• Conférence Saint-Amarin – Une molécule prometteuse pour vaincre le cancer

    DNA THUR ET DOLLER                                                                   VENDREDI 16 MARS 2018

     Saint-AmarinSalle comble au CAP pour la conférence du Dr Schwartz

     Une molécule prometteuse pour vaincre le cancer

     

    Dimanche 11 mars, le docteur Laurent Schwartz était de retour au CAP pour évoquer devant six cents auditeurs, les dernières avancées décisives en matière de compréhension et de traitement du cancer.

     

     

     Daniel Walter, président de Thur Ecologie & Transports, et le cancérologue Laurent Schwartz,
    Qui a parlé des dernières avancées dans le traitement du cancer. PHOTOS DNA

     

    « Si notre société n’arrive pas à juguler cette épidémie de cancers, avec chaque année de 385 000 à 400 000 nouveaux cas détectés en France, notre système de santé risque de s’écrouler. Il est urgent d’ouvrir officiellement les portes à des techniques et des idées innovantes », a déclaré, en préambule, Daniel Walter, président de Thur-Ecologie et Transports, organisatrice de cet événement très attendu par les malades et les familles.

    « Une molécule infiniment puissante »

    Le cancérologue Laurent Schwartz « œuvre pour le bien des malades au développement de traitements novateurs et non toxiques du cancer ». Il a rappelé que « le cancer est une maladie simple liée à la fermentation du sucre ». C’est l’effet Warburg décrit par le médecin physiologiste, biochimiste du même nom dès 1924.

    Ces deux dernières années, le cancérologue s’est intéressé au dioxyde de chlore utilisé avec succès par des malades pour traiter leur cancer. « C’est une molécule connue et caractérisée, extrêmement petite et infiniment puissante. Elle passe partout, est active sur les cellules cancéreuses qu’elle détruit selon un mécanisme proche de celui de la chimiothérapie ».

    « Quelque chose de nouveau et de simple »

    Le dioxyde de chlore associé à l’acide alpha-lipoïque, à l’hydroxycitrate et au régime cétogène (riche en graisses, limité en protéines, et pratiquement sans sucres) constitue une alternative peu onéreuse et non toxique, défend le médecin. C’est une thérapie non-violente. Ses effets sont rapides, dès deux semaines. Le dosage des marqueurs tumoraux doit être fréquent et régulier pour contrôler l’évolution de la maladie. Les résultats cliniques observés sur neuf patients (trois adénocarcinomes de la prostate, deux glioblastomes, trois adénocarcinomes du pancréas, un cancer du sein) sont très encourageants. « Il existe quelque chose de nouveau et de simple pour remplacer et suppléer la chimiothérapie et traiter le cancer à court ou moyen terme, si la société civile bouge ! », a résumé le docteur Laurent Schwartz.

    Si d’aventure cette seconde rencontre, après celle de février 2017, s’inscrit dans une trilogie, la troisième devra logiquement s’intituler, a conclu Daniel Walter : « Victoire, nous avons vaincu le cancer ». Une espérance partagée par tous.

     


    Saint-Amarin – Conférence : Témoignages

    « Soyez acteur de votre propre guérison »

     « Soyez acteur de votre propre guérison » a conseillé Ghislain Hufschmitt.

     

    Francis Taulelle et Ghislain Hufschmitt ont en commun d’avoir affronté le cancer et décidé de « choisir leur parcours de soins » en suivant les préconisations du docteur Schwartz.

    « Mon cancer a été mis sous contrôle » a annoncé Francis Taulelle atteint d’un cancer agressif de la prostate d’emblée métastatique en août 2016 et dont le témoignage est paru dans les DNA du 1er mars.

    « Je devrais être enterré »

    « Je devrais être enterré à l’heure où je vous parle ! » a déclaré Ghislain Hufschmitt, un Colmarien de 50 ans. Le 1er décembre 2016, il apprend qu’il est atteint d’un « carcinome épidermoïde infiltrant la base de la langue… », autrement dit une tumeur de 4 cm et des métastases des deux côtés du cou.

    Il se tourne alors vers son homéopathe qui lui conseille la lecture du livre du docteur Schwartz. « J’ai, dès le début du mois de décembre, débuté le traitement métabolique (associations de médicaments et de compléments alimentaires) en y associant une alimentation cétogène stricte ».

    Un professeur ORL consulté évoque une échéance de vie très courte, des soins palliatifs à court terme. Pour ce spécialiste, la méthode du docteur Schwartz relève du charlatanisme. L’oncologue et le radiothérapeute qui suivent Guislain appliquent « les protocoles, rien que les protocoles »… et les hostilités thérapeutiques de la médecine moderne débutent le 28 décembre 2018 avec de la chimio et de la radiothérapie.

    Très rapidement, il lui est impossible de parler, boire ou manger. À l’hôpital des poches de nutrition à base de glucides lui sont proposées pour s’alimenter. Il les refuse.

    Le personnel du service d’oncologie connaît peu ou minimise l’impact des glucides dans le traitement du cancer. Sa femme lui a donc préparé des repas cétogènes sous forme liquide qu’il s’injectait directement dans l’estomac.

    Le 16 mai 2017 un scanner de contrôle indique que la tumeur et les métastases ont disparu, le résultat est confirmé le 8 août 2017 par un second scanner. Le 1er septembre 2017, il reprend le travail à temps plein, se remet au sport en octobre ; il s’entraîne trois fois par semaine en vue d’un semi-marathon !

    « Soyez acteur de votre propre guérison, ne vous laissez pas faire ! » a-t-il conseillé. Ghislain Hufschmitt est persuadé, sa femme également, que les rayons et la chimiothérapie n’auraient pas eu raison de ce cancer, sans la prise de compléments alimentaires associée à une alimentation cétogène stricte.

  • Un nouvel espoir porté par le Dr Schwartz

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  • Conférence de Laurent Schwartz et témoignage de Francis Taulelle

    Conférence de Laurent Schwartz et témoignage de Francis Taulelle.Lire la suite…

  • La piste nouvelle du Dr Schwartz pour guérir simplement le cancer

    Publié le 15 mars 2017 / Brigitte Bègue (Reporterre)


    Laurent Schwartz est un récidiviste. Dans Cancer : guérir tous les malades, un livre paru en 2013 (éditions Hugo Doc), il affirmait que la lutte contre le cancer fait fausse route. Il réitère dans Cancer, un traitement simple et non toxique, publié l’an dernier (éditions Thierry Souccar). Un nouveau pavé lancé dans la mare de la cancérologie, qu’il assume parfaitement : « Aujourd’hui, le cancer tue 150.000 personnes par an en France. Malgré les milliards engloutis dans la recherche, la survie des patients n’a pas significativement bougé. À part chez les enfants, où les progrès sont réels, on meurt presque autant du cancer que dans les années 1960 dans les pays occidentaux. Certes, le taux de guérison augmente pour certains cancers, comme celui du sein, mais c’est surtout parce qu’un nombre plus élevé de tumeurs bénignes, non agressives, sont dépistées. » Au banc des accusés, « le trop-plein d’argent et le politiquement correct qui ont figé la recherche et empêché toute alternative ».

