, dit le Dr Goncalves, les patients atteints de cancer peuvent être traités régulièrement avec ce que lui et ses collègues appellent déjà une  » nutrition de précision « , un régime adapté au profil génétique unique de la tumeur d’un patient. « En fin de compte, dit-il, nous aimerions dire : « Si vous recevez un certain type de traitement contre le cancer, vous devriez suivre un régime qui en facilite l’efficacité, cela fait partie de votre thérapie. »

    Un optimisme prudent est de rigueur lorsqu’on spécule sur le traitement futur du cancer – une maladie incroyablement complexe et difficile – et le Dr Makker prévient que même si les premiers résultats d’un lien entre la nutrition et le cancer sont encourageants,  » nous devons en apprendre davantage sur ce qui se passe réellement au niveau du sérum sanguin et des tissus. Nous enquêtons toujours sur tout ça. » Néanmoins, le Dr Cantley et ses collègues sont enthousiasmés par les possibilités offertes par leurs récents travaux. L’une des questions les plus courantes que les patients nouvellement diagnostiqués posent à leurs cliniciens est de savoir si un changement de régime alimentaire pourrait les aider à se rétablir. Maintenant, les médecins peuvent dire qu’ils cherchent une réponse. « Vous devez connaître la logique du cancer afin de comprendre quelle serait la meilleure intervention alimentaire pour un patient donné « , explique le Dr Cantley, expliquant que les changements alimentaires qu’un patient devra peut-être apporter dépendront de la génétique de sa tumeur. « Certains cancers sont dépendants du sucre, mais d’autres dépendent de niveaux très élevés des acides aminés glutamine ou sérine, par exemple. »

    En effet, en 2017, des chercheurs du Royaume-Uni ont publié dans Nature une étude qui a montré que la limitation de certains acides aminés non essentiels dans l’alimentation des souris ralentissait la croissance des lymphomes et des cancers intestinaux. Il s’agissait d’un régime strictement contrôlé, et non pas d’un régime que les patients seraient encouragés à essayer par eux-mêmes, mais comme les travaux du Laboratoire Cantley, il indique un jour où un régime personnalisé peut être tout aussi important pour le traitement du cancer que la chimiothérapie, la radiothérapie et la chirurgie. Comme le fait remarquer la Dre Makker,  » beaucoup de choses au sujet du cancer échappent au contrôle des patients  » ; même si les oncologues détestent parfois suggérer des changements de style de vie lourds lorsque les patients sont déjà bouleversés par leur diagnostic, dit-elle,  » ce pourrait être merveilleux s’ils ont l’impression de pouvoir contrôler quelque chose – que par leur alimentation, ils peuvent participer à leur traitement et potentiellement affecter leur résultat à long terme. »

    Pendant ce temps, le Dr Cantley -toujours évangéliste anti-sucre- ajoute que limiter les sucreries ne peut certainement pas faire de mal. Manger moins de sucre, dit-il, est clairement bénéfique. « Cela vous aidera de tant de façons différentes, avec tant de maladies différentes « , dit-il. « Et une fois qu’on n’a plus cette dépendance, c’est assez facile. Après tout, je n’ai eu aucun problème à le faire depuis 40 ans. »

    Le Dr Cantley est l’un des fondateurs d’Agios Pharmaceuticals et de Petra Pharmaceuticals, dont il détient des actions, et il est membre du conseil consultatif scientifique de ces sociétés. Petra apporte un soutien financier à ses recherches en laboratoire. M. Cantley est également membre des conseils consultatifs scientifiques de Cell Signaling Technologies et d’EIP et détient des participations dans ces sociétés. Dre Vicky Makker a siégé au conseil consultatif de Takeda Pharmaceutical Company, Ltd. et siège actuellement aux conseils consultatifs d’Eisai Co, Ltd, ArQule et Merck, dont elle reçoit également des honoraires.

    Cette histoire a d’abord été publiée dans Weill Cornell Medicine, Hiver 2019.

     
    Source : Publié dans Weill Cornell Medicine Sickeningly Sweet
  • Pourquoi le cancer doit être traité comme une maladie métabolique

    Écrit par le Dr. Joseph Mercola le 16 décembre 2018

    En bref

    • La théorie métabolique du cancer suppose que le cancer est principalement le résultat d’un métabolisme énergétique défectueux dans les mitochondries des cellules et d’une détérioration de ces dernières.
    • Les mutations génétiques ne sont pas la cause principale du cancer, mais plutôt un effet en aval du métabolisme énergétique défectueux ; tant que vos mitochondries restent saines et fonctionnelles, vos chances de développer un cancer sont très faibles.
    • Les mitochondries normales suppriment la croissance du cancer, et pour que les cellules cancéreuses prolifèrent, vous devez avoir des mitochondries dysfonctionnelles.
    • La croissance et la progression du cancer peuvent être gérées à la suite d’une transition du corps entier des métabolites fermentescibles, comme le glucose et la glutamine, aux métabolites respiratoires, principalement les corps cétoniques qui se forment lorsque vous suivez un régime cétogène.
    • Les régimes cétogènes favorisent une fonction et une respiration mitochondriales saines, réduisent la vascularité et l’inflammation des tumeurs et favorisent la mort des cellules tumorales.

    Dans le podcast présenté, le Dr Peter Attia interviewe le professeur Thomas Seyfried, Ph.D., récipiendaire de notre prix Game Changer Award en 2016 pour ses travaux sur le cancer comme maladie métabolique, qui est aussi le titre du livre de Seyfried1 sur ce sujet. Son travail est aussi largement présenté dans l’excellent livre de Travis Christofferson, « Tripping Over the Truth : The Metabolic Theory of Cancer ».

