• Alzheimer : il est temps de secouer le cocotier

    Dominique Vialard  rédigé le 10 juin 2015 à 16h47
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    Article paru dans le journal nº 25 d’Alternative Santé  Acheter ce numéro
     
    huile de coco contre Alzheimer – alternativesante.fr
     

    Alzheimer fait maintenant aussi peur que le cancer. Des sommes colossales sont mobilisées pour la recherche. Des milliers de bataillons médicaux sont mobilisés dans le monde. Mais les médecins restent désarmés car il n’existe aucun traitement curatif et seulement quelques médicaments atténuant les symptômes.
    Pendant que la recherche piétine, chacun constate, impuissant, la progression des statistiques : un million de malades en France en 2015. Plus de 400 nouveaux cas diagnostiqués chaque jour dans notre pays, 600 avec les formes de démence fronto-temporales, 225 000 nouveaux patients chaque année…
    Pourquoi n’explore-t-on pas toutes les pistes ?

     

    Pourquoi n’explore-t-on pas
    toutes les pistes ?

    On pourrait penser que toute piste de remède, quelle qu’elle soit, devrait être humblement considérée par des spécialistes qui n’ont par ailleurs rien à proposer. Grave erreur : là comme ailleurs, les orgueilleux généraux de la lutte anti-Alzheimer (qui, rappelons-le, ignorent les causes de la maladie) font la sourde oreille.
    Cette position absurde est d’autant plus consternante que contrairement à ce que l’on nous dit, il existe des pistes de traitement à explorer. Et pas qu’en prévention…

    On voit en effet apparaître des solution qui ne guérissent pas mais qui soignent, notamment aux Etats-Unis où un produit tout bête, l’huile de coco (drôle de remède je vous l’accorde), commence à intéresser les malades et leurs médecins traitants. Outre-Atlantique, on recoure déjà à l’huile de coco dans certains centres anti-Alzheimer et on s’y intéresse pour lutter contre Parkinson et d’autres maladies dégénératives. Les spécialistes américains seraient-ils plus larges d’esprit ?

    Pas de brevet ? No money…

    Nombre de témoignages et d’observations cliniques mettent aujourd’hui au grand jour l’intérêt de l’huile de coco dans l’Alzheimer. Mais les labos s’en moquent.
    Sur la noix de coco : no ®, no money…

    L’Américaine Mary Newport a écrit un livre très argumenté sur le sujet, un bestseller traduit fin 2014 en France sous le titre « La maladie d’Alzheimer – Et s’il existait un traitement ? Les molécules de l’espoir » (Ed. Josette Lyon).
    De passage à Paris pour informer ses confrères français, le Dr Newport a bien voulu répondre à mes questions.

    Si le Dr Mary Newport s’est imposée comme l’une des meilleurs spécialistes en la matière, ce n’est pas pour l’appât du gain ou pour la gloire mais en raison d’un drame personnel : l’Alzheimer précoce de son mari, Steve, frappé à 51 ans.
    C’était en 2001 et, contre toute attente, après 14 ans d’Alzheimer, le mari de cette doctoresse ne se porte pas si mal. Sans autre traitement que l’huile de coco.

    « Mon mari ne prend pas de médicament. Il a décidé d’arrêter son traitement pour l’Alzheimer il y a quelques années car ces pilules lui provoquaient des crises d’anxiété et il pensait que cela lui faisait plus de mal que de bien. »

    Il est facile pour un spécialiste, neurologue de renom ou pas, d’écrire des pavés cliniques sur cette dégénérescence cérébrale et de rire de la noix de coco. Ce n’est pas un médicament… Mais qu’en est-il de l’efficacité réelle de ces fameux médicaments et de la sacro-sainte balance « bénéfices-risques » ? Voyons…

    Un remède à la noix ? Moins que les médicaments

    L’Alzheimer n’est pas une maladie nouvelle. Un papyrus la décrirait chez le pharaon Djedkarê-Isési, près de 3 000 ans avant J.-C, entre autres. On a tous des arrières grands parents ou arrières-arrières qui ont fini leurs jours « gâteux » mais les médecins en faisaient peu de cas.

    En réalité l’Alzheimer n’est vraiment née qu’avec les premiers médicaments censés la combattre : dans les années 1990. Qui dit « médicament » dit « maladie » : de nos jours c’est ainsi… Alors, depuis 25 ans, le nombre de diagnostics a explosé, contribuant à une « épidémie » favorisée par la multiplication des facteurs de risque. On en sait chaque jour un peu plus sur les dégâts cérébraux causés mais on n’avance pas.

    Bien sûr les chercheurs travaillent d’arrache-pied. Une centaine de molécules sont à l’étude dans les labos. Chaque semaine ou presque les médias annoncent un « traitement d’avenir ». L’enjeu commercial est de taille, et cela vaudra bien un prix Nobel… En attendant on utilise toujours, depuis le début des années 2000, quatre médicaments qui ne traitent rien (sinon les symptômes), mais ça rassure les familles… Efficacité douteuse, effets secondaires parfois graves, toxicité avérée. Certains observateurs parlent d’un futur scandale sanitaire.

    « Situation d’autant plus triste qu’aucune molécule efficace ne se profile à l’horizon de 5-10 ans ». Dixit les Pr Even et Debré en 2012 dans leur « Guide des 4 000 médicaments utiles, inutiles ou dangereux ». Rien n’a changé…

    La coco : dix ans de répit pour Steve

    Steve est donc l’époux du Dr Mary Newport. Compte-tenu de l’évolution habituelle de la maladie, Steve, touché en 2001, devrait être en centre spécialisé, assommé de médicaments, végétant, cherchant la sortie pour rentrer chez lui… Eh bien non.