    Celui qui parle est un iconoclaste, mais n’a rien d’un fantaisiste. Cancérologue depuis 1993 à l’Assistance publique – Hôpitaux de Paris (APHP), il a fait ses études de médecine à la faculté de Strasbourg, dont son père était le doyen, puis s’est formé à la Havard Medical School, une faculté de médecine états-uniennes parmi les plus prestigieuses. « J’ai passé près de tente ans à travailler sur un sujet, le cancer. Le plus dur a été d’accepter que mes maîtres, en France ou à Harvard, ne savaient pas. Malgré tous les effets d’annonce, toutes les clameurs, il est une vérité : le roi est nu », écrit-il. Cette « vérité », Laurent Schwartz l’a rendue publique en 1998 dans Métastases, vérité sur le cancer (éditions Pluriel), où il décrivait les limites de la chimiothérapie et l’urgence d’explorer d’autres pistes. Une remise en cause qui lui a valu d’être exclu de l’APHP. Après une « réinsertion de façade », dit-il, il a longtemps été détaché auprès de l’École polytechnique, puis placardisé.

    « Par rapport à un tissu sain, un tissu cancéreux ingère dix fois plus de glucose »

    Mais Laurent Schwartz est un homme libre. Plus que jamais, il en est persuadé : si la guerre contre le cancer n’apporte pas les victoires espérées, c’est que cette « sale maladie » est plus simple qu’il n’y paraît. « Le cancer est probablement une maladie du métabolisme liée à un dysfonctionnement de la digestion cellulaire, explique-t-il. Lorsque la mitochondrie, qui est la centrale énergétique de la cellule, n’arrive plus à digérer le glucose et à le transformer en énergie, il ne brûle pas, fermente et s’accumule dans la cellule, qui se met à grossir puis à se diviser et à envahir les tissus. » Et d’ajouter, pour le profane : « Quand on fait du jogging, on brûle du sucre pour fabriquer de l’énergie et on ne grossit pas. C’est pareil avec la cellule. Au contraire du diabète, dont la cellule ne peut capter le sucre, car il n’y a pas assez d’insuline, le cancer, lui en est gorgé, car pour survivre, la cellule anormale s’en nourrit. Par rapport à un tissu sain, un tissu cancéreux ingère dix fois plus de glucose. » Pour preuve, quand un cancérologue veut vérifier la nature maligne d’une tumeur ou suivre l’efficacité de son traitement, il fait un Pet scan. Cet examen consiste à injecter du sucre radioactif au patient qui va vite être capté par les cellules cancéreuses, qui en sont friandes.

    La piste métabolique n’est pas neuve : elle a été ouverte par le biochimiste allemand Otto Warburg, prix Nobel de médecine en 1931. Des milliers de publications internationales y font référence et plusieurs équipes s’y consacrent actuellement. « Des chercheurs ont injecté des mitochondries de cellules normales à des cellules cancéreuses, ces dernières ont été guéries et ont cessé de se multiplier. Cela prouve que le cancer n’est pas une maladie du seul génome, comme on le pense », assure le médecin. Mais alors, le tabac, l’alcool, l’amiante et tous les cancérigènes figurant sur les listes officielles compteraient-ils pour du beurre ? « Mon propos n’est pas de minimiser leur toxicité, prévient-il. Ces agressions provoquent une inflammation chronique qui fait vieillir l’organisme prématurément et empoisonne ou inactive progressivement la mitochondrie. » Un mécanisme qui pourrait expliquer que les deux tiers des cancers se déclarent après 70 ans : « L’âge est le premier facteur de risque de cancer. Or, en vieillissant, l’oxygène n’atteint pas bien la mitochondrie, qui s’asphyxie, le rendement énergétique s’effondre. La cellule ouvre les vannes et se gorge de sucre. »

    Pour le chercheur, un des moyens de vaincre le cancer n’est pas uniquement de tuer les cellules cancéreuses, comme le font les traitements classiques, mais de rétablir leur métabolisme en relançant la mitochondrie. Une hypothèse que cet « explorateur », comme il se définit, teste avec une équipe de physiciens, mathématiciens, biologistes, médecins… Ils ont injecté des cellules cancéreuses à des souris de laboratoire et calculé la vitesse à laquelle elles grossissaient. Ensuite, ils ont listé une centaine de molécules courantes et pas chères susceptibles de ralentir leur croissance, qu’ils ont combinées et administrées aux animaux. Certaines tumeurs ont disparu, d’autres ont régressé. Fort de ces résultats, qui ont été publiés, Laurent Schwartz a demandé aux autorités de santé et à l’Institut national du cancer que des essais thérapeutiques soient menés sur des patients. Fin de non-recevoir. « Tout ça, ce sont des bêtises », commente un célèbre oncologue d’un hôpital parisien, qui n’en dira pas plus.

    « Le traitement métabolique est un traitement d’appoint à un traitement classique » 

    Laurent Schwartz va néanmoins choisir de franchir la ligne jaune, « non sans appréhension et insomnies », et de traiter quelques patients en dehors du cadre hospitalier et de la blouse blanche. Des hommes et des femmes qui ont lu ses livres et qui se savent condamnés à brève échéance. « Il était de mon devoir de médecin et d’homme de les aider ou, tout au moins, d’essayer. Je ne pouvais pas leur assurer que le succès serait au rendez-vous, seulement espérer que nos traitements expérimentaux, alternatifs à la chimiothérapie lourde qu’ils ne supportaient plus, leur assureraient plus longtemps de meilleures conditions de survie. » Concrètement, tous vont prendre, en plus de leur traitement standard, une association d’acide lipoïque et d’hydroxycitrate, deux molécules habituellement prescrites séparément à des patients pour soigner d’autres maladies, comme le diabète et qui doivent aider à brûler les dérivés du glucose. En parallèle, ils suivent un régime pauvre en sucres.

    Le cancérologue pense avoir trouvé un moyen de dynamiser l’efficacité des chimiothérapies et la survie des malades, mais il reste prudent : « Le traitement métabolique est un traitement d’appoint à un traitement classique dont il peut potentialiser les effets, mais il ne suffit pas tout seul. Les bénéfices les plus évidents portent sur le glioblastome. » Cette tumeur cérébrale, particulièrement agressive, a été diagnostiquée chez Anouk en 2014. Après une radiothérapie et deux chimiothérapies, son cancer grossit, raconte-t-elle à Reporterre : « J’ai compris que mes mois étaient comptés, mais je ne pouvais pas l’accepter. Une amie m’a mise en contact avec le Dr Schwartz. Je n’avais rien à perdre. Parallèlement à une troisième chimiothérapie, qui s’est terminée en novembre 2015, j’ai commencé son traitement. Je suis en rémission depuis septembre 2016. Mon oncologue me dit que c’est grâce à la chimio, elle ne veut pas entendre parler du traitement métabolique. Pour elle, il n’y a aucune preuve de son efficacité. Mais moi, je me demande si je serais encore en vie sans lui. » Laurent Schwartz note aussi une amélioration chez les patients atteints de cancers du poumon qui reçoivent en même temps une chimiothérapie ciblée. D’autres ont vu leur tumeur diminuer ou se stabiliser et ont pu bénéficier d’une chimiothérapie plus légère que prévu.