    Le podcast peut être écouté (en anglais) sur le site du Dr Attia.

    Seyfried, à mon avis, est simplement le meilleur biologiste du cancer au monde. L’entrevue présentée2 comporte de nombreux détails techniques qui peuvent être difficiles pour certains, mais si vous voulez comprendre les mécanismes du cancer, je vous recommande fortement de prendre le temps de l’écouter dans son intégralité, surtout vers la fin.

    Il s’agit sans aucun doute de l’une des discussions les plus détaillées sur les raisons pour lesquelles les cellules cancéreuses se développent et sur la façon dont la médecine conventionnelle se trompe surtout en ce qui concerne le traitement, en particulier la radiothérapie et la chimio. Sans aucun doute, c’est l’une des meilleures interviews que Seyfried ait jamais faites. Bien qu’Attia soit un médecin formé à Harvard avec une formation en oncologie, il est souvent en désaccord avec Seyfried, qui lui enseigne les bases.

    J’ai écouté toute l’interview deux fois et j’en ai appris encore plus la deuxième fois. Maintenant, j’ai une assez bonne expérience sur ce sujet, donc si vous êtes nouveau à ce sujet et que vous avez un être cher qui a besoin de cette information, vous aurez peut-être besoin d’écouter quelques fois. Vers la fin de l’interview, Seyfried aborde quelques principes très importants dans le traitement du cancer, tels que :

    • Prendre soin d’éviter les biopsies si possible, car elles sont fortement liées à la formation de métastases dans le cancer.
    • La thérapie chirurgicale peut être une intervention utile, mais elle devrait être retardée le plus longtemps possible pendant que le patient suit un traitement métabolique, de sorte que la tumeur se rétrécisse et que les marges soient mieux définies pour pouvoir être enlevée plus facilement.
    • Évitez la radiothérapie et la chimiothérapie à tout prix, car elles altèrent généralement le système immunitaire qui est responsable de la résolution de la tumeur.
    • Plus de 1 600 personnes meurent du cancer chaque jour aux États-Unis, mais 8 100 meurent du cancer chaque jour en Chine, où le problème est bien pire. Rappelez-vous qu’il s’agit de décès par jour et non de diagnostics de cancer.
    • Il est essentiel de comprendre que le nombre de décès dus au traitement du cancer est plus élevé que le nombre de décès dus au cancer lui-même.

    Introduction au cancer en tant que maladie métabolique

    Le dogme établi selon lequel le cancer est une maladie génétique régit actuellement tout, de la recherche financée au traitement auquel vous pouvez vous attendre d’un oncologue. En effet, c’est ce dogme qui alimente toute l’industrie du cancer. Malheureusement, cela ne mène pas à des percées significatives dans le traitement, et encore moins dans la prévention.

    Seyfried et d’autres ont réussi à faire avancer la théorie selon laquelle le cancer est principalement le résultat d’un métabolisme énergétique défectueux dans les mitochondries des cellules et de dommages causés à celles-ci. En termes simples, les mutations génétiques ne sont pas la cause principale du cancer, mais plutôt un effet en aval du métabolisme énergétique défectueux. Tant que vos mitochondries demeurent saines et fonctionnelles, vos chances de développer un cancer sont minces.

    Selon Seyfried, bien qu’on ne comprenne pas encore très bien comment un régime cétogène permet de maîtriser les crises d’épilepsie, le mécanisme d’action sur les cellules cancéreuses est très clair et repose sur les découvertes du Dr Otto Warburg, biochimiste de formation classique qui a reçu en 1931 le prix Nobel en physiologie ou médecine pour sa découverte de la nature et du mode d’action du cytochrome C oxydase.3

    Les travaux de Warburg montrent comment les cellules obtiennent l’énergie de la respiration et comment les cellules cancéreuses ont un métabolisme énergétique fondamentalement différent de celui des cellules saines (voir la section sur l’effet Warburg ci-dessous).

    Suivant les traces de Warburg, les recherches de Seyfried et d’autres montrent que le cancer est avant tout une maladie métabolique impliquant des perturbations de la production d’énergie par la respiration et la fermentation dans les cellules. Des études ont montré que le cancer est supprimé lorsque le noyau d’une cellule tumorale est transféré au cytoplasme de cellules normales avec une mitochondrie normale.

    Ce que cela nous indique, c’est que les mitochondries normales suppriment la croissance du cancer, et pour que les cellules cancéreuses prolifèrent, vous devez avoir des mitochondries dysfonctionnelles.

    Les recherches de Seyfried ont montré que la croissance et la progression du cancer peuvent être gérées à la suite d’une transition du corps entier des métabolites fermentescibles, comme le glucose et la glutamine, aux métabolites respiratoires, principalement les corps cétoniques qui se forment lorsqu’on suit un régime cétogène. Cette transition réduit la vascularité et l’inflammation des tumeurs tout en favorisant la mort des cellules tumorales.

    Source: peterattiamd.com. crédit image : Thomas Seyfried

    L’effet Warburg

    Warburg a découvert que même en présence d’oxygène, les cellules cancéreuses tirent leur énergie de l’ancien processus de fermentation anaérobie (parfois appelé glycolyse), qui provoque une surproduction d’acide lactique. C’est ce qu’on appelle l’effet Warburg :

    • Aérobiquement, dans les mitochondries
    • En anaérobiose, dans le cytoplasme, qui génère de l’acide lactique, un sous-produit toxique en concentrations élevées.