    « Cela fait 7 ans que nous avons commencé le traitement d’huile de coco.
    La première année, son état s’est incroyablement amélioré. Il a retrouvé sa capacité à fonctionner dans la vie quotidienne et sa mémoire est revenue. Il était à nouveau capable de lire, et de se rappeler ce qu’il avait lu. Son état est ensuite resté stable pendant deux ans. Il a connu quelques revers mais rien de grave. Malheureusement, il y a 3 ans, il a été victime d’une crise sévère. Il s’est heurté à la tête, a arrêté de respirer, et il souffre maintenant de crises convulsives toutes les 3 ou 4 semaines, ce qui est courant dans les étapes avancées de la maladie. »

    Mary Newport reconnaît que son mari ne peut plus « communiquer comme avant ». L’huile de coco, faut pas rêver, n’est pas le remède miracle, mais Mme Newport est « convaincue que ces 3 dernières années ont été meilleures qu’elles ne l’auraient été sans l’huile de coco ».

    Mary Newport regrette sûrement en son for intérieur de ne pas avoir connu cette solution plus tôt. Son mari n’a commencé à prendre de l’huile de coco qu’en mai 2008, soit tardivement, 7 ans après les premiers signes !

    Une amélioration significative
    chez 50% des malades ?

    En 2007, alors que son mari commençait déjà « à perdre les pédales », Mary Newport, pédiatre de formation, tombe par hasard sur un communiqué de presse. Le titre est accrocheur : « Les TCM peuvent augmenter significativement la mémoire et les capacités cognitives chez près de la moitié des patients ».

    Ce constat était issu d’une étude américaine menée à l’initiative d’un fabricant de compléments alimentaires, Accera, qui avait lancé un produit spécifique à base de triglycérides à chaînes moyennes (TCM), baptisé alors AC-1202.

    En quête de solutions pour son mari, le Dr Newport retrouve espoir grâce à cette étude (avec placebo en double aveugle) du Dr Sander Henderson. Et comme elle n’a rien à perdre, elle décide dès 2008 de donner chaque jour au petit déjeuner  de l’huile de coco, riche en TCM, à son mari.

    « Accera a réalisé une autre étude peu après, avec 152 personnes. Il a de nouveau été observé une amélioration des capacités cognitives et de la mémoire chez près de la moitié d’entre eux et dans les 45 jours (pour 90 jours de prise de TCM au total). Mais ce produit était encore en développement, il n’était pas commercialisé. »

    « Comme je savais que les TCM étaient extraits de l’huile de noix de coco (qui en contient environ 60% avec l’acide laurique notamment), j’ai pu calculer combien d’huile de noix de coco je devais donner à mon mari pour une dose de TCM équivalente. Les effets ont été immédiats. Je ne voyais pas pourquoi les patients devaient attendre une prescription médicale alors qu’un aliment pouvait les aider. J’ai alors creusé mes recherches et promu publiquement cette solution. »

    L’Alzheimer serait-il
    une forme de diabète ?

    Le recours aux TCM de l’huile de coco pour l’Alzheimer n’est pas un remède de grand-mère. Tout est parti d’une nouvelle approche de la maladie, révolutionnaire.

    Jusqu’à récemment, on croyait couramment que l’insuline n’était produite que dans le pancréas. Mais en 2005 , coup de tonnerre : une importante étude des équipes du Dr Suzanne M. de la Monte et d’Eric Steen (Université Brown, Hôpital de Rhode Island) assimile l’Alzheimer à une nouvelle forme de diabète. Ces résultats ont été publiés dans le « Journal of Alzheimer’s Disease » cette année là. Ces chercheurs ont découvert que le cerveau produisait sa propre insuline. Le pancréas ne serait plus le seul organe sécréteur…

    Ces chercheurs ont observé le cerveau de patients Alzheimer ne souffrant pas de diabète de type 1 ou de type 2 et ils y ont découvert une déficience en insuline, pourtant caractéristique du diabète.

    Puis en surveillant le cerveau de ces patients sur plusieurs années, ils ont pu confirmer que l’insuffisance d’insuline augmentait proportionnellement à l’évolution de la maladie. Cela a été publié en 2008.

    L’Alzheimer cache un problème de métabolisme du glucose, expliquent-ils. Il y a dans cette maladie des anomalies des transporteurs du glucose 1 et 3 chargés de répartir le glucose dans les cellules du cerveau à travers la circulation, ils sont dus à un manque d’insuline. De plus, un enzyme, appelé PDH (Pyruvate déshydrogénase), est déficitaire dans l’Alzheimer. Cet enzyme décompose le glucose et le transforme en ATP, l’énergie au niveau cellulaire. Ce problème d’apport en glucose au cerveau serait donc un problème métabolique fondamental dans l’Alzheimer.

    Diabète et Alzheimer, sous deux formes différentes, auraient la même origine, le second étant considéré comme un « diabète de type 3 ». Quelques médecins français commencent à partager ou accréditer cette piste développée par le livre du neurologue américain David Permutter (« Ces glucides qui menacent notre cerveau », 2015).

    Les cétones : le secret de l’huile de coco

    Notre cerveau, pour fonctionner, a besoin de glucose. A lui seul, il représente 20 % de notre consommation énergétique. Mais le cerveau dispose d’un carburant de secours en cas de manque de glucose : les cétones.

    Les cétones ont mauvaise réputation, à tort, assure Mary Newport. On les bannit par exemple dans les huiles essentielles, à fortes doses elles sont neurotoxiques. A fortes doses… mais en quantités raisonnables elles sont bénéfiques aux neurones.

    « Nos ancêtres ont connu des périodes de famine et grâce aux réserves de lipides et calories faites pendant les périodes plus fastes, leur organisme a pu faire face. Notre corps commence à puiser dans ces réserves 36 heures après le début de la privation de nourriture. Heureusement les acides gras stockés dans notre corps fournissent du carburant aux muscles, au cœur et au cerveau. Ils ne peuvent pas traverser la barrière sang-cerveau mais dans le foie ils sont convertis en cétones et ces petites molécules peuvent la traverser. C’est ainsi que pendant un jeûne les cellules cérébrales qui consommaient du glucose se mettent facilement à se nourrir de cétones.