    Autant d’exemples empiriques qui font penser au cancérologue qu’il est sur une voie prometteuse, pour ne pas dire « révolutionnaire ». Mais les institutions de lutte contre le cancer continuent de faire la sourde oreille à ses demandes d’essais cliniques. « Trop peu de scientifiques, de médecins, osent s’aventurer en dehors des chemins balisés, hors de la pensée dominante. Pourtant, il est urgent que de nouveaux protocoles thérapeutiques puissent voir le jour. » En mars 2016, des cancérologues de renom alertaient sur le coût exorbitant des traitements. « L’armure commence à se fissurer », juge Laurent Schwartz. Le 14 février dernier, il a lancé un appel sur son site, à d’autres médecins pour établir « une communauté médicale ouverte ».


    Source : Brigitte Bègue pour Reporterre

    Dessin : © Tommy/Reporterre

    Photo :

    . Dr Schwartz : DR

  • Le surdiagnostic, par Dr Bernard Duperray

    Un article de Cancer Rose

    Le dépistage des cancers du sein et son objectif, un diagnostic plus précoce pour mieux guérir : un leurre pervers ?

    Par Dr Bernard Duperray

    Médecin radiologue retraité après 41 ans de pratique sénologique à l’hôpital Saint Antoine, Paris.

    Ancien président du comité scientifique pour la mise en place du dépistage du cancer du sein (à titre expérimental) dans l’Oise, a démissionné de ces fonctions en 1995, quand il s’est agi d’étendre le dépistage sur le plan national.

    Pas de lien d’intérêt.

    Abstract

    The average tumor size at diagnosis has been declining but one cannot see any drastic drop in mortality. Where a decline in mortality is observed, it is the same among screened and unscreened women. There is no decline in advanced forms nor in the number of total mastectomy. Epidemiological studies generated by screening provided evidence of its failure far above clinical findings. Trying to obtain an early diagnosis by screening mammography is an illusion.

    In addition, the setting up of mass screening revealed a significant pernicious effect : overdiagnosis and its corollary, overtreatment. Overdiagnosis is an explanation of the contradiction between the apparent success of the treatment on so called early diagnosed cancer thanks to screening and the absence of significant mortality reduction within the population.

    The need for a new definition of the cancerous breast disease and its natural history becomes evident.

    Tout a commencé par une évidence à priori intuitivement inébranlable

    Plus on détecte tôt un cancer du sein, plus la lésion est petite au moment du diagnostic, meilleur est le pronostic.

    C’est l’impression que donne l’observation clinique superficielle en dehors de toute considération épidémiologique.

    A partir de cette impression s’est élaborée l’hypothèse d’une histoire naturelle du cancer du sein qui a toujours cours aujourd’hui.

    Selon cette conception, une lésion de petit volume signifie une lésion diagnostiquée précocément. Petit et précoce sont synonymes de curable.

    Si l’on n’intervient pas, la progression de la maladie est inéluctable et linéaire dans le temps avec un enchaînement mécanique :

    Cellule atypique > carcinome in situ > cancer invasif > métastases > décès par cancer.

    Le cancer est perçu comme une maladie d’organe à extension progressive, loco régionale puis générale secondairement avec des métastases.

    Ce schéma est validé par Halsted, un chirurgien nord américain qui annonce en 1894 qu’une chirurgie radicale enlevant le sein, le plan pectoral, les ganglions, etc… diminue les récidives et permet de guérir la maladie.

    Dans le schéma « Halstedien» :

    la dissémination tumorale se fait mécaniquement.
    le type d’intervention détermine le devenir de la patiente.
    tout retard de diagnostic est préjudiciable.
    Le dépistage et, grâce à celui-ci, le diagnostic précoce devaient aboutir à une baisse drastique de la mortalité, à l’éradication des formes évoluées et à la diminution du nombre de mastectomies totales. Grâce au dépistage, on ne devait plus mourir prématurément d’un cancer du sein.

    Cette hypothèse paraissait d’autant plus plausible que le cancer du sein constitue un modèle pur pour la cancérologie qui revendique ce schéma : il siège dans un organe externe, facile d’accès, non vital, susceptible d’une chirurgie radicale. Tous les ingrédients d’un succès du dépistage étaient réunis.

    Quelles sont les constatations cliniques et épidémiologiques après 25 ans de pratique du dépistage à la recherche du fameux diagnostic précoce ?

    La lutte contre le cancer du sein a eu pour priorité la recherche d’un diagnostic précoce. Ainsi, la taille des tumeurs au moment du diagnostic n’a cessé de se réduire : on se plait à dire qu’on est passé entre les années 50 et 80 “ de la prune au noyau” avec une diminution du nombre de creux axillaires envahis.

    Aujourd’hui, la taille moyenne des tumeurs au moment du diagnostic est inférieure à 2 cm. Mais on n’observe pas la baisse drastique de mortalité attendue. Là où une baisse de mortalité est constatée, elle est identique chez les femmes dépistées et les femmes non dépistées. Il n’y a pas de recul des formes évoluées ni de recul du nombre de mastectomies totales. (1), (2), (3) (4)

    Le cancer du sein reste une préoccupation majeure de santé publique.

    La polémique sur les résultats des méta analyses des études randomisées est dépassée. Il faut inclure les études les plus biaisées pour montrer une baisse de mortalité, d’ailleurs constamment revue à la baisse. L’absence de résultat sur les études en population va dans le même sens pour affirmer que le dépistage et la recherche d’un diagnostic précoce sont un échec. (5) (6) (7)

    De même, la mastectomie radicale mutilante de Halsted a été un échec.

    Il a fallu attendre les années 1970/80 pour que Fisher et Veronesi remettent en cause l’hypothèse « Halstédienne » par des études randomisées et avancent une hypothèse alternative, qui ouvrait la voie à la chirurgie conservatrice :

    « Il n’y a pas d’ordre dans la dissémination de la tumeur. Les variations de traitement n’affectent pas la survie. »

    Ces constatations n’ont abouti ni à une remise en question du schéma retenu de l’histoire naturelle des cancers du sein ni à un changement des pratiques. Pourtant, il est évident que petit ne signifie pas précoce, volumineux n’exclut pas un diagnostic précoce, petit ne signifie pas obligatoirement bon pronostic.

    Deux constatations paraissent totalement contradictoires :

    1. Plus petite est la lésion découverte, meilleur est le pronostic.
    2. La diminution de la taille moyenne des lésions obtenue en population ne s’accompagne pas d’une baisse significative de la mortalité.
      Par ailleurs, parallèlement à cette diminution de taille, on constate une augmentation considérable de l’incidence de la maladie, c’est-à-dire du nombre de nouveaux cas découverts chaque année. L’incidence des cancers du sein en France a été multipliée par 2,3 entre 1980 et 2000.