    La respiration aérobie est beaucoup plus efficace, capable de générer plus de 30 fois plus d’adénosine triphosphate (ATP) que la production anaérobie d’énergie. Comme nous l’avons expliqué dans l’entrevue, les cellules saines et normales produisent des quantités très minimes d’acide lactique en présence d’oxygène. Les cellules cancéreuses, par contre, se comportent très différemment.

    Les cellules cancéreuses continuent de produire des quantités massives d’acide lactique, même dans un environnement oxygéné à 100 %, ce qui a amené Warburg à conclure que la cause principale du cancer est que le système respiratoire des cellules cancéreuses est défectueux, ce qui les fait passer de la production saine d’énergie aérobique à la fermentation anaérobique malsaine. Vous pouvez lire l’article de Warburg de 19564 « Sur l’origine des cellules cancéreuses » ici.

    Veuillez noter que le système respiratoire dans ce contexte ne fait pas référence aux poumons, mais plutôt au traitement de l’oxygène provenant des poumons dans la chaîne de transport des électrons de la mitochondrie qui, en fin de compte, transmet les électrons de votre nourriture à l’oxygène pour créer l’eau et l’ATP.

    En résumé, Warburg a découvert que les cellules cancéreuses ont des mitochondries dysfonctionnelles – d’où l’affirmation que le cancer est une maladie métabolique enracinée dans la dysfonction mitochondriale.

    Différents types d’anomalies mitochondriales se retrouvent dans les cellules cancéreuses

    L’une des principales raisons pour lesquelles les chercheurs modernes n’ont pas réussi à comprendre que toutes les cellules cancéreuses ont des troubles respiratoires est qu’ils ont commencé à faire des recherches sur le cancer en utilisant des cultures cellulaires, et que lorsque vous séparez les cellules des tissus et les faites croître dans un milieu, elles se comportent d’une façon qui ne serait pas normale chez l’animal ou l’humain.

    C’est pourquoi de nombreux chercheurs ont affirmé que la respiration des cellules cancéreuses est normale, alors qu’elle ne l’est pas en réalité. Selon Seyfried, lors de recherches in vitro ou en culture, il semble que les cellules cancéreuses consomment beaucoup d’oxygène, même en produisant de l’acide lactique, ce qui crée de la confusion.

    Il souligne que même si toutes les cellules cancéreuses ont des mitochondries défectueuses, la façon dont cette anomalie est survenue varie d’un cancer à l’autre. Dans certains cancers, il y a simplement un manque de mitochondries, ce qui signifie que la cellule n’a pas assez d’organites pour produire de l’énergie par la respiration et qu’elle retombe donc sur la fermentation comme source de production d’énergie.

    Dans d’autres cancers, les cellules semblent avoir beaucoup de mitochondries, mais les organelles sont structurellement anormales. Comme l’a noté Seyfried, « la structure dicte la fonction », donc si la structure des mitochondries est anormale, sa fonction le sera aussi. Cependant, toutes les cellules cancéreuses utilisent la fermentation pour produire de l’énergie. Seyfried n’a pas trouvé un seul cancer avec une respiration normale.

    Pour se développer et se propager, les cellules cancéreuses ont aussi besoin d’un grand nombre d’éléments constitutifs, qui, selon M. Seyfried, proviennent de la voie du phosphate pentose, de la voie glycolytique et de la glutamine. « Entre le glucose et la glutamine, vous obtenez tous les éléments de base dont vous avez besoin pour une division cellulaire rapide « , dit-il.

    Le cancer n’est pas une maladie d’origine génétique

    Seyfried souligne également que dans ses recherches, aucune anomalie génétique n’a été trouvée dans les cellules cancéreuses, ce qui contredit fermement la théorie génétique selon laquelle le cancer est causé par des mutations génétiques. Malheureusement, Attia est toujours convaincue que la théorie génétique du cancer est vraie. Il est bien triste qu’un médecin aussi brillant et innovateur ne parvienne pas à apprécier la profondeur de la beauté de l’œuvre de Seyfried.

    Dans l’ensemble, on estime que 5 % des cancers sont causés par des mutations germinales, comme le gène BRCA1, un facteur de risque génétique héréditaire connu pour augmenter votre risque de cancer du sein, ou le gène BRCA2, qui augmente votre risque de cancer de l’ovaire.

    Mais comme le note Seyfried, « Ils ne sont pas déterministes. » Une certaine mutation génétique peut augmenter votre risque, mais ce n’est pas une garantie que vous développerez réellement le cancer en question, et ce n’est finalement pas la vraie cause si vous avez un cancer. Une exception est si la mutation endommage le système respiratoire des mitochondries ; alors le cancer est une possibilité très réelle.

    Le chaînon manquant de Warburg

    L’interview en vedette explore également les détails de la phosphorylation au niveau du substrat mitochondrial (mSLP) – le chaînon manquant dans la théorie du cancer de Warburg. Lorsque les mitochondries sont endommagées, ce qui les fait revenir à une forme de production d’énergie aussi inefficace, comment se fait-il qu’elles aient assez d’énergie pour se reproduire et croître massivement ?

    Pendant des années, Seyfried a soupçonné que la fermentation du glucose n’était pas toute l’histoire, et ses recherches montrent que les cellules cancéreuses peuvent en fait fermenter non seulement le glucose mais aussi la glutamine, et que la majorité de l’énergie pour la formation du cancer provient en fait de la glutamine.