    En fait, chaque matin, à moins qu’on ne se soit levé pendant la nuit pour grignoter quelque chose, les cétones couvrent 2 à 6 % de nos besoins énergétiques. Cette flexibilité métabolique a été mise en évidence dans les années 60.
    Dans le lait de la maman, il y a aussi des acides gras triglycérides à chaîne moyenne, comme dans l’huile de noix de coco, et le bébé les utilise aussi, si bien que les cétones fournissent environ 25% de l’énergie du cerveau du bébé. »

    Le régime cétonique :
    un « traitement » vieux comme Hérode

    On utilise les cétones depuis longtemps dans le traitement des maladies.
    On trouve dans la Bible, comme dans la littérature du Moyen Âge, des références au jeûne comme traitement de l’épilepsie par exemple.

    De nos jours encore les cétones sont largement utilisées chez des patients souffrant d’épilepsie, avec des résultats spectaculaires : c’est le cas des enfants (les cétones entraînent une baisse de 90% des crises dans presque un tiers des cas et de 50% chez la moitié des petits malades).

    L’intérêt de ce substitut énergétique fait aussi l’objet depuis un certain temps de nombreuses études dans le cadre du cancer où le jeûne – on le sait depuis longtemps- peut être salvateur.

    Pour l’Alzheimer, en revanche, il a fallu attendre les travaux américains du Dr Richard Veech dans les années 90 pour s’intéresser aux vertus de ces composés carbonylés issus de la dégradation des lipides. Et pour finir par constater que les lipides de la noix de coco étaient d’excellents pourvoyeurs de ces composés énergétiques.

    De plus en plus d’Instituts Alzheimer
    convaincus aux USA

    Parmi les lipides, on sait maintenant que les triglycérides à chaîne moyenne (TCM) ont la particularité de produire davantage de corps cétoniques que les triglycérides à chaîne longue. Grâce à leur structure (ils sont composés de seulement 6 à 10 carbones) ces graisses sont mieux absorbées et fournissent une source d’énergie plus rapidement disponible que les autres.

    « L’huile de coco contient plus de 50% de TCM. De plus en plus de médecins s’y intéressent pour cette raison. Le Dr Perlmutter a écrit quelques livres évoquant cette alternative. Son père a fait un Alzheimer. Il a commencé à parler de cette solution à ses patients peu de temps après que nous ayons choisi cette solution avec mon mari Steve. Le message commence à passer aux Etats-Unis. »

    Un certain nombre d’instituts Alzheimer à travers les États-Unis mettent désormais leurs patients sous huile de coco ou TCM. L’Université de Californie et un Institut Alzheimer très réputé ont engagé des études sur l’efficacité des TCM chez des patients atteints d’Alzheimer. Plusieurs grands essais sont en cours. À l’initiative de la société Accera, du laboratoire GlaxoSmithKline, des universités de Yale, Miami…

    « Nous devrions bientôt avoir des résultats intéressants à faire valoir pour convaincre les médecins de regarder de près à ces produits et d’en faire bénéficier leurs patients. » conclut Mary Newport.

    Pas de danger avéré ni de risque sur le cholestérol ?

    « Les cétones ne sont dangereuses qu’à de hautes concentrations. On le voit principalement chez les diabétiques de type 1 qui ont de très hauts niveaux de glucose sanguin. Ces personnes souffrent évidemment d’une carence en insuline, elles brûlent leurs réserves de gras très vite et produisent un niveau très élevé de cétones ce qui crée une acidification générale très dangereuse. Ces taux atteignent autour de 25 ml/mol. En comparaison quand vous consommez de l’huile de coco ou des TCM cela produit dans le foie des cétones, environ 0,5 ml/mol, soit 50 fois moins que dans le diabète. A ces niveaux, l’organisme a la capacité de tamponner les acides que vous consommez. »

    Quant au risque d’accroître son mauvais cholestérol, pour l’instant quelques études ont montré que cette huile accroît au contraire le taux de bon cholestérol. Il a également été montré que les personnes vivant en Asie et d’autres pays où l’alimentation de base se compose de grandes quantités d’huile de noix de coco, avaient, quel que soit leur âge, un bon équilibre en cholestérol et ne souffraient pas particulièrement d’obésité ou de troubles cardiovasculaires.

    Mary Newport s’enflamme : « Cette idée selon laquelle l’huile de coco fait grimper le cholestérol est partie d’une rumeur, lancée par un fabricant américain qui commercialise une huile de soja devenue très populaire mais qui n’a pas apprécié l’arrivée de concurrents avec l’huile de coco.
    Cette compagnie a donc entretenu dans les médias cette rumeur selon laquelle l’huile de coco obstruait les artères. Elle a même réussi à obtenir des autorités américaines la mise en place de droits de douane sur l’huile de coco, qui ont rendu ce produit cher. Il est temps de rétablir la vérité en menant de grands essais avec l’huile de coco. »

    Quel intérêt quand la maladie
    est avancée ?

    Le Dr Newport l’admet sans détours : « L’huile de coco n’est probablement pas assez efficace pour inverser la maladie de manière significative dans les dernières étapes, ne serait-ce que parce qu’un grand nombre de neurones dans le cerveau sont déjà morts. Il n’est pas possible de les « ressusciter » mais j’ai pu constater l’intérêt de ce produit chez des gens à différents stades de la maladie.

    A un stade avancé on voit parfois une légère amélioration, les personnes par exemple se reconnaissent à nouveau, et dans les étapes ultérieures, certains patients qui avaient cessé de parler ont retrouvé la parole. Ce n’est pas rien, cela dit plus tôt vous démarrez ce traitement, plus efficace il sera.
    Et cela vaut pour d’autres maladies… »

    Peut-être une alternative aussi
    pour Parkinson ou la SLA…

    L’huile de coco pourrait être bénéfique pour toutes les maladies neurodégénératives, y compris la maladie de Parkinson. C’est l’une des grandes révélations du nouveau livre de Mary Newport paru le mois dernier aux Etats-Unis**. Explications :
    « Dans la maladie de Parkinson on observe aussi ce problème métabolique : le glucose parvient mal aux neurones. C’est encore à élucider mais j’ai reçu une quarantaine de témoignages de personnes atteintes de Parkinson qui ont obtenu une amélioration grâce à la prise de TCM, et certains sont restés stables plusieurs années. »

    Une compagnie a commercialisé un produit appelé « Fuel for Thought » développé par le Dr Theodore Vanitallie, qui a 95 ans maintenant. Ce médecin spécialiste du Parkinson a publié une étude sur le régime cétogène dans le cadre de cette maladie. Cinq personnes atteintes de Parkinson ont suivi un régime cétogène pendant 6 semaines et cette diète a amélioré de 80% leurs symptômes. A partir de ce constat j’ai collaboré avec le Dr Vanitallie au sein de Cognate Nutritionals pour la mise au point d’un produit associant huile de coco et TCM. Cela a abouti à Fuel for Thought.