    Deux hypothèses sont envisageables : une simple coïncidence entre la mise en place du dépistage et la survenue d’une épidémie de cancers du sein ou l’apparition de diagnostics de cancer du sein en excès liée au dépistage : le surdiagnostic. (8)

    Si l’accroissement continu des nouveaux diagnostics annuels correspondait à une épidémie de cancers à évolution létale, il faudrait alors que la réduction de mortalité grâce au dépistage soit considérable : on aurait un cancer guéri pour un décès en 1980 et trois cancers guéris pour un décès en 2000. Or ni les résultats les plus optimistes des essais contrôlés concernant la réduction de mortalité ni les progrès thérapeutiques durant cette période ne peuvent soutenir cette hypothèse.

    En outre, les études épidémiologiques et les résultats d’autopsies systématiques dans une population sans pathologie mammaire connue montrent un excès de cancers par rapport à ce qui est observé dans le même temps dans la population générale. (9) Plus on cherche, plus on trouve !

    L’hypothèse d’une majoration du surdiagnostic liée au dépistage n’a pas de contre argument objectif. L’augmentation de l’incidence est essentiellement due au surdiagnostic même si des facteurs environnementaux interviennent également. Mais les facteurs environnementaux ne peuvent pas expliquer la brutalité de l’accélération. (10) (11)

    Le surdiagnostic a une définition encore trop vague.

    Le surdiagnostic est le diagnostic histologique d’une “maladie” qui, si elle était restée inconnue, n’aurait jamais entraîné d’inconvénients durant la vie de la patiente.

    Dans le contexte de nos connaissances actuelles, ce n’est pas une erreur de diagnostic, c’est un diagnostic correct mais sans utilité pour la patiente. (12) (13)

    Ce concept pose un problème, il est totalement contre intuitif. Le surdiagnostic n’est identifiable ni par le soignant ni par l’anatomopathologiste ni par la patiente. Pour eux, il n’y a que des diagnostics.

    Sa réalité est mise en lumière par l’épidémiologie, en comparant des populations soumises à un dépistage d’intensité variable. Sans l’aide de l’épidémiologiste, la confusion entre taux de létalité et taux de mortalité est inévitable et elle masque la réalité du surdiagnostic.

    Le taux de létalité est le nombre de décès rapporté au nombre de diagnostics de cancer du sein. L’augmentation de l’activité diagnostique (dépistage) induit une augmentation des cas prévalents et du surdiagnostic noyé dans la masse des diagnostics, elle contribue ainsi à la diminution du taux de létalité et à l’impression d’un succès.

    C’est la perception qu’a le clinicien de la maladie chez un individu.

    Le taux de mortalité est le nombre de décès rapporté à l’ensemble de la population. C’est ce qui mesure vraiment l’efficacité d’une opération de santé publique. C’est la perception qu’a l’épidémiologiste de la maladie en population.

    Ce sont deux approches différentes de la maladie. En prendre conscience permet de comprendre la difficulté qu’éprouve le clinicien à ne pas se laisser égarer par le surdiagnostic.

    Le surdiagnostic est une explication de la contradiction entre le succès apparent des traitements sur des cancers diagnostiqués soi-disant “précocément” grâce au dépistage et l’absence de réduction significative de la mortalité en population. (14)

    Le surdiagnostic, plus fréquent parmi les petites tumeurs sans envahissement ganglionnaire, donne l’illusion de l’efficacité d’un diagnostic précoce, du dépistage et des traitements inutiles subis par les patientes surdiagnostiquées. (15)

    Dans l’état actuel de nos connaissances, il nous est impossible de différencier un cancer évolutif létal d’un cancer surdiagnostiqué mais ce que nous pouvons dire, pour en finir avec des pratiques médicales qui détruisent la vie de femmes bien portantes, c’est qu’une femme asymptomatique n’a aucun intérêt à risquer un surdiagnostic par le dépistage, qu’il soit de masse ou individuel, dans l’espoir d’un diagnostic précoce car le dépistage n’a aucun résultat probant, qu’il s’agisse de la baisse de mortalité ou de la réduction des formes avancées.

    La recherche d’un diagnostic précoce par le dépistage de masse organisé a été le catalyseur du surdiagnostic mais, en même temps, ce dépistage de masse a permis grâce aux études épidémiologiques qu’il a suscitées, d’apporter des éléments de preuve supérieurs à la simple observation clinique et il a mis en lumière la nécessité d’une nouvelle définition de la maladie cancéreuse du sein et de son histoire naturelle.

    Une conception de la définition et de l’histoire naturelle de la maladie à réécrire.

    Les pratiques diagnostiques et thérapeutiques actuelles sont liées à une définition de la maladie et à une hypothèse de son histoire naturelle erronées, qui perdurent depuis la fin du XIX siècle bien qu’elles soient contredites depuis des décennies par les faits et bien que leur bilan soit désastreux : la mortalité par cancer du sein a peu baissé, celui-ci reste un des cancers féminins les plus meurtriers, alors qu’on lui a consacré plus de moyens qu’à d’autres pathologies. (16)

    Rien dans l’histoire naturelle de la maladie que l’on observe avec les outils d’aujourd’hui ne permet de caractériser la notion de précocité du diagnostic. On ne connait pas l’élément fondateur de la maladie.

    Par ailleurs, il n’y a pas de lien de proportionnalité entre la taille tumorale et l’écoulement du temps. Du lien constaté entre la taille de la tumeur et le pronostic, on a déduit abusivement une corrélation entre petite taille tumorale et précocité du diagnostic, sous prétexte qu’une lésion a été petite avant d’être grosse.

    Or l’évolution de la maladie n’est pas linéaire : des tumeurs peuvent rester stables, régresser, disparaître, devenir grosses en quelques jours, des tumeurs millimétriques être métastasées. L’augmentation considérable du nombre de cancers in situ diagnostiqués et traités ne s’est pas accompagnée d’une diminution du nombre des cancers invasifs.

    La présence du surdiagnostic est la preuve que la maladie évolutive ne débute pas obligatoirement avec la découverte de l’anomalie histologique qui fait porter le diagnostic de cancer du sein. Cela vaut aussi bien pour des cancers invasifs que des in situ. Comment dans ces conditions parler de diagnostic précoce qui améliorerait le pronostic ?

    La quête d’un diagnostic précoce réalise simplement un biais de sélection, qui favorise le surdiagnostic. Cela explique que la mortalité ne soit pas influencée par le dépistage dans la population malgré la diminution de la taille tumorale observée en moyenne.

    La spécificité du dépistage de masse organisé est le paradoxe suivant : plus il s’améliore techniquement (et on ne cesse de l’améliorer), plus il devient pervers.

    En effet, la définition purement histologique du cancer du sein est insuffisante pour caractériser la maladie mortelle. Avec un même symptôme, la tumeur épithéliale, le cancer du sein apparaît comme une maladie hétérogène aux modalités évolutives multiples et opposées, allant de la régression à la mort, sans lien avec la précocité du diagnostic.