    La glutamine est fermentée via mSLP dans le cycle de l’acide tricarboxylique (TCA) – également connu sous le nom de cycle de Krebs – des mitochondries. Le cycle TCA ou cycle de Krebs est une série de réactions chimiques catalysées par des enzymes qui forment un élément clé de la respiration aérobie. Seyfried explique :

    « mSLP est la production d’ATP lorsque vous déplacez un groupe phosphate d’un substrat organique à une molécule d’ADP, donc c’est une ancienne façon de générer de l’énergie. En d’autres termes, c’est une molécule organique qui est un accepteur d’électrons plutôt que de l’oxygène…

    Vous déplacez des groupes de phosphate d’un substrat organique vers l’ADP en tant qu’accepteur, et vous pouvez générer des quantités massives d’énergie à partir de ce processus qui peut remplacer le niveau d’énergie perdu des mitochondries endommagées…

    Dans la cellule normale, vous fabriquez la plus grande partie de votre ATP à partir de la phosphorylation oxydative, mais dans la cellule cancéreuse, vous en fabriquez la plus grande partie à partir de mSLP à l’intérieur du même organite[c.-à-d. la mitochondrie] ».

    Source: peterattiamd.com. crédit image : Thomas Seyfried

    Source: peterattiamd.com. crédit image : Thomas Seyfried

    Pourquoi les cellules cancéreuses ne se détruisent pas d’elles-mêmes

    Une autre question importante est « Pourquoi les cellules cancéreuses ne meurent pas par les mécanismes apoptotiques », c’est-à-dire le mécanisme qui déclenche le suicide cellulaire lorsque la cellule est endommagée ou fonctionne mal. Bref, parce que les mitochondries qui contrôlent cet  » interrupteur  » d’autodestruction sont dysfonctionnelles.

    « La cellule contourne le contrôle normal de la vie et de la mort – l’apoptose de la cellule – parce que l’organite même qui dicte ce qui est[la mitochondrie], est maintenant défectueux, » dit Seyfried. En conséquence, la cellule revient « comme elle était avant l’arrivée de l’oxygène dans l’atmosphère de la planète ».
    Une respiration mitochondriale saine prévient la formation du cancer

    Le message à retenir ici est que tant que votre respiration mitochondriale demeure saine, le cancer ne se développera pas. « C’est une question de prévention », dit Seyfried. « Comment prévenir le cancer ? Vous l’empêchez en gardant vos mitochondries en bonne santé. »

    Et comment gardez-vous vos mitochondries en bonne santé ? Principalement en évitant les facteurs environnementaux toxiques et en mettant en œuvre des stratégies pour un mode de vie sain. C’est en fait le seul objectif du programme de thérapie mitochondriale métabolique détaillé dans mon livre « Fat for Fuel ». En tête de ma liste de stratégies pour optimiser la santé mitochondriale – que vous pouvez en apprendre davantage dans mon livre – sont :

    Cétose nutritionnelle cyclique – La divergence par rapport à notre alimentation ancestrale – cette prévalence massive d’aliments transformés et non naturels et les quantités excessives de sucres ajoutés, de glucides nets et de graisses industrielles – est responsable de la majorité des dommages causés à vos mitochondries.

    Les régimes alimentaires riches en glucides et transformés empêchent votre corps de brûler efficacement les graisses comme combustible principal, et la combustion des graisses et des cétones est beaucoup plus efficace, induisant beaucoup moins de stress oxydatif, que la combustion des glucides. Ainsi, une stratégie diététique fondamentale pour optimiser votre santé mitochondriale est de manger le bon carburant. Une fois que vous êtes devenu un brûleur de graisse efficace, vous réduisez au minimum le stress oxydatif imposé à vos mitochondries, ce qui est essentiel.

    Restriction calorique – Une autre stratégie extrêmement efficace pour réduire la production de radicaux libres mitochondriaux est de limiter la quantité de carburant que vous nourrissez votre corps. Cette position n’est pas controversée car la restriction calorique a toujours montré de nombreux avantages thérapeutiques.

    L’heure des repas – L’heure des repas est également importante. En particulier, manger trop tard le soir, lorsque votre corps n’a pas besoin d’énergie, est l’une des pires choses que vous pouvez faire pour vos mitochondries, car cela crée une accumulation d’ATP qui n’est pas utilisée.

    Par conséquent, il n’est pas décomposé en ADP, ce qui entraîne l’arrêt de l’ATP synthase. À ce stade, toute la chaîne de transport d’électrons recule, ce qui entraîne un déversement excessif de radicaux libres et endommage l’ADN mitochondrial5.

    Normaliser votre taux de fer – Le fer joue également un rôle important dans la fonction mitochondriale et, contrairement à la croyance populaire, les taux excessifs de fer sont beaucoup plus fréquents que la carence en fer. Presque tous les hommes de plus de 16 ans et les femmes ménopausées sont exposés à un risque élevé de fer.

    Les femmes qui ont leurs règles sont protégées puisqu’elles perdent du sang, et donc du fer, chaque mois. Bien que la plupart des gens endommagent leurs mitochondries en mangeant un régime riche en glucides et faible en gras et/ou en protéines excessives, des niveaux élevés de fer peuvent aussi causer des dommages mitochondriaux profonds.

    Lorsque vous avez des niveaux élevés de fer dans vos mitochondries, cela augmente l’oxydation, créant des niveaux élevés d’espèces réactives nuisibles d’oxygène et de radicaux libres. Heureusement, l’hyperfer est facile à traiter. Il suffit de vérifier votre taux de fer à l’aide d’un test de ferritine sérique, et si votre taux est élevé, donnez du sang deux ou trois fois par an pour maintenir un taux sain.