    Les premières études que nous avons faites dans le Parkinson, montre des améliorations significatives. Et des protocoles spécifiques à d’autres maladies dégénératives sont en phase d’étude. Nous avons maintenant des arguments nous permettant d’affirmer que l’huile de coco et les TCM peuvent apporter une aide non seulement dans le Parkinson mais dans d’autres maladies neurodégénératives telles que la SLA ou maladie de Charcot.

     

    J’espère là aussi que la publication prochaine des résultats éveillera l’attention des médecins. »

    N’attendez pas que le médecin vous en parle (à moins d’être vraiment très patient…)

    Qui sait que la maladie d’Alzheimer est probablement une forme de diabète ? Pas grand monde…

    « Plusieurs groupes à travers le monde ont étudié le métabolisme de l’insuline et du glucose dans le cerveau mais les scientifiques dans leur ensemble n’ont pas pris conscience de ce phénomène pour la simple raison que les fonds qui leur étaient attribués l’ont été pour trouver le moyen d’éliminer les plaques amyloïdes dans l’Alzheimer et pas d’étudier ce métabolisme du glucose. »

    Quel médecin a entendu parler des TCM et de l’huile de coco comme moyens de freiner l’Alzheimer et d’autres maladies dégénératives ? Une poignée…
    « Il est évident que pour les compagnies pharmaceutiques ce n’est pas un projet viable même si certaines peuvent toujours essayer de breveter un médicament à partir des TCM. Ce n’est qu’un aliment à la portée de tous. Et c’est tant mieux : je ne vois pas pourquoi des gens qui souffrent devraient attendre le temps que des études soient faites, pour en bénéficier. Combien d’années encore, de précieuses années ? »

    Une huile facile à trouver

    L’usage d’une huile de coco de qualité peut très bien convenir, et pas seulement pour l’Alzheimer : cette huile est aussi réputée anti-infectieuse, antibactérienne et tuerait le staphylocoque doré ou le candida albicans. Mary Newport et son mari ont d’abord choisi cette forme avant de passer aux compléments.

    En cuisine, chauffée, c’est une huile qui ne produit pas de composés toxiques. De plus sa forme solide à température ambiante en fait un bon substitut au beurre dans les pâtisseries. Elle ne manque donc pas d’intérêt.

    Mais cette huile est très riche en acides gras saturés et pas toujours très digeste. Maux de ventre, diarrhées… gare aux excès. Son usage est délicat et ne convient donc pas à tout le monde.

    Les conseils d’utilisation
    de Mary Newport

    « L’huile de coco peut être utilisée dans la cuisine de tous les jours si on le supporte, ou prise sous forme de compléments.
    Dans tous les cas je suggère toujours de commencer par une petite quantité d’huile de coco ou de TCM, environ 2 à 5 g (environ une cuillère à café), 2 ou 3 fois par jour avec de la nourriture car ces acides gras peuvent provoquer des troubles au niveau de l’estomac. Puis d’augmenter progressivement jusqu’à atteindre 45 à 90 grammes par jour (un demi-verre). Evidemment plus on en consomme, plus on apporte de cétones au cerveau. D’ailleurs je pense qu’il est bon de répartir les apports de façon régulière la journée pour maintenir un flux constant vers le cerveau. »

    Que ceux et celles qui répugnent à employer de l’huile de coco en cuisine se rassurent. Le produit Axona qu’emploie Dr Newport n’est disponible qu’aux Etats-Unis sur prescription, mais il existe Outre-altlantique un produit baptisé « Fuel for Thought », qui peut être commandé sous la forme de bouteilles de 75 ml (voir le carnet d’adresse).

    Mary Newport ne se cache pas d’être en relation avec cette marque puisqu’elle a participé à la conception du complément. Pour ceux qui seraient gênés par cet aspect, il existe depuis quelques semaines en France un complément équivalent.
    Ce produit français à base de TCM d’huile de coco est disponible depuis la fin mai sous forme de sachets à diluer dans l’eau (voir le carnet d’adresses).

    Vous pouvez également vous procurer de l’huile de coco en pot dans les boutiques bio (voir le carnet d’adresses).

    En France, le consensus médical n’a pas l’air de vouloir s’intéresser à cette solution, de près ou de loin. Pourtant, les médecins devraient se poser la question de savoir ce qu’ils peuvent proposer d’autre dans ce terrible compte-à-rebours de l’Alzheimer contre lequel ils restent totalement désemparés.

    Carnet d’adresses :

    Fuel for Thought

    Cetogen

    Huile de noix de coco

    ** « The Coconut Oil and Low-Carb Solution for Alzheimer’s, Parkinson’s, and Other Diseases », Mary T. Newport, M.D. (Basic Health Publications, 2015).

    Source : Alzheimer : il est temps de secouer le cocotier

  • Maladie d’Alzheimer : le régime cétogène à l’étude

    Stéphanie Lavaud, avec Sue Hughes

    AUTEURS ET DÉCLARATIONS | 10 août 2017

    Les stratégies qui augmentent l’assimilation des cétones par le cerveau dans le traitement de la maladie d’Alzheimer ou des troubles cognitifs légers prennent de l’ampleur, selon les experts dans le domaine.

    Toute une séance consacrée au métabolisme des cétones cérébrales et aux interventions cétogènes a eu lieu lors de la récente conférence internationale de l’Alzheimer’s Association International Conference (AAIC) 2017, avec de nouvelles données cliniques montrant quelques observations préliminaires passionnantes.