    Conclusion :

    Ces positions à contre courant découlent simplement de l’observation des résultats du dépistage. Le choix de celui-ci dans l’optique d’un diagnostic le plus précoce possible est un cul de sac.

    Le diagnostic « précoce » obtenu par la mammographie de dépistage est un leurre qui catalyse l’effet pervers le plus grave du dépistage : le surdiagnostic avec son corollaire, le surtraitement, intolérable compte-tenu de la nature des soins prodigués.

    Différer le diagnostic chez des femmes asymptomatiques est sans conséquence sur leur avenir, bien au contraire. L’heure est à la reconstruction d’une théorie de l’histoire naturelle du cancer du sein plus conforme aux faits et connaissances actuelles.

    Il faut en premier lieu répondre aux questions suivantes :

    – Qu’est – ce qu’un cancer ? Une maladie mortelle qui finit par tout envahir ou une anomalie cellulaire repérée au microscope à un moment t sans préjuger de son devenir ?

    – A partir de quand est-on malade ?

    – Pourquoi certains cancers ne se développent-ils pas ou régressent ?

    – Quel est le rôle réel de la tumeur épithéliale dans la maladie cancéreuse ?

    D’ores et déjà, la reconnaissance du surdiagnostic et de toutes ses conséquences devrait modifier les pratiques médicales, les résultats thérapeutiques étant actuellement mal interprétés du fait du surdiagnostic, dédramatiser l’urgence diagnostique, déculpabiliser les sceptiques, inciter le corps médical à être moins péremptoire dans ses propositions diagnostiques et thérapeutiques.

    Biblio

    (1) – BMJ 2014; 349 doi: http://dx.doi.org/10.1136/bmj.g6358 (Published 26 November 2014) Cite this as: BMJ 2014;349:g6358 Mammography screening Stable incidence of advanced breast cancer argues against screening effectiveness. Philippe Autier, Cécile Pizot, Mathieu Boniol, professor and senior statistician1

    (2) – Autier P., Boniol M., Gavin A., Vatten L. J. « Breast cancer mortality in neighbouring European countries with different levels of screening but similar access to treatment: trend analysis of WHO mortality database » BMJ 2011;343:d4411

    (3) – « Mammography screening. Truth, lies and controversy » ; P.C. Gotzsche ; Radcliffe Publishing, Londres, Prix Prescrire 2012

    (4) – Nikola Biller-Andorno,MD. Ph.D, Peter Jüni,MD ; “Abolishing Mammography Screening Programs ? A View from the Swiss Medical Board. N Engl J Med 2014 ;370 :1967 ; May 22, 2014 ; DOI : 10.1056/ NEJM p 140 1875.

    (5) – GOTZSCHE PC NIELSEN M Screening with mammography (Review) Cochrane 7 octobre 2009 issue 4

    (6) – Commentary on: Does screening for disease save lives in asymptomatic adults? Systematic review of 5 meta-analyses and randomized trials ; Paul G. Shekelle. International Journal of Epidemiology, 2015, 1–2 doi: 10.1093/ije/dyu267

    (7) – Revue Prescrire, (mars, avril, mai 2006, oct 2007)

    (8) – Overdiagnosed: Making People Sick in the Pursuit of Health ; H. Gilbert Welch (Author), Lisa Schwartz (Author), Steve Woloshin (Author)

    (9) – Nielsen M, Thomsen JL, Primdahls et al. Breast cancer and atypia among young and middle-aged women : a study of 110 medicolegal autopsies. Br J Cancer 1987 ; 56 : 814-819.

    (10) – Jorgensen K J, Gotzsche P C Overdiagnosis in publicly organised mammography screening programmes: systematic review of incidence trends BMJ 2009 ; 339:b2587

    (11) – Overdiagnosis and Overtreatment in Cancer An Opportunity for improvement. » Laura J. Esserman, MD, MBA, Ian M Thompson, Jr, MD, Brian Reid, JAMA. August 28, 2013; 310(8)

    (12) – BMJ 2016 ; 352:h6080 doi: 10.1136/bmj.h6080 (Published 6 January 2016) Why cancer screening has never been shown to “save lives”—and what we can do about it

    (13) – « Dois je me faire tester pour le cancer ? Peut-être pas et voici pourquoi. » G. Welch, Les presses de l’université de Laval. 2005

    (14) – Médecine (vol 2 N° 8 2006) « Le dépistage : Une bonne intention, une mauvaise théorie de l’histoire naturelle de la maladie, un résultat absurde » Duperray B, Junod B.

    (15) – « Twenty five year fellow-up for breast cancer incidence and mortality of Canadian National Breast Screening Study : randomised screening trial » Anthony B Miller, C Wall, C J Baines, P Sun, T To, BMJ / 2014, 348 g366 doi : 10.1136

    (16) – Harding C et coll. et coll. Breast Cancer Screening, Incidence, and Mortality Across US Counties. JAMA Intern Med. Published online July 06, 2015. doi:10.1001/jamainternmed.2015.3043

    Source : https://www.cancer-rose.fr/le-sur-diagnostic-par-dr-bernard-duperray/

  • L’incroyable journée du Docteur Michel de Lorgeril

    Publié dans Prévention Santé le 25 novembre 2016 par Deborah Donnier

    de-lorgeril_balance17 novembre 2016, Lyon, Quai Jaÿr.

    La Section Disciplinaire du Conseil Régional de l’Ordre des Médecins de Rhône-Alpes s’est réunie en session publique afin de juger en Première Instance le Docteur Michel de Lorgeril, chercheur CNRS à la Faculté de Médecine de Grenoble (UMR 5525), expert reconnu en cardiologie et nutrition, auteur de 300 articles scientifiques et 7 ouvrages de vulgarisation scientifique en français, particulièrement renommé pour ses positions iconoclastes et dérangeantes quant à la non-responsabilité du Cholestérol dans la genèse des maladies cardio-vasculaires et son combat sans fin contre les statines (1).

    Les griefs retenus et énoncés contre lui par le rapporteur, le Dr Henri Olivier Ollagnon, ont suscité l’interrogation générale.

    Les communications scientifiques répétées du Docteur de Lorgeril violeraient régulièrement l’Article 13 du Code de Déontologie Médicale (2)

    La plainte principale émanait de cinq cardiologues grenoblois, les Pr. Jacques Machecourt, Gérald Vanzetto, Gilles Barone-Rochette, Pascal Defaye et Olivier Ormezzano.

    Le Pr Jacques Machecourt explique rapidement n’avoir jamais eu l’intention initiale de se présenter à l’audience, pas plus que les autres co-accusateurs qui ne sont d’ailleurs pas venus, si un documentaire scandaleux diffusé sur Arte le 18 octobre (3) n’étaient venu conforter les thèses de l’accusé…

    On apprend aussi à l’écoute de l’exposé du rapporteur que les plaignants se sentent collectivement lassés de recevoir d’incessantes demandes de rendez-vous à leurs secrétariats pour obtenir un rendez-vous de consultation auprès du Dr de Lorgeril alors que celui-ci n’y exerce pas, puis l’on comprend aisément qu’ils vivent difficilement aussi que tant d’étudiants en Médecine et de patients se mettent à douter des vérités qu’ils présentent comme intangibles depuis tant d’années. Voilà qui pourrait expliquer la colère subite de ces professeurs ?