    Un taux idéal de ferritine se situe entre 40 et 60 nanogrammes par millilitre (ng/mL). En dessous de 20 ng/mL, c’est un état de carence, et vous ne voulez certainement pas être au-dessus de 60 ou 80 ng/mL.

    Il est important de noter à ce propos que les glucides en excès, en particulier lorsqu’ils sont consommés tard le soir, entraînent une réserve d’électrons, ce qui entraîne la production de superoxyde. Bien qu’il ne s’agisse pas d’un radical libre pernicieux en soi, si vous avez des niveaux élevés de fer combinés à un superoxyde élevé, il produit des radicaux libres hydroxyles, qui est l’un des plus nocifs.

    La réaction chimique qui crée ces radicaux libres hydroxyles est connue sous le nom de réaction de Fenton. Bien que vous ayez certainement besoin d’assez de fer, un taux de fer trop élevé peut causer de graves dommages, et c’est l’une des façons de le faire.

    Exercice – L’exercice permet de réguler les gènes PGC-1 alpha et Nrf2 qui favorisent l’efficacité mitochondriale, les aidant à grandir et à se diviser pour que vous ayez plus de mitochondries.

    En termes simples, en augmentant la demande d’énergie sur vos cellules grâce à l’activité physique, les radicaux libres signalent que vous avez besoin de plus de mitochondries pour répondre à la demande énergétique. Par conséquent, votre corps s’adapte à votre niveau d’activité en créant plus de mitochondries et en les faisant travailler plus efficacement.

    Fait intéressant, dans son livre « Mitochondria and the Future of Medicine », le Dr Lee Know, un naturopathe, explique comment certaines personnes ont besoin de plus d’exercice pour maintenir la santé mitochondriale.6 Lorsque les ions hydrogène reviennent par l’ATP synthase, l’énergie est créée. Mais dans certains cas, et dans certains tissus, comme dans le tissu adipeux brun, ce processus peut devenir découplé.

    Au lieu de renvoyer les ions hydrogène par l’ATP synthase, ils passent par un canal différent, créant de la chaleur plutôt que de l’énergie. L’un des avantages de ce système est qu’il permet à la chaîne de transport d’électrons de continuer à fonctionner même si vous n’utilisez pas d’énergie. Le gradient d’hydrogène est plutôt dissipé par la production de chaleur.

    Si votre patrimoine génétique provient de régions équatoriales et/ou si vous avez la peau très foncée, vous aurez tendance à avoir moins de graisse brune, et donc moins de découplage mitochondrial, ce qui augmente votre risque de maladie chronique. Pour contrer ce phénomène, vous devrez faire de l’exercice régulièrement. Aussi, soyez attentif à votre taux de vitamine D, et considérez la thermogénèse froide (cryothérapie) pour construire du tissu adipeux brun et beige.

    Suppléments nutritionnels – Les nutriments et cofacteurs suivants sont également nécessaires au bon fonctionnement des enzymes mitochondriales :

    • CoQ10 ou ubiquinol (la forme réduite)
    • La L-Carnitine, qui transporte les acides gras vers les mitochondries
    • D-ribose, qui est la matière première de la molécule d’ATP
    • Magnésium
      Oméga-3 d’origine marine
    • Toutes les vitamines B, y compris la riboflavine, la thiamine et la B6
    • Acide alpha-lipoïque (ALA)

    Comment la thérapie métabolique peut améliorer le traitement du cancer

    Seyfried n’est pas le seul à croire fermement aux origines métaboliques du cancer. Le Dr Abdul Slocum, médecin turc, utilise déjà cette information dans sa pratique clinique, où il traite de nombreux patients en phase terminale du cancer. Un nombre important de ses patients ont un cancer du pancréas, l’un des pires pronostics de tous les cancers.

    Plus de 90 % des patients atteints d’un cancer du pancréas meurent dans les cinq ans. Lorsqu’ils entrent dans sa clinique, les patients sont immédiatement soumis à un régime cétogène et le suivent tout au long de leur traitement.

    Il est remarquable de constater que Slocum est capable de sauver beaucoup de ces patients « sans espoir ». De plus, ses protocoles de traitement sont non toxiques. En exploitant la capacité de votre corps à combattre naturellement la tumeur, par la mise en œuvre d’une cétose nutritionnelle et d’autres stratégies, tous les agents de chimiothérapie utilisés peuvent être appliqués à la dose la plus faible possible. La pratique de Slocum révèle les avantages très réels de traiter le cancer comme une maladie métabolique.

    Soutenir les thérapies métaboliques de pointe qui s’attaquent à la véritable cause du cancer : Mitochondries défectueuses

    Seyfried mène des recherches précliniques au Boston College, explorant un cocktail de thérapies métaboliques dans un modèle de souris métastatique, y compris la combinaison de :

    Régime cétogène Inhibiteurs glycolytiques
    Oxygénothérapie Inhibiteurs de glutamine
    Cétones exogènes Autres thérapies de ciblage métabolique

    L’objectif de cette recherche avancée est de mettre au point un cocktail thérapeutique diététique/médicament non toxique qui peut résoudre à la fois la croissance tumorale primaire et les lésions métastatiques secondaires dans une gamme de modèles précliniques du cancer. Pour plus d’informations, vous pouvez lire l’article de son équipe,7 « Press-Pulse : A Novel Therapeutic Strategy for the Metabolic Management of Cancer », publié en 2017 dans la revue Nutrition & Metabolism.