    « Nous savons que dans la maladie d’Alzheimer, le cerveau perd sa capacité à utiliser le glucose pour produire de l’énergie « , explique Stephen Cunnane, PhD, Université de Sherbrooke, Québec, Canada. « Certaines régions du cerveau sont en baisse de 40% en termes de métabolisme du glucose. Nous pensons que cet écart d’énergie augmente le risque de dysfonctionnement neuronal et de déclin cognitif. »

    Les études préliminaires présentées ici suggèrent que le cerveau peut utiliser des cétones au lieu du glucose pour réduire l’écart d’énergie, dit le Dr Cunnane. « Ces stratégies doivent faire l’objet de recherches plus poussées pour voir si elles peuvent retarder le déclin cognitif chez les personnes âgées « , a-t-il ajouté.

    Les nouvelles données comprenaient un essai pilote d’un régime cétogène, associé à une amélioration de la fonction cognitive chez les patients atteints de la maladie d’Alzheimer, et les résultats préliminaires d’une étude en cours suggérant qu’un supplément cétogène sous forme de triglycérides à chaîne moyenne peut partiellement rétablir l’apport énergétique cérébral chez les patients présentant une légère déficience cognitive, avec des indications d’amélioration associée de la fonction cognitive.

    Une autre étude, présentée sous forme d’affiche, indique que l’exercice physique augmente l’absorption des cétones dans le cerveau.

    « Nous ignorons si c’est là le mécanisme responsable des effets bénéfiques bien documentés de l’exercice sur les fonctions cognitives, mais nous ne savons pas si les suppléments cétogènes et l’exercice pourraient être combinés pour avoir un impact plus important sur le déficit énergétique du cerveau « , a déclaré le Dr Cunnane.

    « Le régime cétogène est utilisé dans l’épilepsie depuis près de 100 ans et s’est révélé efficace pour réduire les crises d’épilepsie « , a déclaré Russell H. Swerdlow, MD, University of Kansas Alzheimer’s Disease Center, Fairway, qui a présenté l’étude sur le régime cétogène, à Medscape Medical News.

    « Nos résultats suggèrent qu’il pourrait également être utile dans d’autres formes de maladies neurologiques comme la maladie d’Alzheimer, mais ce n’est pas un régime facile à suivre « , a-t-il ajouté. « Le but de notre étude est d’établir un principe selon lequel le métabolisme du cerveau peut être sauvé par un carburant autre que le glucose. »

    Le Dr Cunnane a noté que des études ont montré que l’absorption de glucose dans le cortex frontal cérébral est 14 % plus faible chez les personnes âgées en bonne santé cognitive que chez les jeunes personnes en bonne santé. Les patients atteints de la maladie d’Alzheimer au stade précoce présentent un déficit plus élevé, avec un taux d’absorption du glucose de 20 à 30 % inférieur à celui des personnes âgées cognitivement normales.

    « Quiconque essaie de fonctionner avec 20 % moins de glucose dans le cerveau à long terme souffrira d’épuisement cérébral « , a-t-il dit.

    Il a reconnu qu’il y a eu un débat sur la question de savoir si la réduction du métabolisme du glucose dans le cerveau observée dans la maladie d’Alzheimer est une cause ou une conséquence de la maladie,  » l’argument étant que si les neurones sont morts, ils n’ont pas besoin de prendre du glucose « .

    Mais il a souligné que des études ont montré un hypométabolisme latent présymptomatique de la glycémie cérébrale chez les personnes âgées, les personnes insulinorésistantes, les personnes ayant des antécédents familiaux de la maladie d’Alzheimer et les porteurs d’APOE4. « Et nous avons montré que le cerveau peut continuer à absorber des cétones lorsque sa capacité d’utiliser le glucose diminue « , a-t-il noté. « Si les neurones sont morts, ils ne devraient pas pouvoir absorber les cétones non plus. »

    La recherche se concentre donc sur l’augmentation de la concentration de cétones dans le sang pour voir si cela est associé à une réduction du déclin cognitif.

    Régime cétogène

    La première et la plus évidente façon d’augmenter la concentration de cétones dans le sang est par l’alimentation, mais ce n’est pas simple, car elle nécessite un apport très faible en glucides.

    Le Dr Swerdlow a expliqué que les cétones sont produites par l’organisme dans des conditions de famine lorsque les taux d’insuline sont très faibles.

    « Lorsque l’apport en glucides est considérablement réduit sans augmenter les protéines, les niveaux d’insuline diminuent et l’organisme commence à mobiliser ses réserves de graisse « , explique-t-il. « Ces graisses sont transformées en cétones dans le foie et libérées dans le sang, où elles remplacent le glucose. Dans ces conditions, les neurones du cerveau passent de la consommation de glucose carbone à la consommation de cétone carbone comme source d’énergie, mais les graisses ne sont métabolisées en cétones que si les niveaux d’insuline sont très faibles. »

    L’objectif du régime cétogène est donc de réduire l’insuline en consommant très peu de glucides, le reste des calories provenant des graisses, dit-il. « L’adhésion à un régime cétogène, cependant, exige un engagement considérable, et la capacité des patients atteints de la maladie d’Alzheimer à suivre un régime cétogène est inconnue.

    Le Dr Swerdlow a présenté les résultats d’une petite étude pilote montrant qu’il est possible pour les patients atteints de la maladie d’Alzheimer de suivre un régime cétogène pendant une courte période, ce qui semble lié à une amélioration de la fonction cognitive.

    Dans le cadre de l’étude, 15 personnes ayant reçu un diagnostic de maladie d’Alzheimer légère ont été soumises à un régime cétogène avec suppléments de triglycérides pendant 3 mois. Le degré de cétose atteint a été mesuré par des analyses d’urine quotidiennes ainsi que par la mesure mensuelle des taux plasmatiques de bêtahydroxybutyrate. La fonction cognitive a été évaluée au départ, à la fin de la période d’alimentation de trois mois et après un mois supplémentaire lorsque les patients sont revenus à une alimentation normale.

    Les résultats ont montré que 10 des 15 patients ont réussi à maintenir leur régime alimentaire et ont obtenu une cétose soutenue. Ces patients présentaient une démence moins grave que cinq patients ayant interrompu leur régime alimentaire.