    Le Dr de Lorgeril aurait tenté de vendre des herbes népalaises ou péruviennes par l’entremise d’une distribution de tracts, à Gap fin 2015 !

    Moment cocasse de l’audience, on apprend incidemment qu’aucun de ces Professeurs n’a jamais lu une ligne des travaux du séditieux suspect… Le seul présent à l’audience, conscient de l’effet catastrophique généré par une telle révélation n’aura de cesse de brandir un ouvrage… paru il y a 10 ans, « Cholestérol, mensonge et propagande » afin de disperser cette désastreuse image d’aveuglement concerté.

    Le déroulé des plaintes incriminant le Dr de Lorgeril consiste à redire que ce chercheur plaide seul la non-culpabilité du Cholestérol, et que les plus grandes instances internationales ont conclu depuis longtemps que les statines sont des molécules pourvues d’un rapport bénéfice sur risque considérablement en leurs faveurs.

    La défense, assurée personnellement par le Dr Michel de Lorgeril et assistée par deux de ses Confrères, les Dr. Jean-Marc Rehby et Vincent Reliquet, n’a eu de cesse de prouver l’ampleur du mouvement de contestation de cette théorie du cholestérol à travers le monde chez les chercheurs indépendants, particulièrement en Angleterre en cette année 2016, et la constante intrusion des firmes du médicament pour falsifier les études épidémiologiques et soudoyer les avis des décideurs ainsi que certains médecins en vue, clairement rémunérés pour ce faire.

    Le Docteur de Lorgeril « violeur » d’article 14, 15, 20, 21, 39, 79…

    Puis vint l’examen d’une seconde plainte rarement examinée dans une telle Instance Disciplinaire…

    de-lorgerilVient le tour du Conseil de l’Ordre de Charente-Maritime de reprocher au Dr de Lorgeril des écrits négationnistes et révisionnistes, au motif que ce dernier remettait publiquement en cause depuis trente ans la théorie du Cholestérol. La défense s’est immédiatement émue d’un amalgame inadmissible entre la grande Histoire et la controverse en cours.

    Du bout des lèvres lui fut reproché aussi d’avoir tenu une conférence à Saintes en 2014 aux 17e Université de l’Environnement et de la Santé, manifestation un temps suspectée de dérives potentiellement sectaires et donc… que le Dr de Lorgeril appartiendrait aussi à une secte ! Par bonheur aucun Médecin présent ne souhaitera s’étendre sur un sujet aussi faible.

    Mais le plus étonnant reste à venir, sous l’accusation du Dr Jean Pierre Magallon, Président du Conseil de l’Ordre des Hautes-Alpes :  Le Dr de Lorgeril aurait tenté de vendre des herbes népalaises ou péruviennes par l’entremise d’une distribution de tracts, à Gap fin 2015 ! Problèmes, aucun prospectus ne peut être produit à l’audience, les photocopies seules existantes sont de qualités déplorables, aucune autre commune ne semble avoir été démarchée, et les fac-similés des rectos versos ne donnent aucune adresse pour la commande !

    Le Dr de Lorgeril n’a aucun mal à expliquer la tentative d’escroquerie et l’usurpation d’identité réalisée à son encontre, il présente un dépôt de plainte effectué en Gendarmerie l’authentifiant en tant que co-victime de ces procédés.

    Comment une affaire aussi grotesque peut-elle poursuivre un Médecin grenoblois de Gap jusqu’à Lyon, relayée par les Conseils Ordinaux des Hautes-Alpes puis de l’Isère sans qu’aucun classement sans suite n’intervienne pour empêcher ces deux organismes de sombrer dans le plus total ridicule ?

    On comprend aisément au final à l’écoute de la défense de clôture du Dr Michel de Lorgeril qu’après la théorie biologique insuffisamment démontrée, l’usurpation de qualification médicale, les pratiques sectaires, quand vient la tentative de vente d’herbes anti-cholestérol à des fins mercantiles alors que depuis trente ans il plaide pour l’innocence de celui-ci, la coupe soit franchement pleine…

    La sentence mise en délibéré

    Soulignons la parfaite tenue des débats, menée par un Président, Monsieur Emmanuel du Besset, impeccable dans son rôle.

    On rappelle avec incompréhension que les positions du Dr Michel de Lorgeril ne sont en rien nouvelles, qu’elles sont partagées largement aux quatre coins du monde, et que la licité du débat sur cette théorie du Cholestérol a déjà été tranché au printemps 2015 au Conseil National de l’Ordre à Paris, alors pourquoi y revenir à Lyon dix-huit mois plus tard ?

    Les accusations suivantes (pratiques sectaires, charlatanisme) éclairent d’un jour précis l’incroyable acharnement dont le Dr Michel de Lorgeril semble faire les frais aujourd’hui, de la part d’une partie de la profession médicale qui semble vouloir faire feu de tout bois pour tenter de dissuader tout médecin de chercher à mettre en doute les pensées dominantes actuelles.

    Heureusement que le Dr Irène Frachon, Pneumologue au CHU de Brest, a su elle aussi parfaitement résister de son côté à toutes les tentatives d’intimidation, sans son abnégation qui sait aujourd’hui combien de patients consommeraient encore du Médiator ?

    Qui d’entre nous ne se pose pas finalement la question fondamentale de la liberté de la recherche en médecine et de ses implications incalculables dans notre vie de tous les jours ?

    Annexe

    (1) « L’horrible vérité sur les médicaments anti-cholestérol », de Lorgeril M., Thierry Souccar Ed.

    (2) ARTICLE 13 (article r.4127-13 Du CSP) Lorsque le médecin participe à une action d’information du public de caractère éducatif et sanitaire, quel qu’en soit le moyen de diffusion, il doit ne faire état que de données confirmées, faire preuve de prudence et avoir le souci des répercussions de ses propos auprès du public. il doit se garder à cette occasion de toute attitude publicitaire, soit personnelle, soit en faveur des organismes où il exerce ou auxquels il prête son concours, soit en faveur d’une cause qui ne soit pas d’intérêt général.

    (3) « Cholestérol : le grand Bluff » Anne Georget – Documentaire Arte http://www.arte.tv/guide/fr/051063-000-A/cholesterol-le-grand-bluff 

  • Le jeûne une nouvelle thérapie

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    Le bienfaits du jeûne thérapeutique.

  • Cancer : « Une pandémie apocalyptique si rien n’est fait »

    Source :

    cancer-une-pandemie-apocalyptiqueLe Congrès mondial contre le cancer s’est tenu du 31 octobre au 3 novembre à Paris. Christophe Leroux, porte-parole de la Ligue contre le cancer, dresse le bilan. Interview

    Quel bilan peut-on tirer du Congrès mondial contre le cancer qui s’est tenu ces derniers jours à Paris ?