    Références

     

     

     

     

  • Régime cétogène et cancer : l’expérience de la diététicienne

     
    Par Lanutrition.fr Publié le 27/01/2016 Mis à jour le 18/02/2019
    Magali Walkowicz, diététicienne-nutritionniste, suit des patients atteints de cancer qui ont opté pour un régime cétogène. Elle témoigne, ici et dans son dernier ouvrage Combattre le cancer avec le régime cétogène.
     

    Le régime cétogène, pauvre en sucres, riche en graisses, fait un nombre croissant d’adeptes chez les personnes ayant eu un diagnostic de cancer. Ils doivent savoir qu’on ne dispose pas à ce jour des preuves scientifiques que cette approche diététique est efficace ; ils doivent aussi savoir que c’est un régime contraignant pour lequel il peut y avoir des contre-indications et des effets indésirables. Dans cet entretien exclusif, la diététicenne-nutritionniste française Magali Walkowicz, qui suit depuis plusieurs années des malades (et des personnes en bonne santé) ayant opté pour le régime cétogène, fait part de son expérience. Un témoignage important, dans la mesure où peu d’études sont encore disponibles. Dans un article associé (abonnés), nous répondons à 8 questions qui sont souvent posées sur l’état des connaissances scientifiques sur le régime cétogène et le cancer. LaNutrition.fr recommande au patient qui souhaiterait suivre une diète cétogène de recueillir au préalable l’avis de l’équipe soignante (avantages et risques potentiels, état des connaissances), et, dans le cas où le régime est mis en place, s’assurer du suivi et du conseil d’un médecin nutritionniste ou d’un diététicien-nutritionniste connaissant la diète cétogène.

    LaNutrition.fr : Magali Walkowicz, qui vous consulte ?

    Magali Walkowicz : Pour l’essentiel, des patients ayant eu un diagnostic de cancer mais pas seulement. Certaines personnes souhaitent simplement optimiser leur santé en suivant un régime cétogène. J’ai maintenant une patientèle dans toute la France mais aussi dans d’autres pays. J’ai dû m’adapter et proposer des consultations via Skype et Facetime.

    Ce sont généralement des personnes « informées », qui ont lu des livres, des articles de presse sur le régime cétogène ou qui connaissent quelqu’un qui suit ce régime. Car côté professionnels de santé, le régime a encore du chemin à faire. Il n’est tout simplement pas connu et par conséquent rejeté. Certains oncologues ou médecins traitants entrent en contact avec moi afin de discuter de la prise en charge de patients que nous avons en commun. C’est un vrai plus dans l’accompagnement thérapeutique. Des oncologues me sollicitent directement. Mais tout cela reste marginal. Depuis quelque temps, j’ai des patients qui sont eux-mêmes professionnels de santé, y compris des médecins. Il me semble donc que les choses commencent à bouger.

    Lire : Le régime cétogène est encore trop peu connu des malades

    Quels résultats constatez-vous chez les patients ?

    Les résultats sont généralement positifs. L’expérience me montre que lors d’un cancer, très souvent, la progression des tumeurs est soit en régression, soit stoppée, soit ralentie, par rapport à la période antérieure à la mise en place du régime. Certains patients qui avaient dû arrêter leurs traitements car ils ne les supportaient plus, ont pu les prendre à nouveau après avoir suivi le régime cétogène. Mais les résultats ne sont pas égaux pour tous. Les effets secondaires des traitements classiques sont souvent atténués. Je fais certaines adaptations au régime, au cas par cas pour les jours qui entourent les chimiothérapies afin de minimiser le plus possible les effets indésirables. Le regain d’énergie est impressionnant. Beaucoup arrivent à refaire du sport ou à travailler tout en poursuivant les traitements alors qu’ils étaient en arrêt maladie jusque-là.

    Ce que j’ai observé chez mes patients à partir du moment où ils introduisaient le régime :

    • une meilleure tolérance des soins classiques : chimiothérapie, radiothérapie, avec moins d’effets secondaires ;
    • un regain d’énergie ;
    • un meilleur profil nutritionnel – en consultation je ne me focalise pas que sur la cétose mais sur la cétose et sur l’amélioration de l’état nutritionnel. Les deux sont très compatibles ; je prends soin également d’introduire des aliments ou compléments alimentaires antiangiogéniques et de maintenir le pH ;
    • une attitude plus positive, à la fois parce que les cétones amènent une sensation de bien-être, mais aussi parce que suivre le régime les rend acteurs de leur traitement ;
    • une régression ou une stabilisation ou un ralentissement de la progression de la maladie.

    Quels sont les cancers contre lesquels le régime cétogène paraît le plus efficace ?

    Deux types de tumeurs semblent particulièrement bien répondre à l’introduction du régime cétogène : il s’agit des tumeurs cérébrales et des tumeurs pancréatiques. Je n’en connais pas les raisons mais les faits sont là. En général, très rapidement, les examens de contrôle le soulignent, de même que l’état général du patient. Cela ne signifie pas que le régime ne fonctionne pas sur les autres cancers, mais sur ces deux localisations, très souvent, la réponse est plus forte et plus rapide.

    Le régime cétogène peut-il être le seul traitement, en cas de diagnostic de cancer ?