    Dans le cas des 10 patients qui sont demeurés sous régime pendant 3 mois, la fonction cognitive s’est améliorée de 4,1 points par rapport à la valeur initiale sur l’échelle d’évaluation de la maladie d’Alzheimer (ADAS Cog), mais les scores sont revenus à leur valeur initiale après le retour des patients à leur régime alimentaire normal. Aucun problème de sécurité n’a été signalé.

    « En ce qui concerne les études sur la maladie d’Alzheimer, une amélioration de 4 points du score ADAS Cog est assez robuste « , a noté le Dr Swerdlow. « Il est plus élevé que celui observé dans les études sur les inhibiteurs de la cholinestérase. Cela suggère une amélioration significative de la cognition. »

    À sa connaissance, dit-il, il s’agit du premier rapport d’une étude sur l’alimentation cétogène chez des patients atteints de la maladie d’Alzheimer, bien qu’une étude antérieure menée chez des personnes atteintes de troubles cognitifs légers ait également suggéré un effet bénéfique.

    « Il ne s’agit que d’une étude pilote – je n’irais pas jusqu’à dire que cela a fonctionné « , a-t-il ajouté. « Mais nous pouvons dire que nous avons vu un signal thérapeutique potentiel qui justifie d’autres études pour confirmer s’il y a un effet réel. C’est vraiment excitant. »

    Mais parce que le régime alimentaire implique un apport si faible en glucides qu’il n’est pas jugé faisable de le recommander pour une utilisation de routine dans le traitement ou la prévention de la maladie d’Alzheimer.

    « Ce n’est pas un régime que les gens aimeront suivre « , a dit le Dr Swerdlow. « Le but ultime n’est pas de recommander un régime cétogène dans leur vie quotidienne – ce sera trop difficile. Nous essayons simplement de montrer la preuve de principe que la manipulation du métabolisme énergétique du cerveau peut avoir un impact sur les symptômes de la maladie d’Alzheimer. Si nous pouvons l’établir, nous pourrons alors essayer de trouver d’autres moyens de simuler les effets d’un régime cétogène qui, espérons-le, serait plus acceptable.

    « Il peut s’agir de suppléments ou d’une thérapie médicamenteuse « , a-t-il ajouté. « L’objectif final serait de trouver un produit pharmaceutique qui manipulerait les niveaux d’énergie du cerveau de la même façon. »
    Supplément de triglycérides

    Une façon plus facile d’administrer des cétones au cerveau peut être sous forme de suppléments sans qu’il soit nécessaire d’avoir un régime alimentaire pauvre en glucides.

    Cette approche est étudiée dans l’étude BENEFIC, dont les résultats intermédiaires ont été présentés par M. Cunnane.

    « Dans cette étude, nous ne demandons pas aux patients de suivre un régime spécifique. Nous leur donnons simplement un supplément – deux fois par jour – la moitié le matin et l’autre moitié le soir. C’est certainement plus facile d’un point de vue logistique que d’essayer de s’en tenir à un régime cétogène « , dit-il.

    L’étude assigne au hasard 50 patients atteints de troubles cognitifs légers à un traitement de 6 mois avec un supplément de triglycérides à chaîne moyenne (30 g de graisse cétogène par jour[dans une émulsion de lait écrémé sans lactose]) ou un placebo. Les participants subissent une batterie cognitive et des traceurs de tomographie par émission de positrons de cétone et de glucose au début et à la fin de la phase de traitement. Jusqu’à présent, 12 patients de chaque groupe ont terminé l’étude et les résultats ont été rapportés sur ces patients.

    Les résultats ont montré un déficit énergétique cérébral de 4 % à 8 % qui était spécifique au taux métabolique cérébral attribué au glucose chez les patients présentant une légère déficience cognitive au départ. Le taux métabolique cérébral attribuable aux cétones a augmenté après l’intervention dans le groupe actif seulement et en proportion directe avec l’augmentation des cétones plasmatiques.

    En termes de fonction cognitive, la performance dans des domaines spécifiques de la fonction exécutive et de la vitesse de traitement (score sémantique de fluidité verbale et sémantique et performance dans le temps du Trail Making Number-Letter Switching Test) montre une corrélation directe avec les niveaux de cétones plasmatiques. Le taux d’observance sur 6 mois dans les deux groupes était de 78 %.

    « Nous sommes en train d’évaluer si le cerveau peut utiliser les cétones contenues dans le supplément, et la réponse est certainement oui « , a déclaré le Dr Cunnane à Medscape Medical News. « C’était une étape critique. Nous avons aussi vu des signes d’avantages cognitifs, mais c’est une étude trop petite pour dire quoi que ce soit de définitif. »

    Résultats en 2018

    Néanmoins, encouragé par ces premiers résultats, il ajoute : « nous avons montré que l’amélioration cognitive était liée à la concentration en cétones. Si cette relation existe alors nous devrions voir un effet significatif sur les critères de cognition. »

    « Nous résultats nous laisse penser que nous avons corrigé environ les deux tiers du déficit en énergie chez ces patients souffrant d’une atteinte cognitive légère avec 30 grammes d’un complément riche en triglycérides. Nous pensons que nous aurions besoin d’une dose plus élevée pour ramener le niveau d’énergie à 100% – peut-être 45g par jour » ajoute-t-il.

    L’étude BENEFIC devrait se terminer à la fin de l’année, et les résultats être disponible au printemps prochain. La prochaine étape serait un essai multicentrique. A suivre.