    Si rien ne change, nous nous dirigeons vers une pandémie apocalyptique à l’échelle planétaire. Mais la bonne nouvelle, c’est que nous sommes à un tournant, à la veille d’une révolution. Nous disposons de plusieurs leviers pour inverser la courbe de mortalité de cette maladie et faire largement baisser son incidence. Il existe désormais des thérapies innovantes ultra-performantes contre différents types de tumeurs, y compris contre celles réputées inguérissables, comme celle du pancréas. L’immunothérapie constitue ainsi une immense avancée. Quant aux « vieilles » chimiothérapies, on sait désormais mieux les associer entre elles. En prime, les traitements pour réduire les effets secondaires sont plus efficaces.

    Le problème est que les tarifs des médicaments innovants sont fixés de manière très opaque. Et certains labos n’hésitent pas à associer d’anciennes molécules entre elles. Ils vendent ensuite ces cocktails très chers, en les présentant comme de nouveaux traitements. Faire baisser les prix est donc devenu un enjeu politique. François Hollande s’est emparé de cette question, tout comme Barack Obama et les deux candidats à l’élection présidentielle américaine, Donald Trump et Hillary Clinton, qui, pour une fois, sont d’accord sur un sujet. La réaction de la société civile a également été très forte. Notre pétition sur les prix des médicaments a récolté près de 70.000 signatures.

    De quelles autres armes dispose-t-on ?

    Nous connaissons les principaux facteurs de risque du cancer. Il faut donc poursuivre les efforts pour lutter contre le tabac, cette arme de destruction massive qui tue une personne sur deux, l’obésité, la malbouffe, l’excès d’alcool… et préserver les pays émergents qui n’ont pas encore adopté nos mauvaises habitudes. Enfin, le cancer est facile à éradiquer s’il est pris à temps. La prévention joue un rôle très important. Elle passe par le dépistage, notamment au niveau du sein et de la prostate, par la vaccination contre le cancer du col de l’utérus…

    Le dépistage organisé du cancer du sein est accusé d’engendrer des surdiagnostics. (A. Baron/SIPA)

    Cancer du sein : « Un empoisonnement qui commence dès le stade fœtal »

    Certes, mais le dépistage organisé du cancer du sein, accusé de causer de nombreux surdiagnotics, est très critiqué, tout comme la vaccination contre le col de l’utérus

    Ce sont des critiques de riches, faciles à lancer lorsqu’on vit dans un pays comme la France où près de 60% des femmes participent au dépistage du cancer du sein. Un cancer du sein pris à temps, c’est la garantie que les dégâts seront limités. Quant au vaccin contre le papillomavirus responsable du cancer du col de l’utérus, il est remis en cause comme moyen de prévention dans des pays où le frottis de dépistage est généralisé. Mais pensez aux pays africains où le dépistage est rarissime… De toute manière, le vaccin est utile partout, car même en France, des catégories de la population échappent encore au dépistage, dans les zones rurales et dans les quartiers populaires notamment.
    EXCLUSIF. Cancer du col de l’utérus : pourquoi le vaccin Gardasil fait peur

    Tout le monde peut constater dans son entourage une explosion du nombre de malades, notamment parmi les femmes. Comment expliquez-vous ce phénomène ? 

    Par le vieillissement de la population, la consommation du tabac et de l’alcool, un meilleur dépistage, mais pas que. Pour tout cancer, quelle que soit sa localisation, il y a une part d’inconnu. On ne comprend toujours pas pourquoi certains échappent à cette maladie et d’autres non. La génétique n’est qu’une partie de l’explication. Par exemple, on ne sait pas pourquoi le cancer des testicules, qui jusque-là ne touchait que de très jeunes hommes, frappe maintenant jusqu’à 35 ans. Cette zone grise, très préoccupante, mobilise les équipes et doit être explorée de manière scientifique.

    Quel rôle joue l’environnement dans cette « zone grise » ?

    Le cancer est une maladie multi-factorielle, l’environnement a donc très certainement un impact. On s’est ainsi aperçu que les acides gras trans contenus dans les gâteaux industriels favorisaient les cancers du sein.

    La France est-elle bien placée en matière de lutte contre le cancer ?

    Elle se situe dans le top 3 des pays en pointe, juste derrière les Etats-Unis et la Grande-Bretagne. Aujourd’hui, le taux de guérison est de 60%. Dans cinq ans, si l’on active tous les leviers dont nous disposons, nous pourrons gagner dix points !  Les plans cancer de Chirac, Sarkozy et Hollande ont par ailleurs changé l’image sociale du cancer. Le malade est désormais bien moins stigmatisé.

    Propos recueillis par Bérénice Rocfort-Giovanni

  • « Anticancer » : David Servan-Schreiber avait-il vu juste ?

    Les conseils nutritionnels du Dr Servan-Schreiber dans Anticancer sont-ils pertinents ? A l’occasion de l’anniversaire de sa disparition, LaNutrition.fr fait le point.

    L’équipe de la Nutrition.fr – Mercredi 20 Juillet 2016
     
    "Anticancer" : David Servan-Schreiber avait-il vu ...
     

    Le 24 juillet 2011 disparaissait David Servan-Schreiber. Ce médecin humaniste, qui fut très proche de LaNutrition.fr (qu’il consultait régulièrement), a énormément contribué à faire connaître au grand public de nombreux concepts nutritionnels novateurs.

    Dans Anticancer, David Servan-Schreiber détaillait les moyens de prévenir et lutter contre le cancer à différents niveaux, notamment au plan alimentaire, en s’appuyant sur les dernières avancées de la recherche scientifique. Côté nutrition, qu’est-ce qui a évolué depuis la parution d’Anticancer ? David Servan-Schreiber avait-il vu juste dans ses préconisations ?

    « Le cancer se nourrit de sucre »

    C’est la première chose que David Servan-Schreiber écrit sur les liens entre alimentation et cancer: que le métabolisme des cellules cancéreuses dépend de leur consommation de glucose, un phénomène décrit comme effet Warburg du nom de son découvreur, le Prix Nobel Otto Warburg. Et c’est sûrement ce point que la recherche a le plus confirmé depuis: l’effet Warburg est observé dans 60 à 80% des tumeurs. De quoi s’agit-il ? Contrairement aux cellules saines, de nombreuses cellules cancéreuses (dont celles du glioblastome, le cancer auquel David a succombé) se développent en avalant d’énormes quantités de glucose, sans consommer d’oxygène, par simple fermentation. D’où l’idée, expérimentée par plusieurs centres de recherche, d’«affamer le cancer», donc de contrôler la croissance des tumeurs. Cette approche « métabolique » est celle retenue par le Dr Laurent Schwartz en France. Elle est poursuivie par ceux qui explorent les effets du régime cétogène. Très pauvre en sucre, riche en graisses, il pourrait améliorer le pronostic de certains cancers, de pair avec les traitements classiques. D’autres travaux, ciblant le sucre, ont trouvé le sucre est pro-inflammatoire et que cette inflammation qui fait croître les tumeurs. Mais les études cliniques sont encore rares et on ne sait pas si, en diminuant l’accès au glucose des cellules cancéreuses, elles ne se tourneraient pas vers d’autres sources d’énergie. 