    Non. Le régime ne peut être dissocié des traitements classiques. C’est la réunion des deux qui fonctionne et je le rappelle sans arrêt aux patients. Beaucoup pensent se soigner juste comme ça. Je n’y crois pas du tout. Je vois des patients qui arrivent très affaiblis, avec une dénutrition grave, due à un jeûne drastique qu’ils ont initié sans avoir un état nutritionnel suffisamment satisfaisant pour le supporter, ou à des diètes à base de jus et à une absence totale de traitement. Là c’est difficile de remonter leur statut nutritionnel. Il existe des « spécialistes » qui prônent d’autres méthodes de soin et incitent les patients à stopper les traitements classiques et même à stopper les examens de contrôle. Cela est très dommageable. Le résultat sur le long terme est catastrophique, et c’est difficile ensuite de convaincre les patients de s’y remettre. Je ne dis pas qu’il faut tout accepter les yeux fermés mais tout rejeter est dangereux, et je le vois. Ce qu’il faut, c’est s’informer, questionner pour bien saisir le rôle de chaque action thérapeutique mise en place. Certains disent qu’être patient est un métier. Il y a du vrai là-dedans. Autre point qu’il me paraît important de rappeler : ne pas mettre le régime cétogène en place seul, car il doit respecter les besoins de l’organisme, qui diffèrent d’une personne à l’autre et qui peuvent être modifiés dans le cadre de certaines pathologies et notamment du cancer. Certains cancers comme celui du sein, de la prostate, de la tête du pancréas, du foie, des reins par exemple nécessitent aussi des adaptations.

    Donc un régime cétogène seul ne suffit pas à enrayer la maladie. Il potentialise les chances de rémission ou chez des patients considérés en fin de vie, qui n’ont plus aucun autre traitement, avec une échéance courte annoncée par l’oncologue, dans certains cas des mois, voire quelques années de vie supplémentaires tout en restant asymptomatiques.

    Quels sont les effets indésirables ?

    Je continue à constater qu’il y a une accentuation des symptômes d’allergie, de douleurs chroniques, lors de la mise en cétose, mais ils disparaissent après. Définitivement selon certains patients. Je n’ai pas réussi à échanger sur ce point avec d’autres praticiens. Je n’ai pas non plus trouvé d’études qui mentionnent cela. C’est juste un retour d’expérience.

    En quatre ans de prises en charge, je n’ai jamais constaté la plupart des effets secondaires évoqués dans un article de 2017. Il me semble que le problème dans cet article, vient d’une une mauvaise façon de mener le régime mais pas du régime en lui-même.

    Il y a des effets secondaires la première semaine du régime, tels que fatigue, nausées, vomissements, manque d’énergie, risque d’hypoglycémie si une activité physique est pratiquée en parallèle, le temps que les cellules changent de carburant, mais pas au-delà. Au contraire, le régime apporte ensuite un regain d’énergie, même chez les plus faibles. Si les nausées persistent, c’est que la cétose est trop forte. Il faut la baisser. Si l’énergie ne revient pas, ce n’est pas le régime qui est en cause, c’est qu’il y a autre chose derrière : peut-être une perte de masse musculaire, un foie fatigué par la chimiothérapie sans le secours d’une supplémentation adéquate…

    Je n’ai de mon côté, jamais relevé de carence en calcium : le régime en apporte par les oléagineux, les sardines, eaux calciques, légumes et pour certains même les produits laitiers… Le régime valorisant les aliments gras, la vitamine D liposoluble est bien présente dans l’alimentation, et comme pour n’importe quel autre Français, quel que soit son régime alimentaire, une supplémentation est prescrite en hiver. Pour ce qui est de la densité minérale osseuse, il faut noter que beaucoup de patients prennent des corticoïdes au long cours qui ne sont pas étrangers au problème – idem pour l’hormonothérapie parfois prescrite. Le risque de déficit (et non de carence) en magnésium et potassium qui peut être induit au début du régime est compensé par une supplémentation. Il n’y a pas de risque de déshydratation si le patient ne retire pas le sel de son alimentation. Mes patients sont invités à surveiller leur pH urinaire, et, en cas d’acidité trop importante, amenée avant tout par le cancer notamment métastasé (l’acidité apparaît dans ce cas quel que soit le régime), on veille à augmenter la part des légumes porteurs de minéraux basifiants, à prendre du jus de citron pressé avec des bicarbonates de sodium/potassium. On met éventuellement en place une supplémentation nutritionnelle qui apporte des minéraux basifiants.

    Les syndrômes gastro-intestinaux peuvent apparaître surtout si trop d’huile de coco est consommée et/ou en fonction des techniques culinaires utilisées (huile cuite ou crue). Ils peuvent aussi être liés à l’état de la flore et la perméabilité intestinale… Mais tout cela peut se corriger en consultation. Ce n’est pas le régime qui induit l’état ; il le révèle.

    Les problèmes de cholestérol sont propres à la façon de mener le régime. Là aussi on peut les corriger le cas échéant en veillant à privilégier les graisses végétales.
    Si on veille bien aux apports en potassium, il n’y a pas de calculs rénaux. J’ai rarement eu des patients avec des calculs rénaux. En fait, il n’y a pas plus de calculs avec le régime cétogène qu’avec un autre régime si le régime est bien cadré.

    Y a-t-il des contre-indications ?

    Très rares sont les patients qui ne peuvent pas suivre le régime. On lit parfois que les patients souffrant des reins, du pancréas, du foie, ou maladies graves touchant d’autres organes ne peuvent pas suivre de régime cétogène. Certes, certains d’entre eux ne le peuvent pas si par exemple la tête du pancréas est touché et que les voies biliaires sont obstruées, s’il y a eu une duodénopancréatectomie céphalique récente, s’il y a insuffisance rénale… C’est-à-dire si l’organisme ne peut pas fabriquer les corps cétoniques et ne peut pas les éliminer. Mais dans les autres cas, même avec une tumeur touchant ces organes ou des métastases, la pratique du régime est possible. Cela se détermine au cas par cas. La cétose n’est pas un état pathologique et ne va pas stresser les organes malades.