    Régime cétogène : de l’épilepsie à la maladie d’Alzheimer

    Si le régime cétogène est utilisé depuis un siècle environ (1921), suite aux recherches du Dr Rawle Geyelin, pour soigner certaines épilepsies, les grecs, déjà, dans l’Antiquité, avaient remarqué que le meilleur moyen d’être délivré des crises était de jeûner [3]. Mais, c’est au Dr Mary Newport que l’on doit d’avoir popularisé le régime cétogène dans la maladie d’Alzheimer. En 2008, ce médecin et chercheur américain, « teste » sur son mari Steve, atteint de la maladie d’Alzheimer à 51 ans, une prise quotidienne d’huile de noix de coco. L’effet est impressionnant avec une amélioration rapide de ses symptômes, qui lui donne un répit de deux ans avant que son état se détériore à nouveau. Mary Newport en tire un livre qui fait connaître cette piste de recherche [4]. Après avoir connu un certain engouement auprès du public, l’huile de coco et la diète cétogène trouvent désormais un écho auprès des chercheurs, et notamment du canadien Stephen Cunnane de l’Université de Sherbrooke, qui s’attache depuis quelques années à démontrer scientifiquement le lien entre cétones et vieillissement cérébral. Il reste néanmoins prudent : « Nous ne voulons pas donner l’impression fausse que nous détenons la solution miracle » affirmait-il en 2013 [5].

    L’étude sur la diète cétogène a été financée par l’Université du Kansas. L’association Alzheimer a financé l’étude sur la supplémentation en triglycérides.

    L’article original a été publié sur Medscape édition internationale le 3 août 2017. Traduit de l’anglais et adapté par Stéphanie Lavaud. Modifié le 17/08/17 suite aux commentaires du Dr Le Roux.

    Liens

  • Alzheimer : ces patients qui en guérissent

    Par Marie-Céline Ray | Publié le 24/06/2016 | Mis à jour le 21/09/2018
     

    De nouveaux travaux suggèrent que la maladie est réversible si on intervient sur l’alimentation, l’activité physique, la relaxation.

    La maladie d’Alzheimer est une forme de démence qui toucherait 1 million de personnes de plus de 65 ans en France. Plusieurs facteurs environnementaux, dont l’alimentation, l’exposition aux toxiques (aluminium), la prise de certains médicaments (anticholinergiques) et le niveau d’activité physique constitueraient des facteurs de risque.

    Lire : Maladies neurologiques : plus fréquentes et plus précoces

    Récemment, des approches métaboliques ont donné des résultats encourageants sur des patients atteints d’Alzheimer, suggérant qu’il est possible d’inverser la maladie. Explications.

    Des patients Alzheimer retrouvent la mémoire dans une étude pilote

    Une étude pilote de 2016 conduite par l’équipe de Dale Bredesen (université de Californie) a suivi les effets d’un nouveau type de traitement personnalisé sur 10 patients. Le traitement, appelé ReCODE consiste à agir sur 36 facteurs comme l’alimentation, l’exercice, les habitudes de sommeil, le yoga et la relaxation… Il utilise aussi le cas échéant des hormones, des compléments alimentaires ou de la stimulation cérébrale. Comme la maladie d’Alzheimer est complexe et fait intervenir plusieurs facteurs (au moins 36), dit Dale Bredesen, la solution doit donc être multiple et combiner différentes stratégies.
    Dans l’étude, des changements dans le mode de vie et ces traitements ont duré de 5 à 24 mois ; la plupart des patients ont eu des améliorations bien réelles, comme l’explique l’un des chercheurs, Dale Bredesen, de l’université de Californie, Los Angeles : « L’ampleur de l’amélioration de ces 10 patients est sans précédent. »

    • Un patient de 69 ans qui était toujours en activité était sur le point d’arrêter son entreprise à cause de ses pertes de mémoire. Des tests ont révélé un Alzheimer précoce. Après 22 mois de ce programme, ses tests cognitifs se sont améliorés et il a pu reprendre son travail. L’équipe explique que « Le neuropsychologue qui a effectué et évalué son test a souligné que son amélioration a été au-delà de ce qui avait été observé chez le neuropsychologue en 30 ans de pratique. »
    • Un autre patient de 66 ans avait été diagnostiqué Alzheimer. Au bout de cinq mois d’intervention, il a arrêté le programme. Son état a décliné et il a eu des pertes de mémoire. Il a repris le programme, ce qui a permis d’arrêter ses épisodes de perte de mémoire. Au bout de 10 mois, son état s’est amélioré et le volume de son hippocampe avait augmenté de 10 % environ.

    La plupart des patients avaient retrouvé des résultats normaux aux tests cognitifs à la fin du traitement. Mais il est encore trop tôt pour savoir si ces améliorations perdurent. L’étude suggère que la perte de mémoire des patients peut donc être inversée par des changements dans le mode de vie des patients. Le protocole ReCODE est détaillé dans son livre La fin d’Alzheimer. D’autres études sont en cours

    Voici le témoignage de deux femmes qui ont suivi le protocole ReCODE :

    • Julie : « Je ne me souvenais plus des noms, je n’arrivais plus à situer certaines personnes au sein même de ma famille. C’était terrifiant et très embarrassant. Je crois que le pire de ce que j’ai vécu a été de devoir coller un post-it sur mon volant pour me rappeler de quel côté de la route il fallait que je conduise. Mais en 3 à 4 mois de protocole, j’ai connu des changements significatifs : désormais je reconnais les gens, je sais à qui est tel ou tel enfant, qui est le mari de qui, je me rappelle des professeurs de mes enfants. Et surtout : je conduis en toute confiance. »
    • Deborah : « Les premiers symptômes ont commencé il y a 20 ans mais je ne savais pas qu’il s’agissait de la maladie d’Alzheimer : mon vocabulaire s’appauvrissait, je n’arrivais plus à participer aux réunions, à partir du milieu de l’après-midi, j’étais épuisée intellectuellement. Lorsque j’étais jeune, je jouais du piano, et avec la maladie, je n’y parvenais plus. Lorsque je m’asseyais devant un piano, j’étais incapable de déchiffrer une partition. Au bout de deux ans de protocole, je me suis rassise devant un piano et j’ai pu lire à nouveau une partition et rejouer du piano facilement. » 

    Le régime cétogène pourrait améliorer les patients

    Le régime cétogène consiste à diminuer drastiquement les glucides de son alimentation et à augmenter les graisses dans la même proportion. Ce régime intéresse les  médecins qui soignent les patients Alzheimer parce qu’une fois la maladie bien installée, les cellules nerveuses des malades ne parviennent plus à utiliser le glucose comme source d’énergie et finissent par mourir. 