    Lire aussi : « Le régime cétogène est encore trop peu connu des malades du cancer »

    Si le régime cétogène est assez draconien, et donc plutôt réservé aux malades, vous pouvez adopter en prévention une alimentation de type « low carb » (régime Atkins, ou un régime à index glycémique (IG) bas). En effet, comme l’explique le Dr Servan-Schreiber cette dernière permet de lutter contre l’inflammation. Une affirmation largement confirmée depuis Anticancer, notamment dans une étude récente.
    Plusieurs études ont aussi établi un lien entre aliments à IG élevé et cancer.  Une étude américaine qui vient d’être publiée a également associé la consommation d’aliments à IG élevé (donc riches en sucres raffinés) au risque de cancer des poumons (1).

    Les oméga-3 et l’inflammation

    David Servan-Schreiber a été l’un des principaux artisans de la popularisation des oméga-3 en France, via son livre Guérir. S’il en a d’abord découvert les vertus sur le cerveau et l’humeur, il a expliqué dans Anticancer comment ces acides gras particuliers, contenus dans le lin, les noix (et leurs huiles) et les poissons gras (sardines, maquereaux, harengs, etc.) s’opposaient à l’inflammation due à une trop grande consommation d’oméga-6 (les graisses trouvées dans les huiles de tournesol, de maïs et dans les viandes).
    C’est pourquoi David Servan-Schreiber conseillait dans Anticancer d’augmenter la part d’oméga-3 dans l’alimentation (notamment par l’utilisation d’huile de colza) et de diminuer les oméga-6.
    Depuis les études ont montré que les vertus anti-inflammatoires des oméga-3 pourraient être utiles dans les cancers, notamment celui de la prostate. Ainsi les malades qui consomment le plus de poissons gras ont des chances de survie plus importantes et de meilleurs marqueurs de l’inflammation que les autres (2). L’acide docosahexaénoïque pourrait aussi aider à diminuer les tumeurs du sein (3).

    Le curcuma, l’épice indispensable

    Epice anti-inflammatoire et antioxydante, le curcuma possède de nombreuses vertus santé, et anticancer en particulier. « En laboratoire, la curcumine [la substance active du curcuma] inhibe la croissance d’un très grand nombre de cancers : côlon, foie, estomac, rein, ovaire et leucémie par exemple » écrit le Dr David Servan-Schreiber dans Anticancer. Les propriétés anticancer du curcuma sont régulièrement mises en avant dans la littérature scientifique. Elles seraient dues à l’effet de la curcumine sur les cytokines inflammatoires, et sur les espèces réactives de l’oxygène (4). Le curcuma préviendrait à la fois l’apparition, la croissance et la propagation des tumeurs.
    La recommandation de David Servan-Schreiber reste donc toujours d’actualité : mélanger ½ c. à c. de curcuma à du poivre noir et un peu d’huile et l’ajouter sur ses salades ou ses légumes cuits (au moins une fois par jour).

    Lire aussi : Le curcuma va-t-il nous sauver des maladies chroniques ?

     

    Les crucifères, anticancer par excellence

    « Les choux (de Bruxelles, chinois, brocolis, choux-fleurs, etc.) contiennent du sulphoraphane, des glucosinulates des indole-3-carbinoles qui sont de puissantes molécules anticancer » écrivait le Dr Servan-Schreiber. Depuis, les études épidémiologiques, d’observation, in vitro… continuent régulièrement à trouver des vertus anticancer aux choux. A consommer de préférence cuits à la vapeur ou passés rapidement au wok avec un peu d’huile pour bénéficier au maximum de leurs précieuses et fragiles molécules.

    Lire aussi : 5 atouts santé du brocoli

     

    Les fruits rouges, toujours en course ?

    Une des manières de contrer la prolifération des cellules cancéreuses est d’empêcher la formation de nouveaux vaisseaux sanguins. Et parmi les molécules les plus prometteuses contre l’angiogenèse se trouve l’acide ellagique, une substance que l’on trouve dans la framboise et la fraise. « L’acide ellagique s’est révélé potentiellement aussi efficace que les médicaments connus pour ralentir la croissance des vaisseaux » est-il écrit dans Anticancer. Que dit la recherche depuis ? Des études sur les effets antiprolifératifs de l’acide ellagique continuent d’être publiées. Malgré tout il semble que les résultats prometteurs in vitro et sur les animaux aient du mal à être reproduits dans les études cliniques. Affaire à suivre donc.
    En attendant il n’y a pas grand-chose à perdre à manger des fruits rouges et au contraire il y a même de bons antioxydants à y gagner.

    Le soja, loin des polémiques

    Les isoflavones du soja (génistéine, daidzéine, glycitéine…) agissent contre le cancer en bloquant l’angiogenèse. De par leurs propriétés estrogéniques, ils peuvent servir aussi à prévenir le cancer du sein mais il faut consommer du soja depuis l’adolescence pour bénéficier de ses vertus protectrices.
    Le « lait » ou jus de soja permettrait aussi de prévenir le cancer de la prostate selon une étude récente. Consommer du soja sous ses différentes formes reste donc un bon réflexe si l’on veut se prémunir du cancer.

    Pour en savoir plus, lire : Le soja : ce qu’il peut faire pour votre santé (abonnés)

    En conclusion, les conseils nutritionnels du Dr Servan-Schreiber restent de bonne facture et ont été largement confirmés depuis la parution de son livre. 

    Lire aussi : Cancer : vers un progrès décisif?

    Source : http://www.lanutrition.fr/
    Références

    (1) Rochman S. : High Glycemic Index Associated With Increased Lung Cancer Risk.J Natl Cancer Inst. 2016 Jul 2;108(7).
    (2) Aucoin M, Cooley K, Knee C, Fritz H, Balneaves LG, Breau R, Fergusson D, Skidmore B, Wong R, Seely D. : Fish-Derived Omega-3 Fatty Acids and Prostate Cancer: A Systematic Review. Integr Cancer Ther. 2016 Jun 29. pii: 1534735416656052.
    (3) Yun EJ, Song KS, Shin S, Kim S, Heo JY, Kweon GR, Wu T, Park JI, Lim K. : Docosahexaenoic acid suppresses breast cancer cell metastasis by targeting matrix-metalloproteinases. Oncotarget. 2016 Jun 23. doi: 10.18632/oncotarget.10266.
    (4) Qadir MI, Naqvi ST, Muhammad SA. : Curcumin: a Polyphenol with Molecular Targets for Cancer Control. Asian Pac J Cancer Prev. 2016;17(6):2735-9.

  • Interview d’Aïda – Laurent Schwartz Cancérologue / Chercheur

    Le CERA