    Dans tous les cas, en cas de déficience des voies métaboliques, comme un déficit en pyruvate carboxylase, il ne faut surtout pas se lancer dans ce régime. En cas de doute, je conseille d’interroger le soignant susceptible d’accompagner le patient dans la mise en place du régime.

    Les patients perdent-ils du poids lorsqu’ils suivent un régime cétogène ?

    A quantité de calories égales, entre un régime classique et un régime cétogène, le poids ne varie pas de la même façon. Plus les calories seront apportées par les graisses et protéines et moins elles le seront par des glucides, plus le régime cétogène peut engendrer une perte de poids. Pour maintenir le poids, il faut donc jouer sur la répartition de ces trois macronutriments, ce qui se fait au cas par cas, sans entraver la cétose. En réalité, avec le régime cétogène, on fait ce qu’on veut sur le poids, on peut en faire perdre, on peut le maintenir, voire en faire prendre à un patient. Pour cela il faut être suivi car trouver la bonne répartition n’est pas facile pour quelqu’un qui ne maîtrise pas le régime.

    Mais n’est-ce pas dangereux de perdre du poids quand on a un cancer ?

    La plus grande confusion règne sur ce point. Ce qui devrait alerter n’est pas la perte de poids mais la perte de masse musculaire. La masse grasse ne renforce pas la résistance à la maladie. J’ai souvent entendu mes patients dire « la diététicienne, l’infirmière, l’oncologue… m’a dit qu’il fallait que je grossisse sinon je ne tiendrai pas. Pour cela il faut que je mange, et surtout ce qui me fait plaisir. » C’est une erreur. Manger n’importe quoi, en n’importe quelle quantité peut faire prendre du poids mais par l’augmentation de la masse grasse et non de la masse musculaire, ce qui peut favoriser le cancer. Au final, les patients sont affaiblis. Avec ce type de raisonnement, certains patients obèses sont considérés comme pouvant résister à la maladie, aux traitements, alors que derrière cette obésité se cache un manqueou une perte de masse musculaire. On appelle cela l’obésité sarcopénique. Or la masse musculaire est très importante. Perdre de la masse musculaire, c’est être asthénié, c’est également affaiblir les cellules immunitaires et avoir une moindre résistance à la maladie. Le cancer par lui-même est une maladie catabolisante (elle favorise la perte de masse musculaire). Le régime cétogène, au contraire, ne favorise pas la perte de masse musculaire. Systématiquement et pour chacun de mes patients, j’évalue leur besoin en protéines car ce sont elles qui permettent d’entretenir la masse musculaire ou de la développer. On vérifie que tout va bien sur ce point en mesurant le taux d’albumine sanguin. Dans les études prises en référence dans un article récent, la plupart des patients ont cadré leur régime seuls. On peut aisément imaginer qu’ils ont commis de nombreuses erreurs. Une des erreurs les plus fréquentes, est que beaucoup croient que 100 g de viande = 100 g de protéines or 100 g de viande c’est en moyenne 18-20 g de protéines. Ce n’est qu’une erreur parmi d’autres.

    Il est souvent rapporté que les patients ont du mal à suivre un régime cétogène sur le long terme.

    Je suis très étonnée des chiffres avancés dans l’article de 2017 concernant la non-compliance au régime. Je travaille quasi exclusivement avec ce régime depuis près de 4 ans et le nombre de personnes n’ayant pas réussi à le suivre se compte sur les doigts d’une main. Passés les 15 premiers jours du régime, les patients me disent généralement que ce n’est pas si dur que ça finalement. Beaucoup rapportent prendre du plaisir même. L’échec vient certainement soit d’un manque de prise en compte des habitudes/préférences du patient par le professionnel qui a cadré le régime car tout régime, et pas seulement cétogène, qui ne prend pas en compte les préférences du patient est voué à échouer. Cela peut aussi venir du fait que le patient n’a pas su se l‘approprier. Il faut dire que cela bouleverse tellement les habitudes alimentaires, tant au niveau du choix des aliments que des techniques culinaires à mettre en œuvre, que certains n’osent pas diversifier leur alimentation par peur de sortir de la cétose et restent de fait sur une alimentation monotone. C’est alors forcément lassant. Dans ma pratique, quand après quelques mois de régime, mon patient en a assez de manger gras, on décide communément d’une pause low carb d’une semaine à un mois pour mieux s’y remettre ensuite.

    Et combien de temps faut-il suivre un régime cétogène quand on souffre de cancer ?

    Il n’y a pas de réponse précise à cette question. Le régime cétogène doit au moins être suivi trois mois pour que de vrais résultats se manifestent. Le conseil que je donne à mes patients est de le suivre le temps que les résultats de contrôle soient bons. Éventuellement, s’ils en ont la volonté, je leur demande de poursuivre ensuite trois à six mois de plus. Au-delà de six mois, ils peuvent basculer sur un régime low carb, qui est beaucoup plus souple et qui autorise des écarts de temps en temps. On peut alors manger un fruit tous les jours et éventuellement certains féculents non transformés et riches en fibres comme du riz complet, des légumineuses. De manière générale, je conseille de contrôler la consommation de glucides à vie, surtout les glucides qui sont digérés rapidement (à index glycémique élevé), de conserver de bonnes graisses à chaque repas et de garder certaines pratiques alimentaires que nous avons mises en place.

    Pour en savoir plus : Combattre le cancer avec le régime cétogène de Magali Walkowicz
    Lire le Communiqué de presse

    Pour des recettes cétogènes :