    «Chez les malades d’Alzheimer, indique le Dr Michèle Serrand, auteure de Le régime cétogène contre la maladie d’Alzheimer  on observe une incapacité des neurones (cellules nerveuses) à bien utiliser le glucose (sucre) qui est leur première source d’énergie habituellement. Or sans énergie, pas de vie : les neurones ne peuvent pas vivre et fonctionner normalement. Certains chercheurs évoquent la maladie d’Alzheimer comme une sorte de diabète du cerveau, un diabète de type 3. Aujourd’hui, il n’y a pas de médicaments efficaces pour permettre aux neurones d’utiliser le glucose à nouveau normalement. Mais les neurones ont la capacité d’utiliser une autre source d’énergie. Il s’agit des cétones, des substances naturelles issues des graisses

    Lorsqu’on réduit fortement sa consommation de glucides et qu’on les remplace par des graisses (notamment huile de coco), le foie se met à produire des molécules appelées cétones qui constituent une excellente source d’énergie pour pratiquement tous les tissus du corps. C’est ce qu’on appelle le régime cétogène. Lorsque l’organisme fonctionne à partir des corps cétonique, il est dit en état de cétose, un état proche qui peut être atteint aussi par le jeûne.

    Selon la recherche actuelle, les cétones pourraient être considérées comme des médicaments agissant contre différentes maladies comme l’épilepsie, les maladies d’Alzheimer et de Parkinson, la migraine, certains troubles métaboliques comme le diabète et même le cancer.

    Plusieurs patients ont été améliorés avec un régime cétogène. Lire par exemple ce témoignage

    Au moins 9 facteurs de risque d’Alzheimer sur lesquels on peut agir

    Dans une étude parue en 2015, des chercheurs rapportent que 9 facteurs de risque potentiellement modifiables pourraient contribuer jusqu’à deux tiers des cas de maladie d’Alzheimer. Des stratégies de prévention ciblant alimentation, médicaments, chimie du corps, santé mentale, maladie pré-existante et mode de vie peuvent donc aider à diminuer le risque de démence.

    Les chercheurs ont réalisé une méta-analyse avec 323 publications couvrant 93 facteurs de risque de la maladie d’Alzheimer. Ils ont mis en évidence que l’exposition à certains médicaments – notamment ceux permettant de diminuer la tension artérielle et les anti-inflammatoires non stéroïdiens –, ou aux œstrogènes permettraient de prévenir la maladie d’Alzheimer. De la même façon, des apports élevés en certaines vitamines (vitamine B9 ou folates, vitamines E ou C) ou encore la consommation de café sont associés à une diminution du risque de maladie d’Alzheimer.

    Lire : Le café contre Alzheimer

    En ce qui concerne les habitudes alimentaires, une consommation plus fréquente de poisson et un régime méditerranéen pourraient permettre de réduire le risque de démence.

    Lire : Le régime méditerranéen bon pour la mémoire et Alzheimer 

    Les chercheurs ont ensuite cherché à évaluer la contribution des 9 principaux facteurs de risque au développement de la maladie, soit l’obésité, le rétrécissement de l’artère carotide, le faible niveau d’instruction, la dépression, la fragilité, l’hypertension artérielle, le tabagisme, des niveaux élevés d’homocystéine, le diabète de type 2. Résultats : ces facteurs de risque potentiellement modifiables pourraient expliquer les 2/3 des cas de maladie d’Alzheimer.

    Des recommandations pour prévenir Alzheimer

    En 2013, le Physicians Committee for Responsible Medicine (PRCM), une organisation végétarienne, a publié des recommandations pour prévenir la maladie d’Alzheimer. Sept principes réduisant le risque ont été présentés lors de l’International Conference on Nutrition and the Brain qui s’est déroulée à Washington les 19 et 20 juillet 2013 :

    • Limiter les acides gras trans
    • Manger surtout des fruits, des légumes et des céréales
    • Veiller à consommer 30 g de noix ou de céréales complètes par jour pour apporter de la vitamine E, un antioxydant associé à un risque réduit de maladie d’Alzheimer
    • Veiller à recevoir 2,4 µg de vitamine B12 par jour (par l’alimentation ou grâce à un complément alimentaire)
    • Eviter les compléments multivitaminés contenant du fer et du cuivre, sauf en cas de prescription médicale. Ces métaux augmentent le stress oxydant
    • Eviter les aliments qui ont été en contact avec des ustensiles de cuisine en aluminium, même si le rôle de l’aluminium dans la maladie reste controversé
    • Faire l’équivalent de 40 minutes de marche 3 fois par semaine.

    A cette liste s’ajoute :

    • S’exposer régulièrement au soleil pour permettre à la peau de synthétiser de la vitamine D
    • Consommer des oméga-3, que l’on trouve notamment dans les noix, les graines de lin, de chia, l’huile de colza, l’huile de lin (et les poissons gras)…

    Pour aller plus loin :

    • Sur la mise en place de règles diététiques cétogènes et la prise de compléments alimentaires : Le régime cétogène contre la maladie d’Alzheimer du Dr Michèle Serrand (lire un extrait ICI  >>).

    • Sur la mise en place d’un traitement ciblant un maximum de facteurs de risque : La fin d’Alzheimer du Dr Dale Bredesen.

    • Notre dossier complet sur la maladie d’Alzheimer

    Sources

    Bredesen DE, Amos EC, Canick J, Ackerley M, Raji C, Fiala M, Ahdidan J. Reversal of cognitive decline in Alzheimer’s disease. Aging (Albany NY). 2016 Jun 12.

    Wei Xu, Lan Tan, Hui-Fu Wang, Teng Jiang, Meng-Shan Tan, Lin Tan, Qing-Fei Zhao, Jie-Qiong Li, Jun Wang, Jin-Tai Yu. Meta-analysis of modifiable risk factors for Alzheimer’s disease. Journal of Neurology, Neurosurgery & Psychiatry, 2015; jnnp-2015-310548 DOI: 10.1136/jnnp-2015-310548

    A. Barnard. Dietary Guidelines for Alzheimer’s Prevention. Nutritional Conference on Nutrition and the Brain. Juillet 2013.

    Source : Alzheimer : ces patients qui en guérissent